Difficile de rester Tout un été sans Facebook

Tout un été sans Facebook est un objet étrange. Mais comment le qualifier. Première certitude, c’est un roman. Deuxième certitude, c’est un policier. Mais c’est aussi et surtout un roman d’humour que son auteur a voulu écrire. Un humour proche de celui du Livre sans nom ou, si vous préférez une référence cinématographique, Y a-t-il un pilote dans l’avion? Ils ont leur public, nombreux, mais je n’en fais partie. Et puis surtout, un avertissement devrait être écrit en grand sur la couverture de ce roman de Romain Puértolas : « Attention spoilers ». Mais nous y reviendrons.

Une autre chronique d’un livre de Romain Puértolas : La police des fleurs, des arbres et des forêts par Pascal Étienne

« Agatha Crispies est lieutenant de police de la petite ville de New-York, Colorado, 150 habitants. Et surtout animatrice d’un club de lecture durant les longues journées où il ne se passe rien. Lorsque survient (enfin !) un meurtre, Agatha se lance dans une enquête fiévreuse durant laquelle on titille une voisine au patronyme imprononçable, observe un écureuil radioactif, croise un bûcheron au nom de sanitaires, rencontre le Shakespeare du pressing et Old Joe le garde-barrière. Tout cela rythmé par l’ingestion frénétique de donuts au chocolat, à mesure que les morts s’empilent et avant d’aboutir à une solution évidente et cristalline. C’est Miss Marple d’invitant chez les Simpson. »

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Agatha Crispies est une femme à la peau noire dans un village où il n’y a pratiquement que des blancs. Mutée de la grande ville de New-York vers le patelin du même nom (ça évite de faire des papiers administratifs) pour une faute grave, elle est condamnée à l’ennui. Pas de couverture internet, pas de téléphone portable, il ne se passe jamais rien à New-York, Colorado. Le seul risque est d’attraper un torticolis ou de faire un malaise avec les 198 ronds-points construits par le maire pour dissuader les éventuels touristes, qui se seraient perdus, de rester plus longtemps. Ils peuvent ainsi faire demi-tour plus facilement. Entourée de forêts et de lacs, New-York, Colorado, est le paradis des tricoteuses et des joueurs de fléchettes.

Mais l’essentiel à savoir sur Agatha Crispies est d’ordre physique et mental. Elle possède un postérieur digne de figurer dans le livre des records. Normal, à force de manger des donuts au chocolat en permanence, son corps en conserve les stigmates. Comme son père avant elle. Mais comme la taille du postérieur d’un flic est un indicatif de qualité (pour Agatha) au niveau de pouvoir dans la hiérarchie du-dit flic, tout va bien !

Et puis Agatha est une passionnée de littérature. Elle a ouvert un club de lecture au commissariat et ses références sont nombreuses. Elle nous parle des livres avec passion et tendresse. Et c’est un régal.

Une bibliothèque, c’est comme un terminal d’aéroport. Imaginez une porte d’embarquement qui annoncerait Paris. Celle d’à côté Caracas, une autre, Sydney, une autre, Singapour. Les livre d’une bibliothèque sont autant d’avions qui vous emmènent en voyage, à moindre coût, celui de quelques dollars et de votre imagination. En plus du voyage, on vous raconte une histoire… »

Et la plume de l’auteur se veut enjouée, légère et drôle. Avec un humour très « rires pré-enregistrés » des séries américaines. La référence aux Simpsons de la quatrième de couverture ne me semble pas judicieuse. Les Simpsons étaient truffés de références et d’allusions intelligentes à l’actualité ou à la culture.

Ici, l’auteur utilise les mêmes ressorts mais c’est au bulldozer qu’il fait ses références. L’intelligence et la finesse sont totalement absentes de l’ouvrage. Et ça m’incommode. Peut-être est-ce moi qui ne suis pas sensible à cet univers, j’en conviens facilement. Mais voilà, ce style ne me fait pas rire et m’ennuie prodigieusement.

Et puis venons en au fait, ce livre est une série de spoilers en cascades. Sur les 200 premières pages, j’ai compté plus de six livres dont l’intrigue ou le ressort est totalement dévoilé. Après j’ai arrêté de compter, tellement il m’est inconcevable de dénaturer le travail des autres. Pour ne citer que quelques exemples : Autant en emporte le vent, Psychose, La vérité sur l’affaire Harry Québert, Le comte de Monte-Cristo, Guerre et Paix et Le mystère de la chambre jaune. Les dénouements d’ouvrages sont révélés les uns après les autres. Sans avertissement, sans retenue.

Et c’est bien dommage. Quel intérêt de lire un policier si l’on connaît le tueur, la cause de la mort ou la manière dont on va appréhender le coupable. Quel intérêt de lire une histoire d’amour si l’on vous raconte avec qui l’héroïne va partager sa vie, qui elle va rencontrer, si l’amour sera partagé ou non.  C’est un peu comme si l’auteur jetait tous ces magnifiques romans à la poubelle.

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Mais ce roman a été et sera apprécié par d’autres. La preuve en est, c’est un bouquin qui m’a chaudement été conseillé par une lectrice convaincue. Je suis désolée de faire un constat sans équivoque. Ce livre ne m’a pas plu et je ne le recommanderai pas. Pour deux raisons majeures : un humour sans finesse et sans intelligence et des spoilers en cascade.

Au suivant !

Auteur : Romain Puértolas

Titre : Tout un été sans Facebook

Editions : Le livre de poche (le Dilettante)

Sorti le 27 février 2019 (2017)

Nbre de pages: 448 pages

Prix : 8,20€

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