Michel Bussi, Le temps est assassin: Le dosage parfait entre intrigue et corsitude acérée

Ouvrir un Michel Bussi, c’est un peu comme une promesse de cadeau la veille de Noël. On espère, on attend, on rêve, on s’exalte, on imagine… Et c’est toujours mieux que ce qu’on avait espéré. Oui, même en plein mois d’août, j’aime Noël mais là n’est pas le sujet !

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Clotilde a 15 ans lorsque ses parents et son frère meurent dans accident de voiture en Corse. Accident dont elle est la seule rescapée. Elle est envoyée sur le continent pour poursuivre sa vie aux côtés de ses grands-parents maternels. Ce n’est que 27 ans plus tard qu’elle revient sur les lieux du drame, là où son avenir à basculé, là où son passé lui fait défaut.

Aujourd’hui épouse et mère, Clotilde redécouvre les lieux du dernier été insouciant de son adolescence, le camping a un peu changé, les criques et les rochers sont intacts et Natale, son amoureux idéalisé de l’époque, encore plus séduisant. Elle re-découvre également sa lignée paternelle, le clan des Idrissi et toute la puissance qu’il inspire.

Michel Bussi nous propose toujours une intrigue mêlée de géographie. C’’est plus que ça même, la ville ou le lieu dans lequel ses intrigues se déroulent est emmêlé, imbriqué, est une composante indispensable à la bonne tenue de l’histoire. Ainsi, dans les « Nymphéas noirs », il nous propose une découverte d’un Giverny inconnu, secret (excellent roman, si vous ne l’avez pas encore dévoré), dans « Maman à tort », c’est le Havre et sa banlieue, « Un avion sans elle » nous entraîne à Dieppe et « N’oubliez jamais » a pour décors les falaises d’Etretat. « Le temps est assassin » de déroge pas à cette règle. Michel Bussi n’est pas professeur de géographie pour rien, il sait nous décrire une ambiance, plus encore que des paysages fabuleux. La Corse ici est aussi imposante que le tour de taille du policier ayant effectué l’enquête sur la mort de la famille de Clotilde.

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Qu’est-il réellement arrivé à sa famille lorsque la Fuego rouge a quitté la route ? Qui écrit les lettres qu’elle reçoit de l’écriture de sa mère ? Pourquoi de gérant du camping essaie-t-il de l’empêcher de découvrir la vérité ? Qu’est ce que Papé Idrissi ne veut pas qu’elle découvre ? Clotilde, Clo pour les intimes, essaie de combler les manques de sa mémoire et les lacunes de son passé. Qui lit son journal intime perdu le soir du drame ? Les fantômes aperçus en haut d’une falaise ne sont pas les plus dangereux…

La force de Michel Bussi est de mêler l’intrigue personnelle de Clo avec l’énergie de la Corse, de ses paysages, de ses habitants, de ses légendes. L’intrigue est bien ficelée, et le suspense conservé jusqu’à la fin du roman. Mais, comme une maman ajoute toujours un petit présent supplémentaire au pied du sapin, le petit présent dont on rêvait mais qu’on n’osait espérer, Michel Bussi nous offre bien plus qu’une plongée au cœur de l’île de Beauté ou dans une intrigue familiale.

Par cette double lecture de la vie de Clotilde : le journal intime de 1989 et la Clo adulte de 2016, Clo nous questionne sur nos rêves d’ado et ce qu’on en a fait. Elle nous renvoi à nos espoirs, à notre perception de notre avenir, à nos rêves pour nous et à ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Quel avenir nous projetions-nous quand nous avions 15 ans ? Quels rêves faisions-nous pour nous-mêmes ? Quel adulte souhaitions-nous devenir ? Et quand avons-nous fait de ces espoirs immenses que l’on projetait en nous-mêmes ? Est-on proche ou éloigné de cet adulte du futur ?

 Que penserait l’ado que vous étiez de l’adulte que vous êtes aujourd’hui ?

De vrais questions existentielles qui, une fois les pages closes, restent en cherchent un écho en nous-mêmes.

Michel Bussi

J’adore ça ! Vous savez (ceux qui ont déjà lu une de mes chroniques le savent !) que j’adore ça. Quand un auteur, un livre nous apporte plus, plus que ce pourquoi on a choisi le livre, qu’on la rapporté à la maison et qu’un jour, un soir, on a coupé la télé, la radio et qu’on a plongé avec lui, dans l’univers qu’on devinait à travers une couverture, une chronique, une critique.

Michel Bussi nous propose ici un vrai divertissement qui se lit sur trois niveaux : l’intrigue familiale solide, le dépaysement au travers de la Corse qui est omniprésente et ce petit supplément indéfinissable que vous emportez et qui vous rend meilleur.

A lire d’urgence !

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