Francofolies de Spa 2015: le débrief

On a pris un peu de repos et c’est donc les yeux un peu moins gonflés de cernes qu’on vous propose notre débrief des quatre jours intenses que comptèrent les Francofolies de Spa 2015.

Commençons d’abord par notre top 5 des meilleurs concerts que nous ayons vus (et rien que ceux-là, il serait bien bête de dire du bien ou du mal de ceux que nous n’avons pas vus):

1) GrandGeorge, incontestablement. Arrivé comme un cheveu dans la soupe, de nulle part, l’ex-futur-trader, habitué des villes cosmopolites est devenu un artiste, un vrai! Et son concert du dernier jour nous a subjugués. Dans la foule, on en a vu des baraqués, des métalleux, des fans de Iron Maiden ou des Rolling Stones, bouches bées devant lui. Grandgeorge, c’est le tube So Fine mais c’est avant tout des balbutiements sur les plus belles scènes de Belgique et une assurance grandissante de jour en Francofolies de Spa 2015 - Lundi - GrandgGeorge (91)jour. C’est un sourire, de l’éclate, une voix absolument dingue, une voix forte.

2) Daan, un dandy, un vrai, capable de se livrer à tous les concerts et expérimentations, changeant de style comme de chemise. Daan, c’est un peu le Stephan Eicher belge, passé de l’électro au rock, à la pop et même au trio classique. Ça tombe bien, c’était de cette formule dont il était question vendredi. Avec une standing ovation dès la troisième chanson, la fine équipe composée aussi du violoncelliste Jean-François Assy et de la batteuse, xylophoniste et multi-instrumentistes Isolde Lasoen ont tout réussi pour nous impliquer dans ce qui ressemblait fortement à un état de grâce.

3) La fête à Mario Guccio. Conceptuel dans sa manière de procéder, le leader charismatique de Machiavel s’est fait mentor pour inviter trois jeunes groupes bourrés de talents. Reprenant uneFrancofolies de Spa 2015 - Lundi - La fête à Mario Guccio (131) chanson de l’album solo de Guccio mais présentant aussi l’une des leurs; Feel, Dandy Shoes et The Bukowskies se sont montrés fort habiles et très prometteurs. Quant à Mario Guccio, fidèle à lui-même, il a fait le show avec des chansons autres que celles de Machiavel, plus personnelles, basées sur l’espoir, la persévérance et, surtout, le lien, indéfectible. Puis, cette fête, c’est peut-être celle qui se rapproche le plus des concerts des Francofolies de La Rochelle où, chaque année, un chanteur est invité à reprendre le répertoire d’un autre artiste (cette année, Raphaël avec Manset mais on se souvient de Gaëtan Roussel avec Bashung ou de Julien Doré avec Daho).

4) Christophe Willem. On aurait pu, parmi les grandes têtes d’affiche, parler du concert débordant d’énergie des Fréro Delavega, mais le vrai show c’est un habitué qui l’a initié. Christophe Willem s’est imposé entre funk, belles chansons et sens inné du one-man-show. On n’a pas vu le temps passé lors de ce concert de quasi deux heures.

Francofolies de Spa 2015 - Samedi - Quentin Mosimann (178)5) Incontestable roi de la nuit, Quentin Mosimann version DJ a démontré, comme disait un ami, qu’il est bien plus talentueux que ce que laisse penser certains haters en le faisant passer pour un dj pour midinettes. Loin de là, le Suisse a fait danser et a endiablé une foule des grands soirs. Avec des moyens techniques incroyables tels une scène capable de monter à 10 mètres et de s’incliner à 90° ainsi qu’un siège capable de s’élever et de tourner à 360°. Des paillettes et des flammes ont mis les Francos en vraie ébullition.

Les Moins: 

1) Si les organisateurs peuvent se targuer d’avoir quasiment programmé autant d’artistes en 4 jours qu’en 5 les années précédentes, on a vraiment eu du mal à suivre et on a du faire des choix cornéliens malheureusement. Après, peut-être étions-nous aussi fort gourmands!

Francofolies de Spa 2015 - Lundi - Frero Delavega (117)2) Le respect qui semble désormais bien loin d’être les oignons de certains festivaliers. On plaisantait avec le concert d’Alice on the roof proposé en audiodescription par une festivalière, mais cette situation est bien révélatrice d’un certain sens du chacun pour soi. On épinglera ce jeune homme qui préférait commenter ces héroïques actes bagarreurs plutôt que de regarder le concert d’Alice et emmerdant ainsi dix personnes autour de lui.

Il y a aussi eu ce groupes de parents baba cool (pas vraiment très… cools, d’ailleurs). Débarqués au deuxième rang en pleine Fête à Mario Guccio, ils n’ont pas eu peur de faire un mur surélevé en prenant leur trois (!) enfants sur le dos et en s’hurlant des bêtises qu’ils auraient pu échanger à l’autre bout de la place, en voyant pleinement le concert mais aussi en évitant de provoquer l’agacement de dizaines de personnes.

Mais la palme, une fois n’est pas coutume, revient à ce duo féminin avec vue imprenable sur le concert des Fréro Delavega parce qu’elles étaient sur les marches de l’escalier. Je quittais un peu plus tôt le concert pour voir GrandGeorge quand je me présente devant ces « princesses ». Montrant que je voulais passer et me fendant d’un « Excusez-moi, s’il vous plaît« , je les vois faire bloc et faire mine de rien. Je me rapproche. La première s’énerve: « Oui, mai y’en a marre de tous ces gens qui passent ici. » À quoi je rétorque: « Normal, vous êtes sur l’escalier qui permet de quitter la place. » Et l’autre de renchérir: « Des escaliers, il y en a plein. » Faux, trois ou quatre, et il est plutôt normal, dans une foule aussi compacte que celle ralliée à la cause des Fréro, de choisir le chemin le plus court et, surtout, d’essayer d’embêter le moins de monde (mais apparemment, au vu du lot de « moi-je », il n’y a pas grand monde pour avoir ce raisonnement, malheureusement). Finalement, l’une des deux met fin à l' »agréable » échange avec un « Dégage » bien senti. Merci mademoiselle. Vous êtes l’exemple égoïste de ces personnes qui sont la honte des festivals, bravo, ça mérite une coupe, celle du sans-gêne.

3) Enfin, je ne peux toujours pas m’expliquer pourquoi les gardes me retirent mon bidon d’eau à l’entrée, jugée « trop dangereux » pour la sécurité du Festival alors que le concert d’Alice on the roof en pleine surpopulation a bien failli tourner en jeu de massacre. Quand, dans une foule loin d’être compatissante, des sauveteurs (bravo à eux pour tout le boulot et la vigilance accomplis tout au long de ces quatre jours) ont mis quinze minute à repérer une personne victime d’un malaise et à se frayer un chemin dans la foule serrée et hostile. Visiblement, en parlant de sécurité, sans doute y’a-t-il eu un petit couac dans la logistique et le sens des priorités. Les organisateurs se disaient surpris dans la presse par le succès de la jeune Alice (nous aussi, on a rarement vu ça, encore plus pour une artiste qui n’a sorti qu’un… EP!). C’est vrai, mais beaucoup de festivaliers n’ont pu s’empêcher que la limite de la capacité du village Francofou avait été largement dépassée. Peut-être, faudra-t-il limiter un peu plus?

Mais ces remarques ne sont que des gouttes d’eau dans l’océan bienheureux d’un Festival qui fut une grande réussite dans sa programmation comme dans sa convivialité toujours incroyable.

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