Vingt-cinq ans après le crash terrible du McDonnell Douglas MD-11 dans les limbes de l’Atlantique, une descendante des victimes, Talel Aronowicz, tente de recomposer son histoire familiale, avant et après le drame, dans un album sensible et patient, non pas pour que la vérité s’exprime mais pour que le processus de deuil s’achève enfin.

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Résumé de Vol 111 par les Éditions Helvétiq: Ouvrir la boîte noire familiale. Le crash du vol Swissair 111, le 2 septembre 1998, a profondément marqué les familles de toutes les victimes. Lors de cette tragédie, Talel, alors âgée de sept ans, perd ses grands-parents qui rentrent de New York à Genève. Longtemps, le drame reste tabou et ce n’est que 20 ans plus tard que la jeune femme décide de briser le silence et d’aborder l’accident avec sa mère et d’autres membres de sa famille.
2 septembre 1998, 3h du matin un coup de téléphone dans la nuit. Le vol 112… non le vol 111 Swissair New York-Genève, s’est abîmé dans les mers non loin d’Halifax. Il y a peut-être des survivants… non il n’y en a pas. Le bilan est lourd: 229 morts et il faudra du temps pour retrouver les corps, les identifier, faire son deuil… dans le silence.


À tel point que dans les années 2020 quand Talel Aronowicz, petite-fille des disparus anglo-srilankais décide de prendre ce sujet à bras-le-corps, la plaie n’est pas refermée, les non-dits et le silence ne font pas de bons pansements. Mais Talel doit essayer, cette histoire a un début et une fin, mais il lui manque un milieu, comment les enfants de ces deux victimes ont vécu les choses? Si l’oncle de Talel est devenu porte-parole des familles endeuillées, sa maman, elle, n’a porté qu’un fardeau.

Talel sait qu’elle va lui faire du mal en abordant ce dossier sensible, qui imprime le cours d’une mort mais aussi des vies des survivants, mais en définitive peut-être que délier les langues fera du bien à toute la famille.

De son trait simple et fort en émotions, naviguant entre hier et aujourd’hui, Talel livre une enquête personnelle, intime, qui en dit long sur la manière dont l’humain réagit face à la tragédie, dans une Suisse qui est le fruit des métissages. Pendant cent planches, à force de patience, l’ancienne avocate cherche comment dénouer le noeud, avec délicatesse, par petites touches, mais sans perdre son objectif de vue.

Puis dans les vingt dernières planches, le barrage lâche, l’émotion n’effleure plus, elle affleure. La maman trouve les mots qui lui manquaient et se livre comme elle n’aurait jamais cru le faire, complétant son deuil et le puzzle familial, et permettant à la nouvelle génération de connaître un peu plus ces grands-parents qui n’avaient pas demandé à mourir sur ce vol retour… et encore moins à être oubliés. Un album sur le fil, très touchant et qui pourra servir de clé pour d’autres situations du genre, insolubles et murées dans le silence, mais attendant la délivrance.

À lire aux Éditions Helvétiq.
