
C’est la saison des oeufs. Mais, cela dit, Beau le renard veut bien qu’il y en ait tout le temps. Car, un oeuf au petit déj’ chaque matin, ça rend le poil plus brillant. On ne parle bien entendu pas d’oeufs en chocolat. Mais, un jour, Beau tombe sur oeuf bien trop petit que pour avoir le coeur à le manger. Et un peu plus loin, Odette, la poule, fricotcot avec un loup, tandis que Sanglillon fait tourner la tête d’un prince.
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Même sans être mangé, cet oeuf va rendre Beau plus beau
Résumé de Beau et son ami bibi par L’école des loisirs (Pastel) : Beau le renard n’a pas d’amis et se sent bien seul. Il trouve un jour au fond d’un nid un œuf minuscule. Celui-ci éclôt et un tout petit oiseau en sort. Beau le renard a enfin un ami. Ensemble, ils peuvent faire des tas de choses: participer à des concours de chant ou construire des bonhommes de neige…

Tous les soirs, Beau cherche partout, dans les arbres ou les roseaux, à gauche à droite, l’oeuf qui lui servira d’en-cas le lendemain. Certes, il a le poil plus beau mais il est toujours seul. Personne ne veut de lui, voleur qu’il est, et toute coquille est désormais planquée. Chasse gardée. La valise capitonnée de Beau, pour un transport en toute sécurité, reste désespérément vide.

Jusqu’au jour où un oeuf, bien trop petit que pour être mangé, croise son chemin. Beau va le chouchouter, curieux de savoir ce qui va bien pouvoir en sortir, dans un piaillement qui fait Bibi. Un petit oiseau bizarre, unique, fait pour Beau.

Kristien Aertssen nous fait craquer devant ce nouveau duo peu conventionnel mais terriblement mignon. Après la rencontre, l’autrice flamande nous raconte deux autres histoires tout aussi charmantes : un concours de chant que le renard aimerait gagner s’il ne chantait pas comme une casserole et des jeux de neige. Moment livresque câlin.

À (se faire) lire dès 3 ans chez L’école des Loisirs (Pastel).
Odette et son loup : une romance inattendue qui fait jaser la basse-cour

Résumé d’Odette et son loup par L’École des loisirs (Kaléidoscope) : C’est l’histoire d’un loup amoureux d’une poule. Mais on n’a jamais vu ça ! Justement et pourquoi pas…
À longueur de journée, ce loup rôde autour du poulailler. Pour enfin trouver un point faible, y entrer et faire un carnage? Non, vous n’y êtes pas, si les poules (et une en particulière) l’intéressent, ce n’est pas pour les boulotter! Non, il est amoureux, d’Odette, « la plus chouette des poulettes ».

Si le fier coq en prend pour son grade et son ego, dans cette histoire, Odette n’est pas du genre à se laisser faire, puis elle voit bien le monde de différences qu’il y a entre elle et le loup. C’est niet, au grand dam du reste de la basse-cour, pas rassurée par la présence de celui qui est habituellement un super-prédateur. Mais ne dit-on pas qu’il ne faut pas mettre ses oeufs dans le même panier.
Lui continue d’avoir l’amour en tête et de conter fleurette, chaque jour, avec un nouveau bouquet champêtre et peut-être des réponses convaincantes aux questions de sa volaille adorée. Si seulement cela pouvait être réciproque.

Anne-Sophie Plat et Marianne Barcilon (après L’ours le plus heureux du monde, elle semble aimer faire craquer le coeur des bêtes que l’on dit méchantes) ont imaginé un drôle de chassé-croisé. Si on peut regretter que les autrices ne jouent pas un peu plus sur les apparences et la potentielle menace amenée du carnivore autour du poulailler et abattent très vite la carte de l’amour aveuglant, elles négocient dans la bonne humeur et la facétie ce je-t’aime-moi-non-plus entre plumes et poils, bec et crocs. Marianne Barcilon a ce pouvoir fou de dessiner la nature, les herbes folles qui donnent même l’impression de pousser hors des pages. Joli spectacle de simplicité, autour d’un loup et d’une poule purement et simplement expressifs (cocottes mais pas rococo) et amusants dans ce jeu de séduction qui voit la plus petite mener la danse. C’est chou!

À (se faire) lire dès 3 ans chez L’École des loisirs (Kaléidoscope)

Cendri… non… Sanglillon


Résumé de Sanglillon par L’école des Loisirs (Kaléidoscope) : Sanglillon n’a pas une vie facile : il récure, cuisine, astique du matin au soir pendant que ses chipies de sœurs se prélassent. Jusqu’au jour où le bal royal est annoncé. Et si, pour une fois, c’était à son tour de briller ? Une version poilue et déjantée de Cendrillon, où le héros ne se laisse pas marcher sur les sabots !

Couverture classieuse et enluminures fleuries (les cucurbitacées, ça se répand). Côté face, un portrait de famille d’un sanglier hirsute et ses trois souris. Côté pile, ce même suidé enchanté dans un carrosse tracté par des chevaux arc-en-ciel vers un château. Puis, le titre, Sanglillon, pour finir de nous mettre la puce à l’oreille. Hé oui, Julien Baer et J sont parmi les derniers en date à avoir donné leur version de cette histoire vieille comme le monde. Cendrillon, de fille des cendres à éblouissante princesse.

Sauf que cette fois, l’héroïne de ce contre-type est un donc Sanglillon. De sanglier crasseux à porc royal. C’est-à-dire que tous les autres personnages sont eux aussi des animaux? Non, la marâtre et ses deux hideuses filles mais aussi le roi, le prince et leur cour sont bel et bien humains. Tout juste la gentille fée et marraine est-elle devenue un lapin aux oreilles psychédéliques, de toutes les couleurs qui va donner à notre cochon-à-tout-faire la chance de sa vie.


Pour le reste, avec ses ajustements de taille, l’histoire suit le fil magique déjà sollicité par Basile, Perrault, la Comtesse de Ségur ou encore les équipes de Walt Disney. Adriano Gazzellini s’amuse beaucoup dans cette relecture, avec un trait renversant, un sens du patibulaire et un éventail impayable d’expressions (de pieds aussi, au grand dam des vilaines) mais aussi quelques très belles idées et compositions (la robe chic et choc de Sanglillon et la fuite à minuit qui laisse une longue traînée flamboyante, les émissaires du roi qui traversent l’aurore…) Par contre, l’ensemble de cette nouvelle émanation est plutôt bizarre. Surtout quand, comme ma fille, on connaît déjà l’histoire originelle. Si nous l’avions découverte avec ce pastiche enfantin, ma foi, peut-être que le sortilège aurait mieux fonctionné. Ici, elle n’a pas plus été enchantée que ça. Mais tous les goûts sont dans la nature, comme le dit la morale de ce détournement de conte un peu plus bestial.


À (se faire) lire dès 6 ans, chez L’école des Loisirs (Kaléidoscope).
