Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !
Troisième jour au BIFFF et aujourd’hui 4 films à mon programme à commencer par :
SQUEALERS (GIBIER) de Abel Ferry ( Belgique – France -2026)
Belin est dans la merde. Candidat à la mairie et patron d’un abattoir qui occuperait l’AFSCA pendant un an, il vient d’apprendre qu’une bande d’activistes est rentrée par effraction dans son usine, caméras à la main. Pas chaud à l’idée de partager son secret pour transformer ses Porcinets en puzzle, il monte en urgence une escouade de bras cassés pour retrouver les Greta vegans et les Thunberg flexitariens qui gambadent encore dans la forêt. En bon politicard, il sait qu’on peut toujours discuter entre gens civilisés. Et puis, on peut difficilement confondre un jeune militant avec un chevreuil, hein ? Non ? Si ? Ah, quand même…
Le film est un survival sanglant sur des activistes traqués dans un abattoir, une « partie de chasse hystérique » qui constitue une série B assez nerveuse et généreuse en hémoglobine.
Du niveau d’un téléfilm, Gibier va certainement diviser, il sera efficace pour les amateurs de survie extrême mais décevant pour ceux qui attendent une réflexion plus approfondie sur son sujet, la cause animale.
Un film qui se laisse regarder sans déplaisir, mais sans plus.
Note : 12/20
Ensuite à 20h00 nous avons droit au très attendu :
IMPOSTERS de Caleb Phillips
Paul et Marie forment le couple idéal : une bonne situation professionnelle, une nouvelle maison dans un quartier résidentiel, et un p’tit bout de quelques mois trop chou. Mais, lors de leur pendaison de crémaillère, leur p’tit bout trop chou disparaît mystérieusement… Alors que la police suit méticuleusement toutes les pistes, un inconnu qui n’est clairement pas le couteau le plus aiguisé du tiroir vient leur causer d’une mystérieuse grotte au fond de leur terrain. Il est prêt à leur indiquer l’endroit exact de ce trou à la seule condition que Marie lui détaille ce qu’elle aura vu à l’intérieur. Effrayée, dubitative, mais mère avant tout, Marie mord à l’appât et revient non seulement avec son fils sain et sauf, mais aussi avec un énorme trou de mémoire. Mais s’agit-il réellement de leur p’tit bout trop chou ?
Le film constitue un mélange entre le thriller psychologique et l’horreur de genre. Il faut souligner la performance de Jessica Rothe dans ce mystère aux multiples rebondissements mais assez confus et dont on sort plus que perplexe.
Personnellement je n’ai pas trouvé les personnages attachants, mais surtout énervants.
Imposters tient également son originalité du récit qui revisite le sous-genre de l’enfant disparu de manière inattendue, mais il faudra tout de même qu’on m’explique le scénario très déconcertant dans lequel je me suis perdu et qui me laisse avec de multiples questions sans réponses.
Pour ma part, une déception par rapport à l’attente que j’en avais.
Note : 10,5/20
Troisième film de la journée :
CORPORATE RETREAT de Aaron Fisher ( USA – 2026)
Quand on bosse dans les nouvelles technologies, on ne va pas se contenter d’un team-building à Walibi ou au luna park de Coxyde. Que nenni… Nos jeunes cadres ambitieux ont carrément droit à un centre de séminaire super luxueux posé en plein milieu du désert. Piscine à débordement, cocktails à volonté et blabla convenu sur le leadership et la cohésion d’équipe. Mais cette fameuse cohésion d’équipe va prendre tout son sens lorsque les hôtes du centre servent une boisson empoisonnée à tous les participants, ne leur laissant que quelques heures pour trouver l’antidote. Et, à ce jeu de survie sadique, les fameux employés modèles vont se révéler être beaucoup plus portés sur le “chacun pour sa gueule” que sur la sacro-sainte culture d’entreprise…
Mélange de comédie noire et de « survival horror », le métrage est annoncé comme une satire féroce de la culture d’entreprise, transformant un séminaire de luxe en un cauchemar sanglant.
Mouais…
Une grande partie de l’équipe du film était présente ce soir là pour cette première mondiale. Il faut souligner quelques noms alléchants au casting, comme Alan Ruck (Succession), Odeya Rush et Sasha Lane, mais indépendamment de ça j’ai vraiment détesté ce métrage qui me fait penser à Saw ( une franchise torture porn que je n’aime pas du tout, excepté le 1er qui est un bon film) ou à Le Menu, pour le concept des protagonistes mis dans une situation extrême.
Mais ici c’est bien pire. Le scénario tient sur un vieux ticket de tram et le film est une suite de tortures de tout genre que doivent s’infliger les participant(e)s du team builiding ( auto énucléation à la cuillère à café, aiguilles à s’enfoncer profondément dans le corps, arrachage d’un coeur, je vous en passe et des meilleures, sous les yeux d’un psychopathe complètement taré qui s’en délecte. Tout ça pour atteindre une pseudo illumination tout tout le monde se fout allègrement. Alors visionner ça au BIFFF, ça passe encore, mais si vous voyez ça chez vous ou en salle c’est autre chose.
Néanmoins on peut se poser la question : que peut il se passer dans l’esprit d’un scénariste pour proposer ce genre de trame purement gore et sans aucun intérêt narratif qu’une succession de scènes chocs révulsantes? Mystère, mais c’est un bon cas psy.
Franchement dans le genre team building survival allez plutôt revoir Severance sorti en 2006, là vous serez face à un film bien construit et qui tient la route.
Ici, j’ai eu du mal à terminer la vision du film dont la fin totalement irrationnelle m’a fait pousser un long soupir de désappointement.
Au secours !
Note : 9/20
Pour terminer la journée le BIFFF nous propose :
DEATHSTALKER de Steven Kostanski ( Canada – 2025 )
Minneapolis est sous assaut: les agents de l’ICE… Ah merde, pardon, Mauvais texte. On recommence. Le Royaume d’Abraxeon est en petite forme: les affreux Dreadites sèment la terreur dans toutes les chaumières, étripant sans vergogne la gueusaille innocente, pendant que le Deathstalker – mercenaire sans foi ni loi, mais vachement bien huilé – écume les champs de bataille pour faire la poche aux macchabées. Mais quand il récupère un talisman maudit qui pourrait ressusciter le diabolique sorcier Nekromemnon, sa cote de popularité va monter en flèche chez les Dreadites…
Après les déceptions notoires des films précédents de la journée, je me disais que la série allait peut être continuer de plus belle avec le dernier film du jour.
On est ici devant un remake du film éponyme de 1983, un hommage incroyablement généreux aux “sword and sorcery” fauchés des années 80, avec des effets spéciaux à l’ancienne. Et c’est purement jouissif.
Deathstalker est un film trash mais charmant, conscient de son propre ridicule, sorte de plaisir absurde du réalisateur qui refuse d’utiliser le numérique au profit d’effets spéciaux artisanaux (animatronique, stop-motion, maquettes). On retrouve tout ce qui faisait le charme de ces films dans les 80’s, avec une bonne histoire, des monstres plus risibles qu’effrayants et des comédiens plutôt convaincants.
Deathstalker ne plaira pas à tous, certains le trouveront ringard, mais pour les amateurs du genre ce métrage est jouissif; et cerise sur le gâteau la B.O est superbe avec la participation de Slash ( le guitariste, pas la chaussure comme disait Stéphane ! )
Note : 17/20
La Gazette du BIFFF c’est fini pour cette fois, on se retrouve très vite pour le prochain numéro, le #5 ,et toujours sur Branchés Culture !
Jean-Pierre Vanderlinden




