Edgar et la malédiction du corbeau : un petit goût d’Allan Poe, des fantômes doudous et une partie d’échecs qui clouent le bec

© Gauthier/Lefevre chez Little Urban

Vous vous verriez, vous, vivre dans une maison hantée, avec plein de fantômes. C’est le quotidien d’Edgar, et ces entités sont ses meilleurs amis. Mais, il y a un bémol: tout ce petit monde (mort-)vit sous la menace d’un terrible et gigantesque corbeau, qu’on n’avait jamais réussi à débusquer, jusque-là.

Résumé d’Edgar et la malédiction du corbeau par Little Urban: La maison dans laquelle vivait le jeune Edgar semblait parfois l’épier, le suivre du regard. Le manoir, voyez-vous, était un peu hanté. Fantômes et esprits parcouraient les couloirs. Edgar était le seul qui pouvait tous les voir. Et ils s’étaient liés d’une belle amitié. Mais la maison gardait un bien sombre secret…

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Dans une précédente chronique, Mignon, Germain cherchait à n’en plus pouvoir une petite créature qui lui permettrait d’exister aux yeux des habitants de Chocottes, la ville la plus hantée du monde. Edgar, lui, dans son manoir, est entouré d’esprit jusqu’à plus soif et plus d’effroi, à tous les étages: une souris de bibliothèque, un chat noir, une sirène et un sordide corbeau. Plus qu’un signe de mauvais augure, une véritable menace de chaque instant.

© Gauthier/Lefevre chez Little Urban

En effet, si chacun des revenants, et encore plus Annabel Lee la sirène, a le don d’entraîner Edgar dans son univers, illimité pour peu qu’on y croie fort, « physiquement », ces esprits sont cantonnés à leur étage, leur pièce de cette maison. Leur désespoir est la soupe à la grimace de cet oiseau démoniaque, ce qui le fait frandir toujours plus. Tout en étant puéril, ses cris et ses coups depuis le grenier où il réside, tyrannisent tout ce petit monde.

© Gauthier/Lefevre chez Little Urban

Dans cet univers aussi étrange qu’envoûtant, à l’image de ce que nous a déjà proposé en BD ce fabuleux duo composé de Séverine Gauthier et Clément Lefèvre (ah, les deux tomes de L’épouvantable peur d’Èpiphanie Frayeur), avec quelques références à des mondes magiques et sorciers, les deux auteurs rendent hommage à l’inspirateur de bien des contes noirs: un certain Edgar Allan Poe. Tout, ici, difficulté supplémentaire, est raconté en vers, ce qui rajoute une ambiance particulière à ce monde gothique et sous emprise. C’est sans compter ce héros, Edgar, prêt à tout pour libérer ses ectopl-amis, auquel les auteurs vont tenter de conférer le courage et la malignité pour vaincre le damné volatile. Coup après coup, sans violence si ce n’est celle de l’intelligence. Échec et mat.

© Gauthier/Lefevre chez Little Urban

Encore une fois, le charme fou opère: celui des illustrations de Clément Lefevre, bourrées d’idées graphiques, fortes, et celui de l’histoire que Séverine Gauthier fait rimer à la force des amitiés, entre la terre et l’éther. Avec des livres aussi beaux, aussi riches, les corbeaux n’ont qu’à bien se tenir. Nevermore, ils ne feront la loi chez Edgar.

PS : celui-là, je ne l’ai pas lu avec ma petite. On a dû réaliser un spray anti-monstres, le sujet est un peu touchy, pour le moment 😀

© Gauthier/Lefevre chez Little Urban

À lire dès 4 ans chez Little Urban.

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