Ma petite louve : dans le deuil, dans la peur, les enfants sont parfois plus forts que les adultes

© Garoche chez Delcourt

Quand il y a un loup dans les parages, y es-tu, entends-tu, dans les contes, ce sont souvent les enfants qui y sont confrontés, qui crient après lui. Et les adultes qui arrivent en héros pour chasser, tuer l’animal. À l’heure où dans les montagnes françaises, dans les bois belges, les descendants d’Ysengrin ne cessent de revenir et de faire peur, surtout au monde agricole, Camille Garoche inverse les rôles.

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Résumé de Ma petite louve par Delcourt : Dans ce récit campagnard subtilement inspiré de l’attentat du Bataclan, deux enfants, une grande soeur et son petit frère, s’occupent en cachette de trois louveteaux dont la maman a été tuée par leur oncle chasseur. Anouk et Sasha, deux enfants de la ville, s’installent avec leur père dans un petit village suite au décès de leur mère. Leur oncle Thierry, un chasseur redoutable, les accueille. Une tension s’installe dans l’air en raison des attaques de loups. Alors qu’ils explorent les environs pour échapper à un orage violent, les enfants font une rencontre inattendue avec des louveteaux.

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En 2024, le loup génère des sentiments ambigus. Alors qu’il était porté disparu dans nos contrées, il n’a eu de cesse d’alimenter des livres, des albums pour la jeunesse en ayant le bon… rôle. Fini le grand méchant loup, où peut-être s’incarne-t-il ailleurs, dans des comportements bien humains.

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Survivants vaille-que-vaille, Anouk, Sasha et leur père viennent se mettre au vert. Sans maman, tragiquement disparue, dans un fait divers terroriste qui a durablement marqué l’actualité. À quoi se raccrocher, alors que papa ne sort pas la tête de l’eau et que les compagnons de classe ne comprennent pas l’incompréhensible. S’en moquent. À moins d’arriver à se les mettre dans sa poche, les gosses à cet âge-là ne sont pas tendres. D’autant qu’Anouk a des goûts et des combats qui font tache ici et que Sacha est mutique.

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Pourtant, trois autres orphelins, bien plus poilus et craints qu’eux vont leur trouver des alliés de circonstances et faire vriller celui qui les abritait jusque-là. Comme quoi, avec l’humain, les histoires peuvent être imprévisibles. C’est dans l’adversité qu’on gagne de vrais amis, pas ceux qu’on pensait.

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Avec un style simple (quelques traits font un visage…) et efficaces (… et mettent milles émotions), des couleurs luxuriantes, Camille Garoche trouve la lumière au bout de la nuit. Sur un type de récit déjà vu depuis que le monde est monde – envers et contre tout, un enfant veut sauver son frère animal -, l’autrice réussit à mettre sa patte, sa singularité et à créer beaucoup d’attachement pour ses jeunes héros, à fortes personnalités. Oh non, c’est déjà fini, y’aura une suite?

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À lire chez Delcourt.

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