Frnck, exode et apocalypse, voyage, revoyage dans le temps et tour en rond dans le multivers : une sacrée « MDLNE D PRST »,

© Bocquet/Cossu/Guillo chez Dupuis

Neuf albums plus tard, un deuxième cycle de Frnck, voyageur et revoyageur dans le temps préhistorique, est bouclé par Olivier Bocquet, Brice Cossu et Yoann Guillo, toujours dans ce mix d’humour, d’anachronismes, de grande aventure et de choses de la vie, bonnes et mauvaises. Et les auteurs n’ont de cesse de rebattre les cartes, de souffler le (très) chaud et le froid sur cette série incontournable et addictive.

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Résumé du tome 8 de Frnck par Dupuis : Nous sommes dans les années 70 (du XXe siècle). Cameron et Ryan Parker, deux geeks chevelus, sont sur le point de révolutionner l’informatique dans leur garage quand des huissiers débarquent pour saisir leur matériel, vu leurs nombreuses dettes impayées. Anoukis arrive et annonce qu’elle va tout régler. En échange, la jeune femme leur demande un petit service : inventer au plus vite un smartphone… qu’ils allaient de toute façon inventer dans le futur ! Pour les aider, elle leur apporte le téléphone de Franck, ce jeune orphelin du XXIe siècle projeté en pleine Préhistoire et dont elle a retrouvé l’appareil. Quarante ans plus tard, Cameron et Ryan y sont arrivés et Anoukis va enfin pouvoir essayer d’empêcher Franck (et son téléphone) de partir dans le passé avec toutes les conséquences désastreuses que l’on sait (racontées dans les sept premiers albums de la présente série).

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Ça fait un moment que je ne vous ai pas parlé de Frnck, sacrée « mdln d Prst » pour moi. L’occasion est trop belle, voilà mon avis sur les deux derniers tomes de cette série. Au fil des tomes, elle avait envoyé des cargaisons d’hommes et femmes modernes dans les méandres des temps, à des milliers d’années de leur ère. Tout un petit monde, une jungle de personnages, un village gaulois (avec des leaders, des despotes même, des têtes brûlées, des scientifiques, des hippies, des pimbêches…), devant survivre une préhistoire ne correspondant pas vraiment avec ce qu’on nous apprend à l’école et dans les livres: les dinosaures cohabitent ici avec les humains.

© Bocquet/Cossu/Guillo chez Dupuis
© Bocquet/Cossu/Guillo chez Dupuis

Dans ce Jurassic Park jusqu’ici à l’envers, les auteurs ont donc introduit de nombreux personnages sans jamais perdre leur fil, quitte à laisser souffler leur héros, Frnck, pour s’intéresser à d’autres protagonistes qui vont amener une dynamique et des enseignements différents, entre les 1970’s, les années 2000 et plus de 300 000 ans avant notre ère.

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Avec ce deuxième cycle, Olivier Bocquet s’attache à dater l’époque dans laquelle sa famille dé- et re-composée a été envoyée. Pour ce faire, rien de tel qu’un couple séparé, à des années-lumière. Anoukis est du bon côté du calendrier, dans les décennies des progrès les plus fous, les plus geeks, et va remuer terre et rivières pour retrouver son amoureux. Ce qui ne l’a pas empêché pour autant de refaire sa vie. Ce qui en cas de voyage temporel irait de pair avec des dilemmes, des bugs et des conflits. Des failles. Un tel périple pourrait remettre en question toute la vie qu’a menée et qu’a donnée Anoukis. Veut-elle, va-t-elle tenter le coup?

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Dans tout le fun et le feu de l’action que les auteurs mettent dans cette saga inoubliable, il y a toujours eu de la place pour une sensibilité profonde et désarmante. Encore plus dans les climax, les fins de cycle qui bouclent des arcs mais en ouvrent d’autres. Une nouvelle fois, ils nous retournent, avec des surprises et des émotions de taille. Le rythme et le découpage, sans temps mort mais avec des scènes qui coupent le souffle et forcent le lecteur à s’arrêter deux minutes, sont incroyables. Pour la deuxième fois au coeur de l’incendie, mais avec de nouveaux arguments, et un nouveau sas temporel ouvert, Brice Cossu repousse encore et toujours les limites de son art, avec une lisibilité exemplaire. Quand l’action au premier plan en apprend autant que ce qui se déroule au fond de la case. Les couleurs de Guillo sont dingues et participent au dépaysement émerveillé que produit ce décor dans lequel, pourtant, on n’irait pas forcément. D’autant plus que les risques de crash d’avion sont importants.

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En donnant des clés de compréhension qui légitiment une nouvelle fois l’univers et étouffent tous les doutes qu’on pourrait avoir, Bocquet sauve plusieurs fois ses héros sur le fil, dans des circonstances que j’aurais trouvées poussives si elles n’amenaient pas de nouvelles interrogations. Qui sont les sauveurs providentiels? Mais à la fin du tome 9, quand vient le mot fin, les auteurs réussissent un nouveau tour de force. L’impossible se produit, tout s’arrange a priori, mais rien ne va pour la cause. L’aventure ne fait peut-être que (re)commencer. En fait, les auteurs réussissent spectaculairement à tourner en rond, quitte à utiliser une éruption volcanique deux fois en cinq albums, sans jamais se répéter. En me scotchant totalement.

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À lire chez Dupuis.

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