
Recyclons, recyclons! Il n’y a pas d’âge pour chiner son bonheur dans des affaires d’hier. En seconde main. Les objets d’antan peuvent être ceux de demain, retravaillés, réinventés, rebricolés. Aux Éditions du Diplodocus et chez leurs auteurs, en tout cas, il y a des idées en stock. Comme dans Le Cadeau de Marjorie Béal et La tribu Débrouillon de Coline Sauvand.
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La machine à laver a débloqué: pourra-t-elle encore mettre des paillettes dans la vie?

Résumé de La tribu Débrouillon par Le Diplodocus : Ce soir c’est le Mégabal Costumé ! C’est un peu Noël mais avec plus d’oiseaux qui chantent. Babou file à la vitesse-de-la-rivière fabriquer son costume. Elle dégote un véritable tissu papillon, parfait pour une soirée costumée, mais il ne sent pas le printemps et il faut le laver. À peine démarrée, la machine à laver part en rodéo et tombe en panne – avec le précieux tissu papillon dans ses entrailles. Heureusement Babou et sa tribu Débrouillon sont débrouillards. Ensemble ils bricoleront, discuteront, inventeront pour tenter de sauver l’indispensable machine à laver, et par la même occasion le Mégabal Costumé.

Dans la tribu Débrouillon, il y a un être humain, Babou; il y a Genette, Chien, Caillou, Ourse, Chèvre, Sanglier, sans oublier Renard. Une joyeuse bande, colorée, pour laquelle Coline Sauvand a constitué un village-cabanes tout aussi fun et dont on aimerait trouver l’adresse pour, un jour, y faire étape. Pourquoi pas un jour de Mégabal d’ailleurs? Les préparatifs vont bon-train, tout le monde assemble son costume dans les friperies ou les déchetteries. Tout est permis pour se déguiser : sortez les tubes d’aspirateurs, les pots de yaourt, les parapluies… Suffit juste d’avoir le sens du DIY et une bonne machine à laver pour enlever la saleté. Sauf que, face au surmenage, elle a pété. Et ça surmenace les paillettes de la fête.

Alors, forcément, l’union fait la force et les joyeux drilles, il est vrai un peu paniqués, font comme ils ont toujours fait : ils réparent, ils font parler leur génie quitte à créer ou modifier les pièces dont ils ont besoin pour relancer l’engin.

Avec ce premier épisode, au format BD et carré, d’une tribu qui a le potentiel et la sympathie pour vivre d’autres aventures, Coline Sauvand réalise un album festif et inclusif, une ode à la joie et à l’imagination, à la création. Tout ne tombe pas tout cuit dans le bec, il faut faire tourner les méninges pour trouver son originalité et dépasser les épreuves. Cette histoire à tout ce qu’il faut, dans les émotions, la poésie et les célébrations des petites victoires, pour en donner le goût. D’ailleurs, au-delà de la dernière page, l’autrice lance deux défis aux lecteurs : retrouver des objets perdus et, à leur tour, se créer un déguisement totalement récup’.
On ne s’amuse bien qu’avec le coeur

Résumé de Le Cadeau par Le Diplodocus: Un petit dinosaure découvre un joli cadeau bien emballé sur son chemin. « Oh le joli cadeau ! C’est pour qui ? C’est pour moi ! » Mais plutôt que de se précipiter pour découvrir ce qu’il contient, il semble beaucoup plus intéressé par l’emballage. C’est vrai qu’un cadeau c’est super : le papier cadeau peut devenir une cape ou un cerf-volant, le ruban un serpent à dompter, et le carton ?! Un carton c’est vraiment trop génial ! Mais ça, si vous avez déjà été enfant, vous le savez sûrement.

On descend d’un cran sur l’échelle des âges. Voilà un album pour les plus petits. Marjorie Béal adapte d’ailleurs son style à ces premiers lecteurs, dans des paysages simples et multicolores, comme on peut les dessiner sur les ardoises magiques ou à la craie sur les pavés de la cour. Et au milieu des palmiers, de la végétation hirsute, un petit dinosaure vient de tomber sur un paquet plus gros que lui.


Emballage, ruban, carton, rien ne manque. Encore faut-il voir ce qu’il y a dedans? Mais l’heureux gâté s’attarde en chemin. Il fait durer le plaisir et se prend au jeu du déballage, se créant d’autres cadeaux, inattendus. Un cerf-volant, un lasso, un vêtement de super-héros… Quand on a un peu de jugeote, qu’on voit plus loin que les apparences, on peut s’amuser des heures… et délaisser le jouet tout fabriqué. De quoi décevoir celui qui l’a offert? Oh non, c’est beau quand la joie et la créativité dépassent l’objet. D’ailleurs, petit dinosaure est crevé après cette journée qu’il n’a pas vu passer. Un très joli petit album, avec des mots et des dessins d’enfants qui mettent de la magie.


À lire aux Éditions Le Diplodocus.

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