
Si de temps à autre, sur grand écran, le noble western tente de se faire sa place parmi les blockbusters faisant la part belle aux nouvelles et futures technologies (des super-héros, des robots…), comme cette année avec Viggo Mortensen ou Kevin Costner, le Neuvième Art lui continue de s’extasier de l’or que rapportent les histoires de cow-boys. Des plus traditionnelles au plus hybrides et inattendues.

West Fantasy : l’univers partagé le plus improbable mais frais!
Résumé du tome 1 de West Fantasy par Oxymore : Okaar Albericht, un nain chercheur d’or, sa mélancolie comme seule compagne, tombe sur un monolithe gigantesque, un artefact imprégné de magie au fond de sa mine. Lorsque sa main touche malencontreusement l’objet, il déclenche un événement à des milliers de lieues de là : l’homme en noir, nécromant maudit, sort de sa tombe, attiré comme un aimant par le totem et par les ténèbres qui rongent Okaar. Sur son passage, les morts se lèvent, formant une armée avide. Mais ce n’est pas tout ! Un chasseur de primes impitoyable, Kendal Jones, porté par une vengeance viscérale, en compagnie d’un gobelin croque-mort, se mettent en route vers cette fameuse mine d’or.
Quand on parle de cocktail inattendu, en voilà un qu’on ne nous avait jamais servi dans les saloons. Si, récemment, Nephillims confrontaient des cavaliers à des trolls, Jean-Luc Istin pousse les curseurs beaucoup plus loin chez les nouvelles Éditions Oxymore, lancées par Mourad Boudjellal (l’homme d’affaires qui a créé Soleil, sauvé Futuropolis et revient dans la danse, en rapatriant des grands noms de Delcourt, comme l’équipe de la collection Métamorphoses et Noctambule ou un peu de l’esprit Terres d’Arran – monde dans lequel s’intègre cette série).

D’ailleurs si la couverture de ce premier tome de West Fantasy vous dit quelque chose, la maquette est clairement une suite logique de celles des Elfes, Nains et autres Orcs et Gobelins: un ou des personnages en avant-plan, à une extrémité, et dans un jeu de profondeur, un décor fantasy et ancestral.

Comme nous le disions, JL Istin continue de créer et mixer des mondes à n’en plus finir. Cette fois, direction le Far-West avec un chasseur de primes humain, un croque-mort gobelin et un chercheur d’or nain. Ça promet. Chacun de son côté avant l’union face à un nécromancien terrible, à la tête de l’armée des morts.

Un peu d’Harry Potter, un peu de Tolkien, forcément beaucoup de western (et des titres de chapitres qui les citent) dans le décor et les rôles attribués à ce petit monde, et pourquoi pas un peu d’horreur. Sans oublier une chasse au trésor à laquelle pourrait se livrer un Indiana Jones. Voilà donc les ingrédients de ce premier tome de West Fantasy.


Si certains westerns en BD font le job en respectant les archétypes habituels, ni plus ni moins, force est de constater que ce début de sérle réussit magnifiquement ce mariage d’univers improbables. Si cette entrée en matière est un peu trop saucissonnée, force est de constater que Jean-Luc Istin et Bertrand Benoît (qui ont conçu l’univers dans lequel se placeront les quatre autres Totems prévus) y vont à fond. Pour caractériser les personnages et créatures, pour les lier avant qu’ils ne se connaissent, pour mettre en place des fausses pistes et la folle attraction qui entraîne tout ce beau monde vers le final, implacable, et dont nul ne sortira indemne. Avec toujours ce côté universel, humain et souvent cruel, amené dans la psychologie des personnages et les épreuves tellement injustes qu’ils peuvent subir. Et la surenchère guerrière dont sont friands les hommes.


Notons donc que chaque tome sera placé sous le signe d’un totem, ancestral et, dans ce premier tome, capable de réveiller des forces machiavéliques surpuissantes.
Petite preview de la suite :



Wild West : le train s’écrasera trois fois
Résumé du tome 4 de Wild West par Dupuis : Toujours sur la piste du « tueur-scalpeur », Wild Bill, Calamity Jane et Charlie Utter découvrent que le mystérieux meurtrier, enfant, a probablement été lui-même scalpé par des Indiens qui ont en outre assassiné ses parents… Pendant ce temps, Graham, employeur du trio et chef de l’Union Pacific, accueille les Buffalo Soldiers, soldats noirs qu’il a engagés pour protéger le chantier ferroviaire des raids indiens. Une minorité opprimée pour mater des Natives spoliés ? L’Amérique, terre de toutes les libertés, ne traite pas tous ses enfants de la même manière… Mais la situation va encore se complexifier lorsque les ouvriers du chemin de fer vont dynamiter un cimetière indien sacré…
La démystification de l’Amérique des cow-boys continue dans cette suite toujours très inspirée tant sur le plan des idées de Thierry Gloris que du dessin dément de Jacques Lamontagne.

Le cheval de fer rasera tout sur son passage, peu importe l’opposition. Encore que, un train, ça peut dérailler. Comme une calèche peut sauter. Jacques Lamontagne, dans les ambiances comme les actions, dans les trognes comme les vues d’ensemble (le drone n’existait pas, mais le souci du détail et de la perspective est vertigineux), est juste impressionnant.


En attendant que tous les rails soient placés, Wild Bill, Calamity Jane et Charlie Utter sont sur la piste d’un scalpeur en série. De la petite enquête discrète, dans les profondeurs et l’ombre, à la contamination et au concernement du monde qui l’entoure, voilà une fin de deuxième cycle explosive, inattendue et qui fait tellement de victimes collatérales. On reste choqué, scotché.







À lire aux Éditions Oxymore
À lire chez Dupuis.
