
Les voyages forment la jeunesse… et l’imaginaire. Avec Trésor, vous ne croirez pas si bien dire. Voilà une première bande dessinée, tant du scénariste Jean-Baptiste Saurel que de la dessinatrice Pauline De La Provôté, qui hisse la grand-voile et entraîne une bande de Goonies, façon pirates, dans une aventure très rocambolesque et rythmée. Mais attention aux créatures étranges et aux cyborgs!
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Résumé de Trésor par les Éditions Dupuis : Brigantin, le vieux navire de la mère de Trésor, reste à quai. Tout comme son père d’ailleurs, échoué dans ses souvenirs et ses regrets depuis que sa femme, réputée grande baroudeuse, a disparu. Tout cela n’empêche pas le petit garçon de 9 ans de jouer aux pirates avec ses potes Dico, Yav, et Noisette sur le vénérable bateau. Jusqu’au jour où Gaspard Pivoleux, un collectionneur bien louche, oblige le père de Trésor à lui vendre Brigantin… Révolté, et très attaché au seul souvenir qui lui reste de sa maman, Trésor décide d’embarquer avec son équipage et de mettre les voiles vers une incroyable chasse au trésor… Mais Pivoleux, qui semble avoir un plan secret concernant Brigantin, ne l’entend peut-être pas de cette oreille…
Trésor! Prenez le terme des deux manières. Comme nom propre d’abord, puisque c’est le prénom du petit bonhomme qui va prendre la barre de cette aventure haute en couleur. Comme nom commun ensuite, parce que c’est à la poursuite d’un trésor, assez ambigu et semblant aussi intéresser des adultes, quitte à réveiller leurs mauvaises intentions, que se lance notre équipée de jeunes premiers.


Tout commence pourtant sur la terre ferme, sur le plancher des vaches et du Brigantin. Un rafiot qui n’a plus vu l’horizon depuis trop longtemps. Tout d’un coup, une planche craque. Plus de peur que de mal, mais la découverte d’une pièce secrète… qui ne semble rien receler d’extravagant, cela dit. Sauf que ça donne à Trésor l’envie de créer une carte au trésor. De toutes pièces, avec des embûches comme seul un gamin de neuf ans peut en inventer. Et y faire croire dur comme fer à ses trois amis. Trésor peut compter sur eux pour donner du sens à son prénom. Moins sur sa mère, disparue des radars, et sur son père, réfugié dans son bureau. Peut-être même en train de vendre Brigantin à de drôles de types. Il n’en est pas question.


La carte en mains, la révolte insouciante dans la tête, Trésor et son trio partent à l’aventure. Pour de faux? Non, non, larguez les amarres, la carte tracée sans perspectives réalistes… va se révéler exacte, plus vraie que nature. Et les monstres bien réels, si pas plus inattendus (d’autant plus que les auteurs jouent sur la suggestion). Puis, il semblerait que le dessin de Trésor ait rendu le monde tout autour, complètement fou. Son père se prenant pour un pirate tandis qu’une aventurière sortie d’on ne sait où rejoint nos aventuriers en herbe.

Si l’on peut reprocher aux auteurs des conclusions trop abruptes… pour dire qu’il faudra attendre le prochain tome pour avoir la suite – c’est un peu frustrant – force est de constater que ces deux premiers tomes se tiennent. Graphiquement, nos nouveaux héros pourraient être cousins des personnages de William Maury (Les Sisters, TiZombi). Un air de ressemblance qui n’est pas déroutant. Armée d’un dessin intrépide, plein de vie et riche, Pauline De La Provôté se fait aussi remarquer par ses couleurs (jusque dans les bulles et le texte), son découpage survitaminé, un bruitage dantesque et l’action qui jaillit de partout. Le lecteur, lui, ne perd pas son temps, il est tenu en haleine. En 142 planches publiées à ce jour, au format traditionnel, c’est un récit consistant et intense que proposent les deux auteurs. Au-delà des effets de déjà-vu inhérents à ce genre d’histoire, ils trouvent leur voie, leurs marques, en appelant à un peu de magie et de creusage de méninges, et envoient du lourd, sabre de bois!

À lire chez Dupuis.
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