Une tranche de vie où romance et destin se racontent autour d’une promenade culinaire dans un Pékin enneigé, pour un dernier soir, par la magie de Golo Zhao

Après La plus belle couleur du monde, Golo Zhao offre une nouvelle tranche de vie amoureuse, habitée d’une tendre mélancolie.

Résumé d’Un dernier soir à Pékin: Originaire d’une petite ville industrielle du nord-ouest de la Chine, He Liu habite aujourd’hui la capitale. Alors qu’un manteau de neige recouvre la mégalopole, le jeune homme s’apprête à passer une soirée en compagnie de sa petite amie. C’est une virée à deux semblable à une longue promenade à travers les rues animées de Pékin et leurs comptoirs alléchants. Chaque étape culinaire de leur déambulation sera l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le passé de Liu. Quatre flash-back se dessinent; une soirée inoubliable, propice aux confidences et aux prises de décision…

Je ne vais pas vous parler de l’auteur car lors de ma chronique de La plus belle couleur du monde, je l’ai déjà fait. Je vous invite donc à la relire si vous voulez en savoir plus sur ce manhujia (dessinateur de BD chinoise) de grand talent.

Encore une fois, Golo Zhao nous impressionne et nous fait voyager dans nos souvenirs et dans nos émotions. Cette fois-ci, nous naviguons entre petits plats mijotés et tendre mélancolie. C’est comme une crème fouettée flirtant entre la légèreté et l’acidité lactée. C’est réconfortant, chaleureux et sentimental.

On connaissait déjà toute l’étendue de la palette graphique du manhuajia mais il nous bluffe encore une fois. Jouant entre plans large, expressions faciales, flous ou encore décors hyper détaillés, Golo nous régale. Par un découpage engagé, proche de la photo, il nous fait voyager entre vues à la première ou à la troisième personne. Ce qui implique volontairement le lecteur et lui fait ressentir les émotions de Liu ou de ses camarades. La vision de l’action n’est plus unilatérale mais multifocale. Comme si on regardait dans un prisme la vie des différents protagonistes. Golo Zhao structure la pensée de Liu et ses sentiments par un dessin très réaliste. Il n’y a aucune ambiguïté de compréhension même avec les nombreux changements temporels ou géographiques.

En mariant le goût aux souvenirs, l’auteur fait appelle à nos propres madeleine de Proust. Qui n’a pas le souvenir des plats mijotés de sa grand-mère, le premier restaurant partagé avec sa petite amie ou bien le goût de son premier baiser. Ce sont tous ces marqueurs que l’auteur fait ressortir. Comme si il sortait des ces boîtes à épices, de grains de joie, un soupçon de tristesse ou une branche d’amour. Il élabore son récit à la manière d’un Bocuse. Pendant la lecture, on est littéralement assailli par nos propre souvenirs.

Une nouvelle fois, Golo Zhao me touche et me déstabilise en me rappelant des souvenirs doux/amers de mon passé. Il me touche également par sa qualité graphique. Elle est d’autant plus belle qu’elle jouit d’une impression irréprochable et d’un grand format permettant de l’apprécier à sa juste valeur. Merci aux Editions Glénat de nous proposer les ouvrages de cet auteur et pour le soin qu’elles y apportent. Vivement le prochain.

Titre: Un dernier soir à Pékin

Scénariste: Golo Zhao

Dessin: Golo Zhao

Couleurs: Golo Zhao

Genre: Slice of life/manhuama/Roman graphique

Traduction: Alice Touch et Nube & Co

Éditeur: Glénat

Pages: 256

Prix: 22,50€

Date de sortie: le 20/06/2022

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