La gazette du BIFFF #1: une dystopie poisseuse et sombre en soirée d’ouverture, une parodie de films d’horreur teintée 80’s,des cadavres assassins qui s’en donnent à coeur joie, des sosies d’Elvis et Bowie bien mal embarqués, et un tueur coréen qui dégomme plus que John Wick en trois film. Le Bifff est sur les rails !

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le cœur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, avec La Gazette du BIFFF je vous dis tout sur le 40e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Ca y est c’est parti, le Bifff a ouvert ses portes ce lundi dans son nouveau lieu d’accueil, le Palais 10 du Heysel. Pas simple de ramener du monde après la pandémie du covid, les gens ont changé leurs habitudes, et puis il y a aussi ce changement de dates exceptionnel qui coïncide avec la rentrée estudiantine et la fin des vacances d’été.

Pas simple donc de trouver ses marques dans ce contexte de nouveautés, que ce soit pour les bénévoles, les spectateurs ou la presse. Une certaine confusion régnait donc parfois au Bifff durant ce premier jour, mais tout ça va s’arranger au fil du temps, laissons à chacun le temps de s’adapter. L’endroit est grand, spacieux, et les salles de projection agréables. Mention très bien donc pour ce premier contact avec le nouveau lieu.

Venons en maintenant à la soirée d’ouverture.

Après le discours d’usage de Guy Delmote, visiblement plus qu’heureux de retrouver son fidèle public, et la projection d’une rétrospective des 40 ans du BIFFF avec images d’archives et d’invités prestigieux, c’est John Mc Tiernan ( Predator, Die Hard) qui a coupé le ruban et a déclaré la 40ème édition du festival ouverte. Une Masterclass lui sera consacrée le 01/09 ainsi qu’une projection de son classique Predator le 2/09 à 18h30 au Ciné 1.

Bonne nouvelle aussi pour cette soirée d’ouverture, la salle est quasi pleine ce qui est de très bon augure pour la suite des événements. Malheureusement les organisateurs vont devoir faire face à un problème technique de son lors du début de la projection, avec un grésillement permanent dans les diffuseurs qui les forcera à faire trois tentatives infructueuses avant d’inviter le public à quitter la salle et à aller boire le verre de bienvenue de la cuvée des Trolls avant la projection plutôt qu’après comme c’était prévu initialement. J’imagine le stress des techniciens et des organisateurs dans ces moments difficiles ! Mais heureusement, la Troll a été bénéfique car la projection a enfin pu avoir lieu dans de bonnes conditions sur le coup de 21h50.

Et le film dans tout ça?

Ciné 1 : Vesper ( Soirée d’ouverture)

Malgré les avertissements sans fin des scientifiques, toutes les tentatives pathétiques pour sauver notre planète ont échoué. Notre écosystème s’est effondré et avec lui, les structures de la société. Beaucoup de gens ont péri, les puissants ont fui dans des citadelles high-tech emmurées, qui maintiennent artificiellement une illusion de civilisation. Le reste de l’humanité s’attarde comme des animaux sauvages dans un terrain vague toxique où rien ne pousse, à l’exception de la cruauté humaine qui semble se répandre comme une traînée de poudre. Vesper, une jeune fille de 13 ans, vit seule avec son père grabataire et mourant qui peut communiquer avec elle par le biais d’un drone débraillé. Oh, elle a aussi un autre membre de la famille. Son oncle Jonas, superbe enfoiré, a créé une communauté d’enfants esclaves qui lui fournissent du sang à échanger avec les Citadelles contre des graines. Des graines ! Un bien rare mais, malheureusement, stérile. Zéro fruit comestible… Sauf que Vesper est ceinture noire en bio-ingénierie, et lorsqu’elle tombe sur une femme de la Citadelle, qui s’est écrasée hors des murs, elle entrevoit son aller simple pour sortir de cet enfer…

Vesper est un film qui ne fera pas l’unanimité. Soit on accroche et on adore, soit on déteste. Sans aller jusqu’à le détester j’avoue faire partie de la deuxième catégorie car je n’ai pas du tout été emballé par ce film franco-belgo-lithuanien que j’ai trouvé fort lent, parfois contemplatif et déprimant. On est ici dans un univers sombre, poisseux, difficile, où la survie est devenu la préoccupation principale. Certains trouveront le film poétique dans sa conception, c’est une question de ressenti personnel, mais l’interprétation excellente d’ailleurs de la jeune actrice Raffiella Chapman, ne sauve pas le film de l’ennui ni de certaines scènes assez dispensables. Quelques effets gore bien dégueu pimentent le film par ci par là, mais ne sauvent pas le spectateur d’une certaine lassitude qui s’installe au long de la vision de ce métrage. J’ai vu des gens quitter la salle. Un bon point tout de même, la musique du film qui est assez réussie.

Attention techniquement le film est bien réalisé, mais je n’ai pas du tout été convaincu ni par l’histoire finalement assez conventionnelle, ni par une fin assez bâclée où on se dit tout ça pour ça !

Note: 11,5/20

 

 

 

 

 

Année 2022
Réalisateur Kristina Buozyte & Bruno Samper
Casting Raffiella Chapman,
Eddie Marsan & Rosy McEwen
Distributeur The Searchers / 10.80 Films
Genre aventuredystopiascience-fiction
Audience ENA
Durée 110′
Pays Lithuania / France / Belgium
Audio Anglais
Sous-Titres FR / NL
Première Belgian
Production 10.80 Films
World Sales Anton
Compétition International

Scare Package au Ciné 1 à 14h00 (30/08)

 

Voilà 7 petits malins qui dépassent enfin le concept de l’anthologie, en s’octroyant chacun un sous-genre de l’horreur pour en dévoyer tous les lieux communs et les clichés habituels : la « final girl » qui n’a pas l’air d’être vierge, le tueur qui refuse de mourir, des loups garous misogynes, des campeurs en péril… Tous les trope caricaturaux passent dans une lessiveuse à double dose de gore et d’humour, en laissant le politiquement correct sur la touche !

Nous sommes mardi et on attaque le premier jour du festival avec Scare Package projeté au Ciné 1 à 14h. Je n’attendais pas grand chose de Scare Package, divertissement horrifique qui constitue un gros clin-d’oeil à la production des  films d’horreur des années 80 et totalement orienté BIFFF. Après vision mon sentiment s’est confirmé. Le film démarre par quelques séquences assez jubilatoires et parodiques tendance série B, voire série Z, mais s’essouffle rapidement sur la longueur avec des histoires inégales beaucoup moins réussies, et le temps nous semble long.

Dans l’ensemble on tient là un petit film pop corn qui nous fait passer un moment distrayant mais qu’on oubliera très vite. Scare Package 2 sera proposé au BIFFF en fin de festival, espérons que le niveau se relève un peu dans ce nouvel effort, mais rien n’est moins sûr.

Note : 11/20

Année 2019
Réalisateur Emily Hagins, Chris McInroy, Noah Segan, Courtney & Hillary Andujar, Anthony Cousins, Baron Vaughn & Aaron B. Koontz
Casting Toni Trucks,
Joe Bob Briggs,
Dustin Rhodes,
Chase Williamson,
Baron Vaughn,
Noah Segan,
Zoe Graham,
Johnathan Fernandez,
Gabrielle Maiden,
Jocelyn DeBoer & Jeremy King
Distributeur MPI Media Group
Genre black comedyhorreur
Audience ENA
Durée 102′
Pays USA

Toujours au Ciné 1 j’enchaine avec The Cursed, Dead Man’s Prey projeté à 16h30 ( 30/08)

À première vue, la scène de crime a tout de l’affaire idéale pour les plus grosses feignasses du commissariat : le cadavre de la victime d’un côté, et celui de son assassin de l’autre. Ne reste plus qu’à trouver un mobile, on emballe l’affaire et on l’envoie avec un joli nœud cadeau gonfler les statistiques élogieuses de la police. Sauf qu’un détail troublant chiffonne les enquêteurs : après analyses, il apparaît que le corps du meurtrier en question aurait rendu son dernier souffle il y a au moins trois mois… Au même moment, en plein direct, la journaliste Jin-hee reçoit l’appel d’un auditeur qui avoue être l’auteur du meurtre. Mieux encore, il lui propose une interview exclusive avec la promesse d’un grand déballage médiatique. Le jour J, le suspect arrive pépère dans un immeuble cerné par au moins 50 flics et se paie son quart d’heure de gloire face caméra : il a non seulement prévu trois autres meurtres, mais il donne aussi les noms des futurs trépassés, la date de leur trépassement et l’outil de leur trépassage (osons, osons), à savoir une armée de morts-vivants, avant de disparaître lui-même dans une pluie de cendres. 

Ce film sud coréen constitue un bon ticket. Cette histoire étonnante et mystérieuse de cadavres tueurs relève par son originalité l’esprit d’un thriller rondement mené. Les acteurs sont convaincants, et l’histoire moulée dans la magie noire et le chamanisme se laisse voir avec plaisir même si ce n’est pas non plus le thriller de l’année.

Un film efficace qui fait le job, et que je vous recommande si vous aimez les thrillers issus du cinéma coréen.

Sympa.

Note : 13/20

Année 2021
Réalisateur Yong-wan Kim
Casting Ji-won Uhm,
Ji-so Jeong,
Moon-sung Jeong ,
In-kwon Kim & Kyu-pil Ko
Distributeur CJ Entertainement
Genre actionfantasyhorreur
Audience ENA
Durée 110′
Pays South Korea / UK
Audio Coréen

Direction le Ciné 2 pour assister à la vision de The Black Square à 19h00 (30/08)

Vincent et le jeune Niels sont les voleurs d’art les plus heureux de la terre. Ils ont réussi à dérober le fameux Carré Noir de Kasimir Malevitch, considéré comme un chef-d’œuvre de l’avant-garde russe. La suite du plan relève aussi d’une mécanique de génie : ils doivent refourguer l’œuvre à un client sur un bateau de croisière, récupérer les 60 millions d’euros de la vente et se barrer fissa avec le pognon. Du caviar, en somme… Sauf que leur complice, supposé leur amener de faux passeports ainsi que les billets pour ladite croisière, a soudainement un truc sur le feu qui sonne à la porte. Nos deux escrocs n’ont alors pas d’autre choix que de voler l’identité et les bagages de deux autres passagers qu’ils vont, disons, endormir à leur insu. Un coup de sueur et profil bas désormais, qu’ils se disent en gagnant leur cabine. Mais c’est loin d’être gagné, car leurs victimes sont les sosies vocaux d’Elvis et de Bowie, période Ziggy Stardust, et ils sont supposés mettre le feu sur le ponton pendant toute la croisière. Du caviar, donc…

Ce premier long-métrage de l’autodidacte Peter Meister est une vraie réussite ! L’intrigue  totalement folle fait de cette comédie noire un petit bijou scénaristique dont on se régale au fil des minutes. On se dit que ce film allemand aurait tout aussi bien pu être réalisé par Billy Wilder ou Charles Crichton, car l’humour qu’il dégage lorgne méchamment vers des comédies américaines emblématiques comme Some like it hot ou A Fish called Wanda.

Les comédiens sont formidables et on rit beaucoup de leurs aventures rocambolesques qui se déroulent à un rythme effréné.

Mon premier coup de coeur du BIFFF !

Note : 15/20

Année 2021
Réalisateur Peter Meister
Casting Snadra Hüller,
Bernhard Schütz & Jacob Matschenz
Distributeur Picture Tree International
Genre black comedycrime
Audience ENA
Durée 105′
Pays Allemagne

Retour au Ciné 1 pour terminer ma sélection de la journée avec THE KILLER projeté à 22h30 (30/08)

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour faire plaisir à sa femme, hein ? Ui-gang en est l’exemple parfait: alors que sa moitié part deux semaines en vacances avec une copine, il accepte de faire du baby-sitting pour l’adolescente de ladite copine. Bon, ça ne l’emballe pas des masses, tout comme la jeune fille en question d’ailleurs, mais dix jours, ça passe vite. Enfin, quand tout va bien… Car, un kidnapping plus tard, Ui-gang est officiellement dans la merde. Contraint et forcé de reprendre ses mauvaise habitudes, notre bonhomme va se la jouer comme l’autre tueur outre-atlantique qui a perdu son chien, remonter toute la filière de salopards derrière cet enlèvement, empiler tranquillou les cadavres comme une pile de bouquins, éviter les appels répétés de sa dulcinée, et massacrer l’équivalent de la population du Liechtenstein avant la fin des vacances…

Excellent film d’action jubilatoire, The Killer envoie John Wick dans les cordes par la maîtrise de ses scènes d’action et le charisme énorme de son personnage principal incarné par l’excellent Jang Hyuk . Ce film se déroule à mille à l’heure, et dès les premiers plans on est au parfum, ça va dégommer grave ! J‘ai réellement adoré ce métrage de genre qui enchaine les scènes d’action et les punchlines d’humour noir d’une efficacité redoutable avec un réel bonheur. La relation entre l’ado qui n’en fait qu’à sa tête et son « baby sitter » musclé est jouissive, et la réalisation totalement percutante. Il n’y a plus qu’à espérer une sortie en salle, sur les plateformes genre Netflix et (ou) en blu-ray pour pouvoir le revisionner encore et encore, histoire de multiplier le plaisir sans fin. Un must du film d’action !

Note : 17/20

Année 2022
Réalisateur Jae-hoon Choi
Casting Jang Hyuk,
Seo-young Lee & Eun-jung Bang
Distributeur Splendid Film
Genre actionthriller
Audience ENA
Durée 95′
Pays Corée du Sud

Et voilà c’est fini pour cette fois, rendez vous très bientôt sur Branchés Culture ici même pour une prochaine Gazette du BIFFF.

Et en attendant : Bon film ! Goede film !

Jean-Pierre Vanderlinden

 

 

 

 

 

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