Confettis de haute volée: 10 artistes transcendent ce petit bout de papier pour l’emmener dans une sphère beaucoup plus vaste

« Le confetti, c’est le très petit qui sera signe de construction ou de déconstruction, l’affirmation d’une singularité ou la disparition dans un tout. Le jeu est là, infini. » Venez à la rencontre de ces artistes maîtrisant la structure éphémère du papier pour en faire des oeuvres immortelles et intemporelles.

Initialement, cette expo était prévue pour le 100e anniversaire du Corso de Jambes, mais le coronavirus est passé par là. Malgré ce contre-temps, la vitrine se dévoile enfin à la Galerie DETOUR, Avenue Jean Materne à Jambes. Un collectif s’est réuni autour de cet objet unique et pourtant multiplié à l’infini qu’est le confetti.

Dans les pièces, je retrouve un artiste pour lequel j’ai beaucoup d’admiration et dont je vous ai déjà parlé: Bernard Boigelot. Il est accompagné par 9 créatifs dont un est malheureusement disparu, Jean-Michel Lourdelle (Alias Thomas). Tous ces artistes utilisent, dans leurs oeuvres, la petite rondelle de papier, sa forme pleine ou vide (le trou laissé par la perforation). Soit un beau terrain de jeu.

Chaque technique employée est non seulement maîtrisée mais également poussée à son extrême.

Entre autres, le visiteur trouvera de la sérigraphie, de la broderie, de la peinture ou du collage. Ces virtuoses plasticiens emmènent ce petit cercle de papier coloré, banal même, dans des expressions artistiques de haute volée. Rien n’est laissé au hasard !

Mais ce qui nous frappe le plus est la notion du temps! Les artistes transforment cette particule éphémère en une oeuvre intemporelle. On ne constate aucune lassitude chez les créateurs, ni de précipitation dans leur conception. Comme si le cours du temps avait été suspendu. C’est d’ailleurs ce que m’ont confié certains artistes durant notre rencontre: une fois rentrés dans leur bulle créative, ils considèrent toutes les actions comme n’étant plus chronophages mais plutôt des moments de plénitude et d’apaisement.

Un confetti ne pèse pas lourd, ne coûte pas grand-chose et ne résiste à rien. Voila pour moi toute la symbolique de cette exposition. Je pense que ces créatifs ont compris que pour être heureux, il faut prendre « son temps ». Pas d’oisiveté, non, mais simplement prendre le temps de faire ce que l’on veut, ce dont on a besoin. Profiter des choses simples qui nous entourent même si elles sont éphémères. C’est bien plus qu’une exposition, c’est de l’art de vivre.

C ercle multicolore composé de matières éphémères tu nous

O uvres le monde de la fête et de l’amusement.

N aturellement tu as conquis ces artistes et ils ont réussi à t’apprivoiser

F ormant un ensemble d’oeuvres où le

T emps semble avoir été suspendu, mais

T oujours en gardant la meilleure partie de toi, ton

I ncroyable légèreté.

S ourires et souvenirs seront au rendez-vous, que la fête commence!

Emmanuel DUNDIC, sa matière et support de prédilection est le puzzle. Les assembler puis les coller les uns aux autres pour amener volume et rigidité. Notre artiste ponce, arrache et décompose pour créer une oeuvre profonde et touchante. Les paysages campagnards ou des animaux débonnaires souvent « kitsch » et désuets se métamorphosent pour nous montrer leur côté contemporain et moderne.

Isabelle Grevisse nous amène la douceur et le volume. Elle matérialise ses oeuvres en enfilant un à un les confettis pour ensuite les broder sur des anneaux. Elle joue sur les couleurs et les dimensions.

Bernard Boigelot, en retravaillant sa technique et en se réinventant sans cesse, parvient à marier son art postal, timbré, au confetti. Après avoir collé de petits cercles de papier pour créer le volume, il vient imprimer l’ensemble et forme un timbre parfait.

Emmanuel Kervyn travaille sur différents support mais une oeuvre a retenu mon attention (voir photo). L’artiste a travaillé une plaque de plomb en lui donnant des ondulations et des perforations orientées. En attirant la lumière sur ses déformations, il crée des tonalités de couleurs différentes et il me rappelle mon artiste fétiche, Pierre Soulage.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été littéralement conquis et captivé par cette exposition et par ces artistes. Touchants, innovants, ils parviennent à montrer toutes leur technicité en gardant humilité et envie de partage. N’hésitez pas à aller à leur rencontre et j’espère que vous aurez autant d’émotions que celles qu’ils m’ont procurées.

Merci aux artistes.

Galerie DETOUR: Avenue Bourgmestre Jean Materne, 166 5100 Jambes

La Galerie est ouverte du mardi au vendredi de 12h30 à 17h30 et le samedi de 14h à 18h (fermée le 21 juillet) Tél. +32(0) 81 24 64 43

Info@galeriedetour.be  http://www.galeriedetour.be

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