Double dose de Conan et de monstres impitoyables, dans un désert assoiffant ou des souterrains lugubres

© Blondel/Sécher chez Glénat

Les éditions Glénat, sous l’expertise du référent Patrice Louinet, continuent trimestre après trimestre de plonger les amoureux d’aventure et de fantasy dans l’âge hyborien. Celui de Conan, ses amis d’un temps et ses ennemis de toujours, entre guerres crues et réalistes et combats démesurés, fantastico-oniriques. La preuve avec deux albums très différents mais tout aussi spectaculaires. L’heure du dragon par Julien Blondel et Valentin Sécher et Xuthal la crépusculaire par Christophe Bec et Stevan Subic. La saga, à nouveau adaptée, ne s’essouffle pas.

© Bec/Subic chez Glénat

L’heure du dragon, même aux oubliettes, Conan entend marquer les esprits

© Blondel/Sécher chez Glénat

Résumé de l’éditeur : Sous les voûtes funèbres du mausolée de l’antique et cruel Empereur Xaltotun de Python, trois hommes dévorés par l’ambition viennent offrir au corps inerte du défunt souverain le cœur d’Ahriman, source d’immortalité qui lui appartenait jadis et ne lui fut retiré qu’au prix de sa vie. En échange de cette offrande, les trois hommes ne réclament qu’une chose : le monde. Or, il n’existe qu’un seul être capable de leur barrer la route, un cimmérien s’étant emparé du trône d’Aquilonie : Conan. C’est au creux de la plaine de Valkia que les armées de Conan et de Xaltotun vont s’affronter. Menés par leur chef, les soldats du Cimmérien croient jusqu’au bout à leur victoire avant de faillir devant la puissance des incantations de Xaltotun. Dans sa chute, Conan entend les cris de ses frères d’armes et reprend ses esprits dans les geôles de l’ennemi… Mais même tombé aussi bas, même témoin de l’incommensurable force de l’ennemi, Conan se relèvera.

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Conan paralysé sur le champ de bataille, incapable de soulever son glaive. Il faut le voir pour le croire. L’heure est grave, la démesure combative de Conan ne serait pas de trop pour donner le coup de rein qui permettrait à son armée de sortir victorieuse de ce champ de bataille enlisé. Mais, Conan n’est pas au rendez-vous, entravé par un sortilège qui va faire de lui un vaincu, un roi déchu, un prisonnier condamné à l’oubli. Fier, le magicien aurait bien fait de ne pas relâcher l’étreinte de son sort, car Conan n’est jamais à bout de ressources.

© Blondel/Sécher chez Glénat
© Blondel/Sécher chez Glénat

Et comme rien ne peut lui faire peur, même pas l’espèce de fils de yéti et de King Kong qui empêchait toute évasion des geôles. Et Conan revient à la surface, prenant la poussière ou la mer (avec ses corsaires) pour trouver son chemin dans le panier de crabes dont il émerge. Goût de l’exotisme en prime, c’est sans doute le plus anglophile des Conan que proposait avec ce récit Robert E. Howard, tant on trouve des traces de la légende arthurienne, du Sir Nigel de Conan Doyle mais aussi et surtout une épaisseur tragique shakespearienne. Entre les messes basses, les bruits de couloirs, les plans sur la comète et les complots, les envieux font et défont le pouvoir, dans des affrontements avec des mots mais aussi avec des armes.

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Le dragon reste une chimère, une vue de l’esprit, mais dans le pouvoir incroyable de Valentin Sécher sa puissance de feu et de froid est bien au rendez-vous. On est soufflés.

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Xuthal la crépusculaire: un kaiju XXL et une ombre que le Cimmérien aurait préféré être un mirage

© Bec/Subic chez Glénat

Résumé de l’éditeur : Perdu dans l’infini d’un désert de sable, Conan avance accompagné de Natala, une esclave à la beauté sauvage. Les réserves d’eau et de nourriture sont dorénavant épuisées et sous ce soleil de plomb, cela ne signifie qu’une chose : la mort. Tandis que les dernières forces de Natala l’abandonnent progressivement, Conan aperçoit au loin, vers le sud, une cité aux allures de mirage. C’est Xuthal. À cet instant, elle symbolise la vie et le salut aux yeux des deux amants, mais en pénétrant dans sa cour intérieure, le vide et le silence qui y règnent laissent présager du pire. Sur le sol, seul le corps d’un homme gît, froid et abandonné. Sans le savoir, Conan et Natala viennent de s’engouffrer dans la gueule d’un loup à la forme innommable : Thog, dieu de la mystérieuse et imposante forteresse.

Conan le Cimmérien – Xuthal la Crépusculaire © Bec/Subic

Sous le chiffre du malheur (qui leur a d’ailleurs valu de longs mois de report de cet album), Bec et Subic livrent le treizième album de cette collection luxueuse ne fût-ce que par les auteurs qui la peuplent. Le récit le plus horrifiant et le plus érotique de la série. D’un désert assoiffant à une cité pleine d’ombres sanguinaires, le spectacle est total, âpre et jusqu’au-boutiste, dans les pas de Conan et sa protégée, Natala.

Conan le Cimmérien – Xuthal la Crépusculaire © Bec/Subic

Croyant trouver refuge dans une cité désertée, les deux comparses déshydratés vont peut-être trouver de l’eau, dans cette corne d’abondance qui semble ne servir à personne, mais y perdre leur âme, leur vie. Les habitants n’ont en effet pas quitté Xuthal, ils y sont endormis, au creux de rêves inavouables et espérant échapper au cauchemar. Car une ombre se balade, ici, et jette, à intervalles réguliers, son dévolu sur une victime pour se rassasier. Cette cité jusque-là accueillante est un piège innommable, dont on ne ressort pas indemne. Il y a ces espèces de ninjas qui déboulent sur notre héros, puis il y a ce kaiju XXL que Subic rend terrifiant et dantesque.

© Bec/Subic chez Glénat

Les deux auteurs (déjà vus à l’oeuvre sur Tarzan) montent en puissance et réussissent là l’album le plus tripant de ce Conan du XXIe siècle. Quelque part entre Mignola et Miller, le Serbe livre un divertissement tortueux et impeccable, bénéficiant d’un surdécoupage original et utile à rendre la lecture intense, magnétique et vénéneuse.

© Bec/Subic chez Glénat

Série : Conan le Cimmérien

D’après l’univers et les nouvelles de Robert E. Howard

Récit complet

Tome : 12 – L’heure du dragon

Scénario : Julien Blondel

Dessin et couleurs : Valentin Sécher

Genre : Aventure, Fantastique, Guerre, Horreur

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages : 88

Prix : 17,50€

Date de sortie : le 01/12/2021 (version en noir et blanc disponible à 35€)

Extraits : 

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Série : Conan le Cimmérien

D’après l’univers et les nouvelles de Robert E. Howard

Récit complet

Tome : 13 – Xuthal la crépusculaire

Scénario : Christophe Bec

Dessin et couleurs : Stevan Subic

Genre : Fantastique, Horreur

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages : 72

Prix : 15,50 €

Date de sortie : le 26/01/2022 (version en noir et blanc disponible à 29,50€)

Extraits : 

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