De Sherlock et Vidocq à Jules Verne, Eugénie a sauvé la statue de la liberté et même la ville-lumière !

Le passé a de l’avenir. Alors que Lord Harold fait résonner ses pas d’investigateur en herbe sur les pavés du Londres victorien, le vent d’Ouest (département éditorial de Glénat qui aime souffler l’aventure avec beaucoup de savoir-faire) défrise aussi un peu plus à l’est. Ainsi, Paris n’est pas en reste puisqu’une nouvelle aventurière de la vie en devenir est apparue : Eugénie. Avec du tempérament pour se faire sa place, avec panache et un brin d’esprit d’initiative, dans une ville-lumière qui recèle aussi de l’obscurité. Même sous ses plus grandes promesses.

© Summer/Gambino/Hamilton chez Vents d’Ouest

Résumé de l’éditeur : Paris, Février 1885. Abandonnée par sa mère, Eugénie vit depuis toute petite avec son oncle Edmond. Policier sans véritable talent, ce grand et gentil monsieur réalise vite les incroyables capacités de déduction de sa nièce et n’hésite pas à s’en servir au cours de ses investigations. Mais ça ne suffit pas à Eugénie ! Et puisqu’à 13 ans, on n’a pas encore le droit de devenir détective, elle crée « La Confrérie de Vidocq » avec ses amis Charles, un orphelin sans-abri et Arthur, un apprenti-vitrier maltraité par son père. Ce club, inspiré par les lectures policières d’Eugénie, a pour but de résoudre mystères et énigmes dans les coins et recoins de Paris. D’ailleurs, ça tombe à pic ! Car, après que la statue de la liberté ait été une première fois construite au centre de Paris, puis démontée pour être envoyée en cadeau aux États-Unis, quelques malveillants personnages sont parvenus à subtiliser les caisses l’acheminant vers le bateau en partance pour New-York. Tandis qu’Edmond peine à dénicher des indices et que les Américains envoient sur place un de leurs agents, les trois amis se lancent tête baissée dans cette dangereuse affaire qui leur réserve bien des surprises.

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Dès le départ, face aux dessins de Miriam Gambino (dont c’est a priori le premier album BD en français) on a l’impression d’un dessin animé en phase arrêtée. Si quelques séquences en manque, le dynamisme est bien là pour foncer, à pied, dans les rues de Paris, de la Seine à la gare, du centre-ville aux bas-fonds. Et tant qu’à parler de dessin animé, comme c’est de plus en plus la coutume, c’est un homme de cinéma que nous retrouvons au scénario de cet album.

© Gambino

Alors que sa plus belle réalisation à ce jour est Ballerina, qui prenait aussi pour décor Paris, Éric Summer a mis son grain de sel à la réalisation de beaucoup d’histoires télévisées, des séries (Commissaire Moulin, Profilage, Sous le Soleil) comme des unitaires. Eugénie et les Mystères de Paris est-il un projet qui ne s’est pas concrétisé sur écran ou la volonté d’explorer un nouveau genre ?

© Summer/Gambino/Hamilton chez Vents d’Ouest

Toujours est-il qu’avec des moyens et des effets spéciaux n’ayant comme limite que les aptitudes graphiques de Miriam Gambino, le scénariste nous entraîne, comme Lucky Luke il y a quelques années, sur la trace laissée par la Statue de la Liberté à Paris avant d’aller prendre place à New York. Forcément, cela nourrit les fantasmes, d’autant plus que sa présence en France correspond aussi à quelques autres Madeleine de Proust… ou de Verne. Car lui aussi est mêlé à cette sombre et étrange histoire, cette machination, que peut-être ces jeunes limiers de la Confrérie de Vidocq (Eugénie, rejointe par Charles et Arthur, qu’elle inspire de ces lectures policières) seront les seuls à pouvoir faire échouer.

© Summer/Gambino/Hamilton chez Vents d’Ouest

Car on ne se méfie pas des enfants et qu’ils peuvent se glisser dans les moindres recoins. Quitte parfois aussi à trouver d’autres passions que celle de sauver le monde, sans jamais hésiter à transcender ses peurs et son manque de courage. À trois, ces héros-là font la paire et nous entraînent dans un Paris mythique, avec de l’âme dans les décors et un divertissement basé sur des bons sentiments et assez artisanal.

© Summer/Gambino/Hamilton chez Vents d’Ouest

C’est gai des albums comme ça! Le début d’une longue série ? À voir si, entre faits historiques et culturels et liberté créatrice, les auteurs pourront se renouveler.  En tout cas, c’est aussi un formidable hommage aux livres qui, plus loin que le mot « fin », invite à l’aventure et à embrasser des vocations. Tout en étant conscient que le commun des mortels n’est pas aussi invulnérable que les Sherlock ou Vidocq.

© Summer/Gambino/Hamilton chez Vents d’Ouest

Sortie du second tome, Les Korrigans d’Austerlitz, le 27 octobre prochain.

Série : Eugénie et les mystères de Paris

Tome : 1 – On a volé la liberté

Scénario : Éric Summer

Dessin : Miriam Gambino

Couleurs : Piky Hamilton

Genre : Enquête, Jeunesse

Éditeur : Vents d’Ouest

Nbre de pages : 48

Prix : 14,50 €

Date de sortie : le 10/03/2021

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