De Charles à Suzane en passant par Claire Laffut et Raphaël : les Nuits solidaires en mode résistance à la pluie pour aller chercher l’arc-en-ciel

Après un jeudi qui, sur le tard, a trouvé son public malgré la qualité de sa programmation tour à tour engagée et dansante, les Nuits Solidaires (mini-version des Solidarités) ont pris leur rythme de croisière et attiré 7000 visiteurs, concerts payants et « quartier » gratuit confondus. Samedi et dimanche, Alice Delchambre a continué de capter ses moments live, de pur bonheur et qui s’étaient faits rares. Texte d’Alexis.

C’est vrai, le soleil aurait pu être plus abondant (c’est un euphémisme) mais les averses de pluie auraient aussi pu être plus nombreuses mais malgré la météo mi-figue mi-raisin, les artistes qui se sont relayés dans le superbe théâtre de verdure de Namur ont fait arc-en-ciel. Au figuré mais au sens propre d’abord, puisque; samedi, pendant sa prestation, Charles (alias Charlotte Foret) a eu la chance de voir un « rainbow » s’étendre du toit de la scène jusque derrière les arbres encadrant l’arène. Moment suspendu pour une artiste qui n’a pas manqué de passer d’un registre à l’autre, se la jouant piano-woman, jamesbondienne (plus loin que la seule reprise du No time to die de Billie Eilish qui avait contribué à son sacre lors de The Voice 2019) ou rock, mais a parfois manqué d’ardeur, fait preuve de timidité, pour prendre toute la place qu’elle méritait dans ce grand espace, malgré une voix effectivement en or.

Un peu plus tôt dans la journée, le folk de Winter Woods, servi par une jolie panoplie d’instruments et des voix chaudes et habitées, en anglais mais issues du cru namurois, a envoûté le public rassemblé pour l’occasion.

En dernière partie de soirée, l’artiste sans doute le plus attendu de ces quatre jours, Raphaël a fourni le meilleur concert que j’aie pu voir à ce jour. Lors d’une belle heure et demie de concert, en haute fidélité mais toujours en réinvention de ses titres les plus connus, Raphaël a noué complicité avec les « Solidaires », entre amour et feintes. Comme lors de ce running gag consacré à la dernière venue du chanteur de Peut-être a-t-il rêvé aux Solidarités. La présentatrice elle-même s’étant trompé, un spectateur dit que c’était il y a quatre ans. Raté, c’était trois mais Raphaël ne lui en veut pas « tu m’as peut-être confondu avec Alain Souchon? » Un(e) autre fan a tout de suite scandé son besoin d’entendre Caravane, et rien que cette chanson, animant à plusieurs reprises le spectacle. Le chanteur-guitariste-harmoniciste lui a d’abord répondu : « Je suis un professionnel, je la jouerai à la fin ». Éclat de rire général. Puis, l’individu revenant à la charge: « Je t’oublie pas. Promis, je te réveille quand c’est Caravane. » Ce qui a bien fini par arriver.

La caravane passe et le public flamboie, car outre ces moments humoristiques, le chanteur a assuré le show, sincère, puissant, bizarre aussi, comme il l’a dit et chanté, en hommage à Christophe. Un chanteur avec lequel on fait vite le rapprochement tant le quadra est un de ses fervents héritiers. De même qu’il l’est de Bowie et Bashung dont il a repris le titre Les Salines qu’il lui avait écrit et composé avant de l’oublier jusqu’à ce que, dix ans après la mort de l’autre grand B sorte l’album En Amont. Émotion. Puis, il y a eu aussi ce moment Daft Punk, vocoder, sur Maquillage bleu, du dernier album en date de Raphaël qui compte bon nombres de grandes chansons. Comme Personne n’a rien vu qui a ouvert ce concert fort, éblouissant.

La suite, le dimanche, je n’y ai pas assisté mais Chicos y Mendez a ouvert le bal avant que l’enfant du cru, Claire Laffut, illumine les visages des petits (encore plus au moment d’en inviter une sur scène) comme des grands. De rouge vêtue, les cheveux bleu, la Moustiéroise a présenté en avant-première un album dense, exotique et finement écrit qui devrait un peu plus faire exploser son grand talent pluridisciplinaire.

Suzane, elle, fut le feu d’artifice. Déjà venue il y a deux ans, toujours seule en scène mais avec l’énergie d’une armée, la jeune chanteuse s’est fait rappelée deux fois et s’est exécutée avec grand plaisir au coeur d’un spectacle total, avec des effets spéciaux qui ne tenaient qu’à elle et beaucoup de supplément d’âme.

Et voilà toutes les photos d’Alice sont là :

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