Atchoum, Pluto, Asadora…: les oeuvres de Naoki Urasawa, bien plus qu’un mangaka, un maître, un génie

En intégrant de la SF dans des « Gekiga », Naoki Urasawa permet aux lecteurs de s’interroger sur la condition humaine à travers des vecteurs peut conventionnels. Il se doit d’intégrer les meilleures bibliothèques.

Naoki Urasawa est un mangaka de génie. Très jeune, il découvre les oeuvres de Osamu Tezuka (en maternelle), il se met alors à dessiner. En intégrant la rédaction du journal de son école, il crée des mangas en 4 cases. Ce qui lui évite de devenir le souffre-douleur de certains de ces camarades. Il se consacre ensuite à la musique et abandonne momentanément l’écriture et le dessin. Il y revient lorsqu’il intègre la faculté de Lettres. Alors qu’il recherche un emploi, il postule dans une des plus grandes maisons d’édition du Japon: la Shogakukan. Là, ils sont tellement sous son charme qu’il décroche en 1982 le prix du meilleur jeune mangaka. Il sort des séries à succès telles que Monster, 20th Century Boy et Yawara. Ce dernier est un manga de sport qui met en avant le judo féminin. Naoki inspire tellement la jeunesse qu’on remarque un accroissement des affiliations à cet art martial. Le dessinateur décroche alos de nombreux prix que ce soit au Japon ou en Europe. Voici quelques références à posséder dans sa bibliothèque.

Atchoum!

Résumé: Huit histoires courtes de Naoki Urasawa sont compilées dans ce recueil récemment paru au Japon. Le volume est introduit par une définition toute personnelle de l’éternuement par l’auteur, ce qui explique aussi le titre incongru du recueil.

[Éternuement] : S’échappe de manière impromptue. Désigne les histoires courtes, par opposition aux histoires longues sérialisées. Déforme temporairement tout visage, même celui des plus belles femmes.

Les histoires courtes sont en somme, pour Urasawa, aussi éphémères qu’un éternuement ! Mais ne vous y trompez pas, on retrouve dans ces récits, quoique courts, tout le talent de conteur et de metteur en scène de Naoki Urasawa. Indispensable à tout fan pour découvrir l’auteur sous toutes ses facettes.

L’auteur nous montre tout ce dont son art est capable. Tant sur la qualité de son dessin très précis, réel, ou son sens du retournement de situation. Partant d’une scène du quotidien ou absurde, il en fait une histoire fantastique proche de la série « The Twilight Zone » (« La quatrième dimension »).


Asadora

Résumé: Naoki Urasawa est de retour chez Kana avec sa toute nouvelle série phare : Asadora ! Urasawa parvient à rendre palpitant le mélange a priori improbable du récit de la vie tumultueuse d’une jeune fille, démarrant en 1959, et de l’histoire d’un monstre godzillesque attaquant le Japon de nos jours. C’est addictif dès les premières pages ! Avec ce récit, on entre à nouveau avec bonheur dans le cinéma d’Urasawa, comme on le ferait dans celui d’un Tarantino !

Encore une fois, il nous surprend. Son histoire nous raconte la solidarité du peuple japonais lors d’un tsunami. On suit alors la jeune Asadora dans la recherche de sa famille. On se croit alors dans un gekiga mais son coup de Trafalgar de la dernière page nous plonge en pleine science-fiction.

Cette histoire, en plus d’être surprenante, nous montre toute la force de caractère des personnages et on s’identifie très vite à eux. On sent la chaleur humaine et le sens des valeurs telles que l’amitié, l’abnégation, la partage, la famille.

Pluto

Résumé: Dans un monde futuriste où les robots vivent comme des humains, des crimes mystérieux se succèdent. Des robots et des chercheurs renommés sont assassinés dans des circonstances très étranges. Toutes les victimes sont retrouvées avec un ornement en forme de cornes sur leur tête. Gesicht, un inspecteur robot, est chargé de l’affaire. Il découvre que les victimes sont des vétérans du dernier conflit d’Asie centrale, et que les robots visés sont les sept robots les plus puissants de la planète, dont il fait lui-même partie ! L’inspecteur Gesicht part alors à la rencontre des personnes et robots menacés pour tenter de les protéger du danger.

C’est mon coup de coeur! Non seulement, nous sommes sur un polar SF mais notre mangaka a su assimiler et s’approprier les personnages d’Osamu Tezuka avec brio. On reconnait bien les personnages avec leur caractère mais il les a intégrés dans sa propre histoire. C’est grandiose. Le scénario est très solide avec des retournements comme on lui connait mais il y intègre aussi le lien intrinsèque qui relie l’homme à la machine et ce qui les définit.

Mais quand on voit Astro ou les autres robots ne seraient-ils pas plus humains que les humains?

Yawara

Résumé: Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!

Je n’avais jamais lu beaucoup de mangas de sport hormis Ajime No Ippo et je dois dire que cela m’ a bien plu. Premièrement, les personnages hauts en couleurs nous donnent la pêche. De deux, non seulement, nous apprenons pas mal de choses sur le judo sans nous y s’embêter, du tout. L’absurde et les quiproquos s’enchainent rapidement et rythment tout le manga. On comprend aussi ce que peut-être la vie de sportif de haut niveau dans son quotidien et les sacrifices qu’il doit faire.

Bref, j’espère que vous tomberez comme moi sous le charme du crayon de ce mangaka de génie (oui je me repète) et que vous suivrez les vicissitudes de tous ces personnages au destin hors du commun. Bonnes lectures, chez Kana donc.

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