Jubilatoire mais sensé Albert Dupontel dit Adieu les cons : « De la difficulté de s’aimer dans un monde répressif et anxiogène »

Qu’un seul tienne et les autres suivront. Ou pas. Alors que le tant attendu Kaamelott ou L’origine du Monde de Laurent Lafitte suivent la route des James Bond et autres films reportés, le nouveau film d’Albert Dupontel, Adieu les cons, était bien décidé à sortir ce 21 octobre. Avec son haut pouvoir contaminant de rires et d’émotions. Barge, mais pas autant que notre monde, Adieu les cons suit le destin de deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Dans un univers qui s’use, Suze Trappet qui n’a plus que quelques semaines, quelques mois à venir, et JB qui n’est pas follement prêt à profiter des jours de bonus qui lui sont accordés : il a raté son suicide. Suze cherche son garçon, celui qui a été arraché de ses bras quand ses parents l’ont forcée à accoucher sous X. JB ne cherche plus rien. Et voilà que le duo, bientôt complété par un providentiel aveugle burlesque, s’en va pour un road trip, charriant d’autres destins brisés, handicapés de quelle que manière que ce soit par la vie ici-bas. Alors qu’on peut viser si haut. Volontaire et jusqu’au-boutiste, Albert Dupontel signe ce film comme on fait tourner un manège forain, à toute vitesse dans la ville et dans la nuit. S’en prenant à l’urbanisation croissante, aux réseaux sociaux qui nous laissent toujours plus seuls à force de ne pas savoir les utiliser convenablement, aux normes qui nous oppressent, à la perte de sens et du passé, de nos archives, etc. Adieu les cons est un brûlot poétique malgré la folle énergie l’envoie valser sur du Manu Chao.

Lors de l’avant-première au FIFF où il a reçu rien de moins que le plus beau des prix, celui du public (ainsi que le prix de la meilleure actrice pour Virginie Efira) Albert Dupontel est monté, seul sur scène, pour « affronter » le feu des questions avec son débit de kalachnikov. Quinze minutes pour dire ce que certains auraient dit en une heure. De quoi passer en revue le casting du film et ses effets spéciaux, un clin d’oeil à Mylène Farmer ou encore un prochain film qui pourrait s’intéresser à Macron mais aussi à Robert F. Kennedy. Retranscription de ce questions-réponses avec le public, masqué à l’effigie du film, ce soir-là.

« Je ne peux non pas me justifier mais vous la raconter, l’expliquer si vous avez des remarques, des questions, des critiques, voire des insultes, n’hésitez pas, j’ai fait 500 km pour venir vous voir.

L’ambition du projet sur le point de vue intellectuel, même si je n’aime pas le mot, c’était de faire une tragédie burlesque. C’est plus qu’une comédie dramatique, c’est mélanger un peu Racine et Molière en faisant attention. Notamment dans la scène d’ouverture, entre l’excellent Belge Bouli Lanners et la tout aussi excellente Belge Virginie Efira, qui inexorablement appelait la scène de fin. Pendant l’écriture, quelques mots de Ravel qui m’obsédaient : Il n’y a pas de tristesse sans grandeur. Cette fin s’imposait… Pourtant, pendant le tournage, je suis rentré en empathie non pas avec les personnages mais avec l’interprétation des personnages, celle de Virginie Efira et Nicolas Marié. Je me suis donc appliqué à trouver une fin n°2. J’ai bien travaillé et tout est parti à la poubelle dès le premier jour de montage. Cette première fin est revenue avec force et s’est imposée.

© Fabrice Mertens/FIFF Namur

Pour ce qui est du casting, bizarrement, Virginie n’était pas une évidence. Elle faisait partie d’un petit groupe d’actrices qui me faisaient très envie, professionnellement s’entend. Ces grandes dames ont donc accepté de faire des essais, la meilleure façon de communiquer autour d’un rôle. La caméra de façon très impartiale et objective imposait Virginie par son émotion, son côté populaire dans le bon sens du terme, son côté sexy aussi. Elle correspondait très bien à ce personnage de Suze Trappet que je cherchais. Dans mon errance de casting, j’étais tombé sur la bonne actrice. Quant à Nicolas Marié, si vous avez vu d’autres films que j’ai réalisé, il avait notamment campé un avocat bègue dans Neuf mois ferme. Dès que les rôles sont improbables, je pense donc à lui. Le seul défaut qu’il avait c’était qu’il jouait les yeux fermés. Quelques fois, les portes et les murs qu’il se prenait, c’était pour de vrai. Je lui disais : « tu sais, tu peux faire semblant, ça marche aussi ». Rien n’y a fait. Dans la séquence où la caméra tourne autour de l’escalier – enfin c’est plutôt l’escalier que j’ai fait tourner -, la seule difficulté que je rencontrais, c’était Nicolas qui montait les yeux fermés. Il lui arrivait de louper une marche. Le making-of doit être rigolo.

En ce qui me concerne, jouer JB était prévu, contrairement à mon rôle dans Au revoir là-haut qui devait initialement être tenu par Bouli Lanners. Il m’avait laissé tomber à deux mois du tournage mais comme je n’ai pas les moyens d’être rancunier, il est revenu cette fois. Ce rôle de JB n’était pas un problème pour moi comme c’est un personnage obsédé… ou plutôt diminué-dépressif. Ce que je connais bien. C’est mon quotidien.

Enfin, un Monsieur très important est venu nous faire un petit coucou : Terry Gilliam, que vous avez sans doute reconnu en vendeur d’armes. Ce film est un dommage collatéral de Brazil, une succédanée. Quand Terry a lu mon scénario, il m’a dit qu’il était aussi improbable que la réalité et ça l’intéressait. Il a vu le film hier et m’a dit : je te hais. Je pense qu’il a bien aimé. Le film est dédié à Terry Jones, autre fondateur des Monthy Python, qui m’honorait depuis plus de vingt ans de sa considération. Forcément, il laissera un grand vide. Il a eu l’élégance de tomber malade avant de partir, ce qui est une façon de nous prévenir.

Toutes les scènes de nuit, la moitié du film, ont été réalisées en studio. Si vous n’avez rien vu, c’est qu’on vous a bien menti. Il n’y a pas de parking, pas de rond-point, pas de Tour à la Défense, il y a plein de décors tournés sur fonds bleu. J’ai travaillé avec des effets spéciaux français et, notamment, un superviseur (Cédric Fayolle) qui a fait ça très bien. L’idée était de mettre l’énergie sur le jeu et de ne pas être parasité par un décor naturel. Je vous ai à peu près tout dit de ce que je pouvais vous dire d’intelligent, pour les questions bêtes je vous attends.« 

Quelle était la fin alternative ?

En voilà une question bête ! Je braquais Mr. Kurtzman (incarné par le fidèle Philippe Uchan), nous sautions dans la voiture et nous partions dans la Drôme. Narrativement, ça n’avait aucun intérêt mais il a fallu que je la tourne pour me rendre compte que ça ne servait à rien. La production était très contente d’avoir dépensé trois jours de tournage pour des plumes. Mais cela résultait certainement de la pudeur, de l’empathie que je nourrissais par rapport à ces personnages. Tout compte fait, je trouve cette fin très poétique même si je peux comprendre qu’elle soit déceptive, c’est pour ça que je ne m’en excuse pas mais j’arrondis les angles. Elle ne fonctionnait pas du tout, vous n’avez rien raté du coup. Vous ne la verrez jamais. Gardez ça pour vous.

Combien de jours a nécessité ce tournage ?

Deux mois de tournage, un budget entre 7 et 8 millions d’€, six mois de préparation, dix-huit mois d’écriture – je suis très laborieux sans compter que c’est une histoire très similaire à celle de Bernie il y a 25 ans si ce n’est que nous sommes plus vieux -. Le tournage n’était pas très compliqué mais la post-production fut très longue de par les effets spéciaux. Nous avons fini un dernier trucage, il y a à peine un mois. La version que vous venez de voir est toute fraîche.

Comment est né le titre ?

Je ne vous cache pas que j’hésitais. Le titre est un peu plus provocant que n’est le film mais il a un sens. J’en avais d’autres : Je m’en vais, La grande fin, etc. Le titre est intéressant dans l’évolution de ce qu’il signifie. Il est très naïf, comico-pathétique quand JB le prononce. Mais, à la fin, il prend une dimension presque spirituelle. Les deux personnages ont fait un beau chemin pendant les deux jours qu’ils ont passé ensemble. Adieu les cons est réfléchi, alors qu’au début, ce n’est pas le cas. C’est pour ça que ce titre perdure. Sur l’affiche française, il y a un dessin beaucoup plus bénin, qui fait penser aux Amoureux de Peynet, beaucoup plus que le titre. J’ai conscience que le titre est un peu provoc’ par rapport au film. Il peut faire peur aux gens polis. Mais dès qu’on fait un film, on a peur de ce que les gens vont en penser. Mais c’est très loin de moi, maintenant.

 Il ne faut pas avoir peur, mais vous, avez-vous peur de certaines choses ? Ou n’avez-vous plus peur de rien ?

J’ai peur de l’absurdité de l’existence. Si vous avez trouvé le sens de tout ce qu’on vit actuellement, prière de me le faire suivre par SMS. Je n’ai pas trouvé jusqu’à maintenant. Chaplin dit que la vie n’a aucun sens mais l’amour peut en donner un. Alors, si tant est que ce film porte un message, c’est la difficulté de s’aimer dans un monde répressif et anxiogène. Et quand je vous vois tous masqués… Ce n’est pas que j’ai du mal à vous aimer mais je n’ai pas super-envie de vous embrasser. C’est la seule chose que je peux dire du film. Depuis trente ans, je commente un monde que vous connaissez par coeur, je n’invente rien. Ce qui est improbable, c’est la rencontre de ces personnages. Ce sont un peu des archétypes sociaux et la probabilité de leur rencontre est assez faible. C’est la licence poétique que je sollicite du spectateur.

Vos personnages portent des noms très originaux, non ?

Noms et prénoms, beaucoup de choses sont piquées à Brazil : Mr. Kurtzman, Dr. Lint (Jackie Berroyer), M. Tuttle (Laurent Stocker). Avec l’accord du grand Terry Gilliam. Après, il y a des noms qu’on retrouve, qu’on oublie. Je voulais des noms qui fassent France Profonde. Suze Trappet. JB, dont on ne sait pas vraiment comment il s’appelle sauf que son nom est Culchasse, comme n’arrête pas d’ironiser M. Blin. M. Blin, ça vient d’un film qui s’appelle Le beau Serge de Chabrol et dont le personnage principal était incarné par Gérard Blain. J’ai dû voir ce film au moment où j’ai baptisé le personnage de Nicolas Marié qui est devenu Serge Blin. Ce sont des petits gimmicks. Pour le reste, comme vous l’avez remarqué, Mr. Kurtzman ne connaît jamais le nom de JB. Personne ne se connaît. C’est un monde très connecté mais qui est très sourd. C’est presque vrai.

Entre le rôle d’acteur et celui de réalisateur, quelle fonction vous donne le plus d’émotions, vous fait le plus vibrer ?

Acteur-réalisateur, il faut être mégalomane pour assumer. Comme moi. Ce rôle de JB, il était évident que je le joue. Parce que ça m’arrangeait beaucoup, je connaissais bien cet homme-là, puis il me permettait d’être avec les acteurs, complice. Je pouvais bredouiller, transpirer, me tromper avec eux. Je ne suis pas un autodidacte, qui dirige de manière empirique, j’apprends beaucoup avec les acteurs. Je partage les émotions et la frayeur de jouer face à la caméra. Ça m’apporte beaucoup: les émotions de Virginie étaient fortes à ressentir, le burlesque de Nicolas m’a fait beaucoup rire. Fondamentalement, c’est l’écriture des histoires qui m’intéresse le plus, même si c’est laborieux. L’étape qui me plaît le plus, c’est le découpage, le story-board et la mise en scène technique. Pour ce qui est des acteurs, c’est irrationnel, il faut vraiment leur faire confiance même si, des fois, c’est très angoissant.

Sur la scène d’ouverture d’Au revoir là-haut, souvent on me disait que ça avait dû être compliqué. Ça ne l’était pas du tout, au contraire de la scène sur la terrasse entre Nils Arestrup et Nahuel Perez Biscayart. Parce que la scène et, quelque part, le destin du film repose sur le jeu des acteurs. Avec Virginie, Nicolas et Bouli, notamment, bonne pioche!

Vous disiez que Nicolas s’était pris des vraies portes dans la figure. Finalement, quelle est la part d’improvisation dans un film paraissant aussi spontané que celui-là ?

Nous avons fait beaucoup de répétitions avant le tournage. Virginie peut en témoigner, elle n’en était pas toujours fan. Mais ça me permet d’ajuster le dialogue quand il n’est pas bon. Et s’il n’est pas bon, c’est que les acteurs étaient vraiment très bien. Sinon, les répétitions permettent l’improvisation, d’ajuster le costume. Quand on tourne, par contre, je vais plutôt vite. Je tourne avec deux ou trois caméras, je prends différentes valeurs et j’essaie vraiment de varier les intonations, le jeu. Mais la palette, elle, a été assez fouillée lors des répétitions. Bon, nous prenons entre quatre et six heures par semaine pour ces répétitions, ce n’est pas énorme mais ça permet de se rencontrer dans un petit huis clos sans déranger toute une équipe. Improvisation maîtrisée, donc.

Arrive-t-il qu’un acteur surprenne le réalisateur ?

Pas vraiment. Et quand je me trompe, je refais tout, je suis un peu tricheur. La scène où Mr. Kurtzman licencie JB, le champ était braqué sur Philippe Uchan, le jour J. Sur le plan de travail, ça n’allait pas. Le contre-champ a été refait quinze jours plus tard. Aujourd’hui, avec le numérique, on peut réincruster des éléments tournés bien plus tard dans des scènes. Je n’hésite pas à ajuster le tir. La scène d’ouverture, avec Bouli, je l’ai tournée deux fois avec un autre acteur. Mais ça ne fonctionnait pas. Je voulais raconter en une séquence la comédie et le drame du film. Il n’y avait que Bouli qui pouvait la faire. Il a eu le texte le lundi et a sorti le texte le mercredi, c’était impeccable. On triture beaucoup le scénario pendant le tournage. Les images arrivent et ont parfois une vérité qui n’a rien à voir avec celle que vous aviez prévue. Il faut s’adapter à ça, c’est même un acte d’humilité mentale. Autant que je peux, j’en profite.

Au niveau de la musique, un titre fort, festif, la Mano Negra. Pourquoi ?

Je cherchais un titre évoquant les années 89-90, date de naissance du gamin de Suze à la recherche duquel elle part. Qu’aurait-elle pu écouter dans ce bal populaire ? Il y avait d’autres musiques qui me plaisaient bien : Bérurier Noir, AC/DC… Mais j’ai retenu la Mano Negra, peut-être à cause du titre Mala Vida. Ça sonnait bien, ça donnait la pêche après une fin qui pouvait paraître radicale. Gentiment, nous avons eu l’autorisation de Manu Chao que je ne connais pas.

Dans le générique de fin, vous remerciez Mylène Farmer.

La musique un peu thématique du personnage, notamment à la fin, je l’avais trouvée dans un documentaire d’Arte sur Janis Joplin. Même coupée par des interviews de John Lennon et d’autres, je trouvais cette mélodie superbe. Je me suis mis à la recherche du compositeur de cette musique qui n’était pas au générique. C’était un musicien américain, Joel Shearer, sans agent, très bohème, que nous avons réussi à contacter après moult détours. C’était parti pour être compliqué: il nous a dit ne pas trop savoir s’il pouvait ou pas nous donner sa musique. Le seul point en commun entre nous, c’était qu’il travaillait avec Mylène Farmer. La connaissant, je lui ai fait part de la situation et quand il est venu en France, elle l’a pris par le colback et l’a amené dans la scène de montage. Il a vu la séquence sur fond bleu, a non seulement dit oui mais a en plus accepté de rejouer son morceau sur les arrangements faits par mon musicien, Christophe Julien. Donc un grand merci à Mylène, cette grande dame.

Les personnes malades et handicapées ont-elles apprécié film ?

Je ne sais pas. Mais ce que témoigne le handicap de M. Blin, c’est une volonté de vivre, d’être traité d’égal à égal. C’est vraiment ce que je voulais raconter. Si ce n’est pas perçu, c’est que je me suis trompé. Quand j’étais à l’école, avec des enfants handicapés dans ma classe, on nous a très vite appris à nous occuper d’eux, qu’ils étaient normaux. Blin est vif, plein de vie. Partout où cette femme passe, en l’occurrence Suze Trappet, partout elle donne confiance. Comme le personnage de Jackie Berroyer qui se rappelle qu’il peut marcher. C’était l’idée, j’espère que ce public le prendra bien.

Une idée pour le prochain film ?

J’ai une idée. Un jeune quadragénaire brillant, bourré de diplômes, serait sur le point d’être élu président de la République. Voyez comme c’est original. Mais où vais-je chercher tout ça? Sauf que dans cette histoire qui est une dystopie, c’est quelqu’un qui veut vraiment changer les choses (sic). Sans ironie parce que dans mon histoire, il découvre qu’il est le fils de la bonne et il a donc un compte à régler avec le monde qui est en train d’être mis en place. Sauf que le monde s’en rend compte et veut l’éliminer. C’est Robert F. Kennedy qui pourrait être le héros de ce genre d’histoire, quelqu’un avec une prise de conscience très élevée. Je vous recommande le documentaire sur Netflix qui est consacré à Kennedy. Ou, à défaut, son discours qui annonce, dans un ghetto black d’Indianapolis en 1968, la mort de Martin Luther King, c’est totalement bouleversant. Tout d’un coup, une parole s’élève, une conscience, il ne lit pas son texte, il dit les mots du coeur. Et la seule ville des États-Unis où il n’y a pas d’émeutes ce soir-là, c’est Indianapolis.

J’aimerais réhabiliter ce héros bafoué par l’Histoire au travers d’une fiction. Et comme vous l’aurez compris: c’est forcément une dystopie.

Bon ce coup-ci, je me casse ! Merci beaucoup à vous !

Titre : Adieu les cons

Réalisateur : Albert Dupontel

Acteurs : Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Bastien Ughetto, Marillou Aussilloux, Bouli Lanners, Michel Vuillermoz, Kyan Kojhendi, David Marsais, Grégoire Ludig, etc.

Genre : Comédie dramatique

Durée : 87 minutes

Date de sortie : le 21/10/2020

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