Adieu les cons: une ode survitaminée à l’amour poétique et décalé d’Albert Dupontel

Lors du dernier Festival International du film francophone de Namur, le jury a décerné le prix de la meilleure interprétation à Virginie Efira pour son rôle de Suze Trappet dans le nouveau long-métrage d’Albert Dupontel, Adieu les cons. Film qui a lui reçu le prix du public. Cette œuvre, dédiée à la mémoire du Monty Python Terry Jones, qui a rejoint les étoiles le 21 janvier dernier, conte la rencontre atypique de JB et de Suze.

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Quand Suze, une coiffeuse quadragénaire, apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable et qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre, elle décide de revenir sur la plus grande cicatrice de sa vie, l’abandon sous x, forcé, de son fils alors qu’elle n’avait que 15 ans.

Parallèlement, JB vit un véritable désaveu professionnel. Lui, qui pensait enfin obtenir une place digne de ses compétences, est informé qu’il va devoir former la personne qui prendra place dans les fonctions tant espérées.

C’est alors qu’un accident, à mi-chemin entre l’humour décalé et burlesque des Monty Python et l’absurde camusien, croise les destinées de ces deux êtres en marge de la société. La collaboration résultant du malheur de tout un chacun ouvre alors la voie à une aventure pleine de tendresse.

Avec Adieu les cons, Albert Dupontel livre un nouveau joyau cinématographique comme lui seul en a le secret. Avec ses personnages hors-normes, le réalisateur d’Au revoir là-haut offre une fable onirique qui abstrait le spectacle de la morosité actuelle tout en semant de subtiles opinions permettant un retour critique sur la société moderne. La froideur déshumanisante du système, la violence policière, la numérisation effrénée sont quelques-uns des thèmes qui apparaissent ci et là dans cette œuvre.

Les rôles secondaires rehaussent avec brio les qualités de ce long-métrage. L’interprétation de Mr. Blin, un archiviste aveugle et toujours optimiste malgré la sombre histoire qui lui a causé sa cécité, par Nicolas Marié est l’une des pièces gaguesques de cette mécanique bien huilée qu’est Adieu les cons.

Le personnage du médecin obstétrique atteint d’Alzheimer auquel Jackie Berroyer prête ses traits est touchant tout en étant drôle et sans jamais être pathétique. L’apparition éclair de Terry Gilliam est aussi l’une des belles surprises de cette œuvre.

Dupontel utilise aussi des techniques du cinéma d’antan pour créer une œuvre extrêmement rafraîchissante et il ne se prive pas de la possibilité de pouvoir vaguer entre divers genres cinématographiques. La pratique du slapstick qu’il emprunte aux grandes heures du cinéma muet fonctionne parfaitement pour illustrer les flash-backs et les souvenirs dans cette fable qu’il narre au public.

Le cinéaste de 9 mois ferme offre un long-métrage très rythmé, d’une esthétique sublime, qui surprend constamment, sans jamais tomber dans les facilités du mélodrame.

Titre : Adieu les cons

Réalisateur : Albert Dupontel

Acteurs : Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Bastien Ughetto, Marillou Aussilloux, Bouli Lanners, Michel Vuillermoz, Kyan Kojhendi, David Marsais, Grégoire Ludig, etc.

Genre : Comédie dramatique

Durée : 87 minutes

Date de sortie : le 21/10/2020

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