Obie Koul a un pouvoir caché, mais comment le débloquer: traverser l’espace brutal ou creuser au fond de soi ?

« Ah, ces enfants, ils viennent de quelle planète? ». La réflexion n’est pas rare dans la bouche de parents parfois épuisés par une progéniture infatigable et semblant tirer leur dynamisme, pourquoi pas, d’un diamant extraterrestre ? Toujours est-il qu’Obie Koul, on vous met dans la confidence mais gardez le secret, est un petit garçon tout ce qui a de plus normal, banal même, et pourtant à moitié extra-terrestre. Sorte d’Harry Poter version space opera, ce Nagam a fort à faire tant sur Terre que dans l’espace. Moins par ses biceps que par son mental.

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Résumé de l’éditeur : Avec sa mère prof de math, Obie est la cible des petites frappes de son école. Afin qu’il puisse se défendre, son père l’inscrit dans le terrible camp d’entraînement de la planète Oxhytol. Comment s’en sortira-t-il face aux différents aliens du camp? Découvrira-t-il enfin cet extraordinaire pouvoir qui sommeille en lui? Pour cela, il faudra d’abord qu’il survive un week-end dans ce monde hostile…

© Makyo/Buffolo/Dottori chez Kennes

Dans le quotidien infernal d’Obie Koul, il n’y avait pas de voie 9 3/4 pour éviter la nocivité de quelques camarades écrasant les plus faibles pour mieux se sentir leader. En pleine guerre des gangs, Obie Koul semble être le souffre-douleur idéal, pris en étau. D’autant plus que c’est le fils de la prof de math qui a l’habitude de piéger ses élèves à coups d’interros surprise. De quoi réclamer vengeance, et passage de nerfs, sur le rejeton.

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Non, chez le petit Koul, rien n’est cool. Malgré un premier tome qui a permis de décanter certaines choses, Obie découvrant un père des étoiles vachement balaise et bon conseiller pour dépasser les affronts de la vie, tout n’a pas été réglé. Que du contraire, la violence adolescente reprend de plus belle et Obie, malgré quelques fulgurances, n’est pas de taille à lutter. Ecchymoses et plaies, voilà comment notre rouquin s’en sort. Et comme les vestiges du combat lui font des cratères sur le visage, ses parents ont vite fait de se douter de quelque chose. Profitant de la garde alternée, Elzeki inscrit son fiston dans un camp d’entraînement.

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Sur base de cette intrigue continuant de voyager, de manière équilibrée, entre terre et au-delà, Pierre Makyo et la très dynamique Alessia Buffolo approfondissent leur univers et la psychologie de leurs personnages, sans oublier le bestiaire de l’espace. Car comme dans tout space-opera qui se respecte, si Obie est un Nagam et à une apparence humaine, il y a bien d’autres espèces d’aliens : des Azédavits, des Kaméléovoyants, les Zorontins, les Éberlueurs… Des très mignons comme de très féroces. Mais, tout comme cela devrait être le cas sur Terre, il ne faut pas se fier aux apparences et donner sa chance à tout le monde. Obie n’est pas plus à l’aise sur cette planète barbare mais il va vite se rendre compte que l’entraînement ne vise pas à introniser de nouveaux champions mais plutôt à faire valoir le courage commun, les victoires collaboratives.

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D’ailleurs, pas question ici d’être le premier à soulever Excalibur ou d’acquérir toutes les techniques de Bruce Lee: la première chose que fait le terrible instructeur est de mettre tous ses élèves à jour en termes de techniques de combat? Une piquouze, et voilà tout le monde opérationnel. L’idée est belle et novatrice de la part de Makyo pour se dégager totalement de la furie armée et s’occuper un peu plus de la psychologie de ses mini-héros. Un pouvoir implique de grandes responsabilités, mais aussi le courage de ses ambitions, la détermination, la rage de vaincre. Il y a la forme (bâtons, épées et autres armes) et le fond, ce que chacun doit trouver en soi, viscéralement. Qui sait, cela permettra-t-il à Obie de décoincer le super-pouvoir dont tout l’univers le bassine sans que celui-ci veuille bien se révéler. Obie n’a pas une forcé phénoménale, n’est pas élastique, ne vole pas… Mais que peut-il bien avoir de transcendant ?

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Sous une couverture à la Batman, dans une mission ultra-safe pour que tous les petits protégés ne soient pas blessés, le trio (Alessandra Dottori fait toujours autant claquer les couleurs et tire le dessin un eu plus hors des cases) trouble le jeu trop facile pour faire basculer la série dans la noirceur et le suspense. Ce qui manquait tout de même un peu, jusqu’ici. Alessia Buffolo est de plus en plus à l’aise dans cet univers, dans les contrastes et les apparences qui manipulent le faux-sang et le vrai. Les cases sont tranchées mais se répondent dans une belle dynamique et une clarté à toute épreuve, même dans les séquences les plus obscures. Obie Koul prend du galon et passionne jusqu’à une dernière planche qui nous souffle. Du gros potentiel!

Titre: Obie Koul

Tome: 2 – Mon pouvoir caché

Scénario: Makyo

Dessin: Alessia Buffolo

Couleur: Alessandra Dottori

Genre: Science Fiction/aventure/jeunesse

Éditeur: Kennes Editions

Nombre de pages: 56

Prix: 11,95€

Date de sortie: 01/07/2020

Extraits : 

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