Alix Senator à Alésia: dans la forêt carnivore, les loups-garous gaulois aux mains de la haine

Après avoir vécu de sombres heures qui ont définitivement changé le cours de la vie d’Alix, Senator, malgré qu’il ait déjà vécu de nombreuses aventures compliquées, Valérie Mangin et Thierry Démarez l’emmènent en cure dans les vertes contrées qui entourent Alésia. Enfin, en cure… Alors que le gouverneur veut faire renaître la ville qui connut la défaite de Vercingétorix, le passé reprend vigueur et les vaincus réfugiés dans les bois attendaient leur heure pour frapper de manière sanglante. Si Alix ne va pas avancer dans son histoire personnelle, pour l’accomplir jusqu’au bout, il va devoir survivre à la barbarie.

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

Résumé de l’éditeur : Répondant à l’invitation de son cousin, Alix est de retour en Gaule. Vanik, devenu gouverneur, veut faire renaître la splendeur perdue d’Alésia. Non loin de l’ancien oppidum d’étranges créatures se terrent. Ils sont les vétérans mutilés de l’armée maudite de Vercingétorix. Les ombres torturées du passé s’étendent sur le présent. Pris au piège de la forêt gauloise et de ses créatures, Alix devra faire face à la haine et aux rancœurs tenaces.

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
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Inventant sa propre dramaturgie mais n’hésitant pas à se raccrocher à celle de Jacques Martin et sa série originelle, Valérie Mangin s’attaque ici à du lourd : une suite, indépendante, au diptyque que constituaient Les légions perdues et Vercingétorix. Quelques décennies plus tard si Alix a grandi et est meurtri, il va vite s’apercevoir que la plaie béante laissée par César en – 52 est tenace et purulente. La veuve de Vercingétorix serait à la tête d’une armée de bras cassés, de mains coupées (geste violent d’un César qui voulait marquer à vif leur défaite et leur soumission) qui hurleraient à la Lune leur volonté de vengeance.

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
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Et très vite, entre chiens et loups, le petit village qu’occupent Alix et ses amis martiaux voit couler le sang et s’engager les combats, profitant de la brume et des maléfices dont les Gaulois ont le secret. Le passé gangrené se réveille, les vétérans n’ont pas attendu Ash, le héros à la tronçonneuse de la série Evil Dead, pour remplacer leurs moignons par des cisailles impardonnables. Loups-garous, Gaulois aux mains d’argent avec lesquels Alix va essayer d’entretenir le dialogue. Pas facile quand les camps s’excitent et que les Romains, venus en paix une fois n’est pas coutume, prennent la mouche et entendent mettre à feu et à sang les derniers vestiges de l’empire de Vercingétorix. L’Histoire se répète.

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
© Mangin/Démarez

C’est sûr, en éloignant Alix des lieux de sa tragédie récente, notre héros sans âges, Valérie Mangin et Thierry Démarez mettent Alix au vert (la couverture en témoigne et les planche sauvages ne sont pas en reste) mais pas à l’abri des problèmes. Toujours avec la volonté de faire vivre les histoires le plus justement et le plus historiquement possible (notamment via le site alixsenator.com qui tranche toujours entre le vrai et le faux des faits développés dans la série), Valérie Mangin a, cette fois, dû faire avec la propre mythologie de Jacques Martin. Et notamment la fin alternative que le bédéaste féru d’Histoire avait donné à celui qui est, sans nul doute, le plus grand héros gaulois. La scénariste embraye sur ce choix et en tire la substance de cet album one-shot qui fait office de parenthèse, de retour au mythe fondateur, aux loups.

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Certains lui reprocheront sans doute ce choix d’en faire une histoire indépendante, déconnectée des enjeux présents crescendo dans la série jusqu’ici, mais cette petite délivrance – la quête d’Alix reviendra en force dès le prochain tome, indique-t-on à la fin – permet au trio (n’oublions pas Jean-Jacques Chagnaud qui continue de briller dans les couleurs et les ambiances) de mieux approfondir les relations entre vainqueurs et vaincus, dans le temps. Dans un esprit Western (comme le récent tome de la série-mère, Les Helvètes), entre fragments d’Histoire et élans fictionnels, les auteurs trouvent le bon tempo, un peu à sens unique, avant de nous réserver une surprise du chef. Avant le domaine des dieux – hé oui, il y aussi un clin d’oeil à Astérix -, il fallait refermer l’enfer et recoudre les plaies. Comme il faut cette fois.

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
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Série: Alix Senator

Tome: 10 – La forêt carnivore

D’après l’univers créé par Jacques Martin

Scénario: Valérie Mangin

Dessin: Thiérry Démarez

Couleurs: Jean-Jacques Chagnaud

Genre: Histoire, Aventure

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 48

Prix: 13,95€

Date de sortie: le 03/06/2020

Extraits:

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