Chez Adolf, plus que les brèves de comptoir, les drames de l’Histoire, à l’aube du nazisme

Adolf, c’était peut-être un joli nom avant les années 30. Assez que pour le porter, en être fier et en faire un café. Chez Adolf. C’est dans cette taverne occupée par un bon vivant que Rodolphe, Marcos et Fogolin nous donne rendez-vous pour boire l’une ou l’autre pinte et nous compter l’Histoire, échappant aux brèves de comptoir.

© Ramon Marcos

Résumé de l’éditeur : Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler arrive au pouvoir en Allemagne. Ce jour-là, le bar au rez-de-chaussée de l’immeuble où réside le professeur Karl Stieg change de nom pour s’appeler Chez Adolf, patronyme du propriétaire. C’est aussi le jour où Karl décide de tenir un journal sans imaginer à quel point les années à venir vont impacter les habitants de son immeuble et le destin du monde.

© Rodolphe/Marcos/Fogolin

On vous voit venir. Nous emmener dans un bar de papier à l’heure où on ne peut pas rallier les vrais cafés, c’est cruel. Oui mais Chez Adolf est un prétexte pour observer et se familiariser avec ce qu’il se passe aux différents étages de cet immeuble et même d’une société happée par le spectre de la haine.

© Rodolphe/Marcos
© Rodolphe/Marcos

Nous sommes le dernier jour de janvier 1933, l’honorable professeur Karl Stieg commence un journal intime dont nous sommes les lecteurs privilégiés, et dans ces lignes, nous allons très vite nous demander si les gens se sont bien souhaité comme il le fallait une bonne et heureuse année. Car le mal prend le pouvoir insidieusement et la bonne humeur de ce jour ensoleillé cache les sombres desseins d’un chancelier moustachu et de son équipe bien décidés à corrompre la grandeur de l’âme humaine. Diviser pour mieux régner quitte à éradiquer une partie de la société, en la mettant au ban et plus si perversité.

© Rodolphe/Marcos/Fogolin chez Delcourt

Dans ces temps heureux mais déjà obscurcis par toute une série de drôles de comportements, Karl Stieg s’installe dans cet album comme un greeter de l’avant-guerre. Par sa profession et son contact avec les jeunes, il se pose en observateur d’une société qui change radicalement et très vite. Quand la jeunesse se pare d’uniformes, que de plus en plus de membres de son entourage prennent leur carte du « parti », quand des livres sont conduits au bûcher. Et que les Juifs sont privés de leurs activités, de leurs revenus. Et que le choix s’invite entre vivre docilement et résister.

© Rodolphe/Marcos/Fogolin chez Delcourt

Dans cette galerie de rencontres, le ton se fait de plus en plus grave sans encore atteindre le point de non-retour. Le scénario évite les poncifs et au-delà du plaisir qu’a Ramon Marcos à décerner des vilaines trognes aux méchants nazis de service, on sent très vite que le mal peut aussi s’inviter dans la naïveté de traits angéliques. Voilà un début de série très bien campé dans le dessin mais aussi dans les couleurs de Dimitri Fogolin, à la fois vintage et incendiaires.

© Rodolphe/Marcos/Fogolin chez Delcourt

Série : Chez Adolf

Tome : 1 – 1933

Scénario : Rodolphe

Dessin : Ramon Marcos

Couleurs : Dimitri Fogolin

Genre : Chronique sociale, Drame, Histoire

Éditeur : Delcourt

Collection : HISTOIRE & HISTOIRES

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 19/06/2019

Extraits : 

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