La rumba, c’est bien mieux que le cha-cha-chat pour un Chat qui règnera bientôt en mai(t)re à Paris

Après un précédent album qui nous avait laissé de marbre, nous faisant nous demander si l’on était encore félin pour l’autre, Le chat prend les maracas-souris et entre en scène pour faire sa rumba. C’est moins redondant que le cha-cha-cha. Notez qu’il est moins là pour danser que pour mener le bal à coup d’une irrévérence retrouvée qui met une danse au monde qui nous entoure. Avant une année 2020 chargée.

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© Geluck chez Casterman

Résumé de l’éditeur : Y a de la rumba dans l’air… En ces temps où la danse revient en force, Le Chat a mis toutes les siennes dans un vingt-deuxième album au rythme endiablé. Fidèle à lui-même et au sommet de sa force comique, le félin préféré du public s’en donne à cœur joie : dessins insolents, humour absurde, gravures détournées et planches à l’inexorable logique s’enchaînent.

© Geluck chez Casterman

On reprochera peut-être à Geluck sa régularité, au point parfois de sortir des albums un peu poussifs. Il faut parfois faire primer le temps de l’inspiration plutôt que celui de l’édition. Chacun son chat, 21e tome de la série, nous avait laissé sur notre faim, insipide. Est-ce pour cela que La rumba du chat met les bouchées doubles. Toujours est-il qu’un Geluck en forme a tout d’une indétrônable arme de destruction massive. Par des bombes d’humour, s’entend.

© Geluck chez Casterman

Et dans ce dernier cru de la décennie, alternant strips, dessins et gravures qui parlent à l’insu de leur plein gré, le maître du chat ne caresse pas la bête dans le sens du poil. Empêcheur de danser en rond d’un monde qui déraille mais toujours du côté du lecteur qui veut se payer une bonne tranche de rigolade, avec son minimalisme habituel, Geluck enchaîne les coups de génie. Ici, on s’arrête surtout les gags en levant les yeux quelques micro-secondes pour se dire : « Mais qu’est-ce qu’il est fort ». Et on ne peut s’empêcher de donner un petit coup de coude au voisin, absorbé par son GSM (ou portable, mais oui, vous êtes en Belgique, ici) ou par la télé, en lui passant le livre : « Regarde, tu vas co rire ! »

© Geluck chez Casterman

Une exposition de peintures sur le sculpturisme en trois temps, une séance de kiné qui se transforme en « coucou, c’est qui », les vacances des Siffredi ou encore Arcimboldo 2.0. De l’osé à l’absurde, Philippe Geluck prouve pour la 22e fois (et il y en a plein qu’on n’a pas compté) qu’avec le physique d’athlète de son personnage, il peut lui faire pratiquer toutes les figures de l’humour. Et même si le Chat a un bon bedon, son humour est fin et relevé, réfléchi mais jamais contenu dans son style politiquement incorrect. Celui-là, on le met sous le sapin. Et comme le greffé des deux mains, on applaudi… mais pas trop fort. Par contre, on a que nos yeux pour pleurer de rire.

© Geluck chez Casterman

Notons qu’on ne sait pas quel animal mettra à l’honneur le calendrier chinois l’année prochaine (renseignements pris, ce sera celle du Rat de métal) mais 2020 promet d’être massif pour le trublion de Philippe Geluck. Ainsi, en attendant l’ouverture du musée du Chat (en 2023), 20 Chats monumentaux seront exposés sur les Champs-Élysées de début avril à mi-juin 2020. Chaque pièce (sur socle) mesurera 3 mètres et mettra en scène le célèbre Félin dans différentes scènes humoristico-poético-surréalistes.

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Série: Le chat

Tome: 22 – La rumba du chat

Scénario et dessin: Philippe Geluck

Couleurs : Serge Dehaes

Genre: Gag, Humour, Réflexion

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 48

Prix: 11,95 €

Date de sortie: le 30/10/2019

Extraits:

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