Philippe Geluck: « L’angoisse? C’est mettre des glaçons dans son café alors qu’on le veut chaud! »

Des planches de BD en planches de la scène, il n’y a qu’un pas. Devant une Maison de la Culture comble à Namur, Philippe Geluck l’a franchi, dimanche avec entrain et beaucoup de générosité. Il est arrivé comme au sortir du train, heureux d’être là. Avec sa grosse valise, l’auteur a finalement trouvé la voie le menant devant son public.

Philippe Geluck - Le Chat fait des petits - sur scène

«Je vais tout de suite mettre les choses au point. Ceci n’est pas une pièce de théâtre. Pas un one-man-show. Un one-man chauve éventuellement. C’est un peu tout ça. Je vais essayer de faire ce que je peux. Si vous avez un téléphone, ne l’éteignez pas. On ne sait jamais qu’il y ait un médecin dans la salle Pour cette représentation gratuite et unique autour du lancement de son nouvel album (« Le chat fait des petits« , un coffret de trois mini-albums), à peu de choses près, cela faisait quarante ans que le célèbre Docteur G et créateur du Chat n’était plus remonté sur les planches. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions!

Bonjour Philippe Geluck, bienvenue pour cette interview qui se fait… avant la conférence de presse. D’habitude, c’est plutôt l’inverse, non ?

Bonjour. Oui, c’est vrai qu’en général, on profite d’une conférence de presse pour poser des questions. Mais, ici, c’est plus que ça, c’est une conférence de presse-spectacle ! C’est-à-dire que je propose quand même au public et aux journalistes, s’il y en a dans la salle, de poser leurs questions. Mais avant ça, je vais parler pendant 1h-1h15. Et donc, c’est rare une conférence de presse où le type tient le crachoir pendant si longtemps. Donc, profitons-en !

C’est la deuxième étape belge de cette trilogie. Il y a déjà eu deux représentations à Bruxelles. Comment cela s’est-il passé ? J’imagine que vous êtes un peu plus rassuré.

C’est toujours délicat de dire ça. Vous savez les artistes sont toujours un peu anxieux. Je le suis à chaque sortie de livre, à chaque émission, je ne suis sûr de rien. J’ai certes un parcours, de l’expérience, du savoir-faire aussi certainement et de la notoriété, mais ça ne veut pas dire que la prochaine chose que je ferai sera réussie. Nous nous remettons toujours en danger. Et, avant de monter sur scène, pour une heure et quart quasiment improvisée, je peux bien sûr vous dire comment ça s’est passé les autres fois, mais on ne sait jamais que ça foire cette fois-ci. Mais bon, je vais vous dire, ça s’est bien passé. J’ai joué une première fois à Paris, et deux fois à Bruxelles, la semaine passée. Et c’était… agréable. En fait, le public était nombreux et attentif, très amical, ça aide.

Ça doit être terrible, parfois. Je pense à des collègues qui ont du affronter des cabales, le désamour du public. Il y a aussi ceux qui jouent des spectacles devant une salle à moitié ou aux trois-quarts vide, ce que j’ai fait dans le temps où j’étais jeune comédien. Puis, le pire de tout, ce sont sans doute ces spectacles durant lesquels le public se lève et s’en va. Ça, ça doit être difficile à vivre. Alors, j’espère que ce soir, on fermera les portes à clé et qu’on ne laissera sortir personne.

Vous parliez du jeune comédien que vous étiez. Finalement, ce « retour » sur les planches, c’est aussi un retour à un des premiers amours. L’INSAS, les premières pièces, Faust, L’opéra de Quat’sous (qui si on le prend en Anglais souligne déjà le Cat qui est en vous), Roméo et Juliette.

C’est un retour sur les planches… que je n’ai jamais vraiment quittées  puisque je suis passé de celles du théâtre à celles de la BD. Mais, oui, c’est un retour aux sources, en quelques sortes. À une époque, j’ai quitté le théâtre pour me consacrer au dessin et à la télévision, mais surtout au dessin, parce que je me rendais compte que ce métier de comédien m’emmènerait loin sur les routes de province et de l’étranger. Loin de chez moi, de ma femme et mes enfants. Et au moment où mes enfants sont venus au monde, j’ai réalisé que ce n’était pas cette vie-là que je voulais mener. Moi, je voulais créer une famille, pouvoir raconter une histoire à mes enfants avant de dormir. Et donc, j’ai décidé de quitter le théâtre. Il ne m’a pas retenu non plus, ils m’ont laissé partir comme ça, c’était un peu vexant, d’ailleurs. Mais que voulez-vous ?

Après, est-ce un retour à ça ? Oui et non. Oui  car je me présente en scène face à un public, c’est le phénomène « théâtre ». Mais, en même temps, je suis dans mon propre rôle. Je ne joue pas un personnage, je suis moi. Et c’est beaucoup moins stressant que de rentrer dans la peau de Faust, Mackie ou Plume. Quand on est soi-même, on peut se rater, louper un enchaînement, il suffit d’expliquer au public que, voilà « désolé, j’ai oublié de vous parler de ça, on revient cinq minutes en arrière. » Tandis que dans une pièce, entouré d’autres acteurs, avec une histoire bien ficelée, vous pouvez difficilement dire : « Je suis Roméo et je viens de rater la scène de l’échelle, rembobinons le film et faisons comme si de rien était. »

On voit beaucoup de dessinateurs monter sur scène : Kroll, Vadot, vous et certainement bien d’autres. Est-ce que finalement le fait d’aller à la rencontre d’un public, ce n’est pas un moyen de sortir d’un métier de solitude comme le dessin ? Même si, pour vous, c’est nuancé par toute une série d’activités comme la radio ou la télé.

Je crois, en effet, que beaucoup de dessinateurs crèvent un peu de solitude. Alors, c’est magnifique et très romantique de se dire que l’auteur est là, seul face à la fenêtre de son jardin. L’inspiration est là, il écrit et dessine des choses superbes ou des gags. (Il tousse : « Excusez-moi si je tousse, j’ai un chat dans la gorge. Il me suit partout ! ») Nous avons peut-être – en tout cas, je sais que je l’ai, et Kroll m’a dit aussi que ça lui faisait du bien de sortir de son atelier – ce besoin des deux pans de cette activité : le travail en solitaire à sa table mais aussi celui d’aller faire le con devant le public. Je n’ai bien sûr pas attendu ces représentations pour le faire puisque quand je suis en télé ou en radio dans les « Grosses Têtes », on est devant du public et là, c’est de l’improvisation, du gag à la mitraillette. Et cette récompense immédiate que sont les rires et les applaudissements du public, c’est très porteur, ça fait du bien. En pratiquant les deux, on a donc la solitude et le contact avec les lecteurs.

Philippe Geluck - Atelier

Naturellement ce spectacle est aussi une sorte de présentation pour le -déjà- vingtième album du chat : « Le chat fait des petits ». Des petits qui sont trois albums contenus dans une sorte de coffret. C’était votre idée ?

J’ai pris tellement de plaisir à faire les deux précédents (« La Bible selon le Chat » et « Le Chat passe à table ») qui étaient également des coffrets avec deux formats à l’italienne. J’ai donc poussé la logique un cran plus loin en faisant trois mini-albums et je suis assez content du résultat. En tout cas, quand je vois le regard émerveillé des gens qui l’ouvrent, ça fait un peu coffre au trésor.

Philippe Geluck - Le Chat fait des petits - intérieur

Comme une de mes obsessions est de gâter mes lecteurs, surtout dans le contenu, en leur donnant des gags inédits, des choses qui les fassent rire, grincer parfois. Mais toujours du nouveau et du renouveau pour mieux les surprendre. J’aime cette idée de gâter ceux que j’aime. Donc j’essaie de ce faire en sortant un album qui est à chaque fois mieux que le précédent. C’est difficile. Un jour ma femme m’a dit d’arrêter avec cette volonté de toujours faire mieux. « Parce que Beethoven quand il a fait sa Septième Symphonie, il ne voulait pas faire mieux que la sixième, il voulait en faire une autre. » Mais moi, comme l’alpiniste qui veut toujours aller un peu plus haut, j’ai cette envie de surprendre encore plus. Et la forme du livre est une manière de le faire.

Le chat dit que parmi ses petits: « J’ai sous-traité le dernier »… qui est un chien. Dans vos albums, les chiens sont mis à rude épreuve. Rassurez-nous, vous les aimez quand même ces chiens ?

Je les aime beaucoup. Je préfère les chats mais j’ai eu beaucoup d’amitié pour certains chiens. J’en ai eus. Mais je trouve que chez le chien, il y a un côté « admiration béate de l’être humain » qui me déplaît un peu. Avec ce que nous prouve l’être humain depuis la nuit des temps, son comportement souvent abject, l’impossibilité de vivre en paix avec son voisin avec des guerres, des conflits, des abominations ; ça me désole. Et je trouve que l’être humain devrait se remettre en question. Il y a beaucoup de choses à améliorer. Il a certes réussi des avancées techniques bluffantes en mécanique, en informatique, en médecine.

Philippe Geluck - Le Chat fait des petits - abandon chien

C’est stupéfiant ce que l’humain a réussi à faire sur cette terre. Mais, sa nature profonde, pourtant, il n’a pas réussi à l’améliorer. Mais redevenons léger, le chien admire l’homme pour les baballes qui lui sont lancées, pour la main qui lui donne à manger, il est d’un total dévouement. C’est touchant mais je ne trouve pas que l’homme mérite autant d’admiration. Et je préfère le chat qui nous observe avec un air capable de nous juger, de dire : « Les gars, vous n’êtes pas dans la justesse, vous ne méritez pas tout ce que la nature a mis à votre disposition. » Puis, il y a cette phrase de Siné qui a dit un jour: « Si je préfère les chats aux chiens, c’est parce qu’il n’y a pas de chats-policiers ! » Pour moi, c’est définitif.

On parlait de l’homme, parlons des religions, parmi toute une série de thèmes que vous abordez, vous les détournez aussi. Comme avec ce gag où l’on voit le chat dire : « Si le Prophète Mahomet avait eu un frère jumeau. Lui, au moins, on aurait eu le droit de le représenter sans se faire engueuler. »

Je ne crois pas qu’il en a eu un ! Mais ça aurait été trop bien. Ça nous aurait évité beaucoup de problèmes et mes amis et confrères de Charlie Hebdo seraient toujours vivants. J’aborde plusieurs thèmes qui peuvent prêter à grincer des dents. Je parle notamment de religion. J’ouvre le premier des livres sur une proposition qui me semble très honnêtes. Le chat dit : « Et si les ultrareligieux foutaient la paix aux autres pendant toute la durée de la vie sur terre – ce n’est pas si long, quatre-vingt ans tout au plus – et qu’ensuite tous les autre, athées etc., s’engagent à laisser le pouvoir à ces ultrareligieux pendant toute la durée de l’éternité. » Ça me semblerait être un partage équitable. Moi, je suis prêt à signer un engagement en plusieurs exemples. Mais visiblement, ce n’est pas ça qu’ils veulent, ils préfèrent nous emmerder pendant toute la durée de la vie sur terre.

Philippe Geluck - le chat fait des petits - Burqa

Dans vos livres, il y aussi ces gravures, que vous remettez au goût du jour. Comment faites-vous pour vous les réapproprier ?

C’est un art que je pratique depuis longtemps et qui m’a été transmis et soufflé à l’oreille par mes maîtres qui dirigeaient Hara Kiri à l’époque, le Professeur Choron et Gébé – le dessinateur, pas l’autre. Chaque semaine, ils publiaient dans ce magnifique magazine quelques pages intitulées « L’art vulgaire ». Ils reproduisaient des tableaux du XIXème siècle – très souvent issus de l’art pompier – en faisant dire des horreurs aux personnages représentés. Je me suis mis à faire ça avec des gravures que je chope dans des encyclopédies du XIX ème siècle, dans des vieux journaux d’il y a 150 ans. J’ai utilisé des dizaines de livres, la plupart était dans un état lamentable.Je n’ai fait que l’aggraver un peu plus même si, en général, j’essaie de scanner ou de photocopier pour abîmer le moins possible, ces livres. Mais je chine beaucoup, des encyclopédies du XIXème siècle, des Larousse. Pour les illustrer, depuis Gutenberg, la photo n’existait pas encore mais tout était représenté sous forme de gravures. Les récits de voyage, les grands événements poétiques, des prises de parole à l’Assemblée Nationale.

Il y a toujours une telle grandiloquence dans ces images que je casse un peu en faisant dire des platitudes aux personnages. Ou alors un petit commentaire crétin. Et visiblement, ça fonctionne.

Philippe Geluck - gravure détournée

C’est aussi l’occasion de parler de la diversité des styles qui foisonnent dans ce triptyque. Avec notamment cette pépite, cet album consacré au Scrabble. Là, les dessins sont comme des notes prises au vol. Vous ne les avez pas retravaillés ?

J’ai dessiné à la mine de plomb, qui est un terme un peu ronflant pour parler du gros crayon, et à la gomme. Il y a ce côté crado, un peu sali du dessin sur papier. C’est vraiment de l’ordre du crobar, de l’esquisse. Au final, je les ai gardés tels quels sans les pousser plus loin, sans les mettre au propre. Ils avaient un côté spontané que je voulais garder.

Et tous abordent le thème du Scrabble, qui est un peu votre plus grand cauchemar, non ?

Ces 72 dessins repris dans « Le Scrabble du dimanche » racontent comment ma femme me poursuit tous les samedis et dimanches avec sa boîte de ce jeu. Elle m’oblige à y jouer !  Avec l’argument que je travaille tellement toute la semaine et qu’il faut que je me consacre un peu à elle. On pourrait aller se promener… mais elle insiste pour faire un petit Scrabble. Dany est comme ça, pendant les vacances, c’est pareil. Il y a d’ailleurs quelques scènes autour de la piscine. Ma femme ne me lâche pas ! Et en plus, elle est très forte. Souvent j’ai l’impression, quand je gagne, qu’elle me laisse gagner pour s’octroyer une belle. C’est très douloureux…. Non, je plaisante ! J’adore ça, je l’aime, elle, j’aime le Scrabble. Mais, ici, je me fais passer pour une victime.

Le Scrabble, c’est mélanger les lettres pour trouver des mots, vous vous mélangez des mots pour trouver des proverbes d’humour. Vous en avez trouvé des tonnes, mais n’avez-vous jamais cette peur de la feuille blanche ?

Je n’ai plus le temps d’en avoir peur. Un jour, je me suis demandé, est-ce que s’angoisser pour des choses, ce n’est pas une perte de temps et d’énergie ? Le comédien qui a le trac avant de monter sur scène, est-ce vraiment productif ? Moi, j’essaie de relativiser les choses, de prendre de la distance tout en restant très vigilant sur la qualité de ce que je fais. Si je me mets à m’angoisser à l’idée de ne pas trouver, ça me boufferait de l’intérieur et me prendre de l’énergie.

Philippe Geluck - Sur scène - Namur - le chat fait des petits (90)

C’est comme quand vous chauffez une maison en plein hiver, si vous ouvrez grand les fenêtres, ça ne sert à rien de chauffer. J’ai l’impression que l’angoisse, c’est ça, du rétropédalage. C’est mettre des glaçons dans son café alors qu’on le veut chaud. C’est contre-productif. J’ai évacué ça pour concentrer tous mes neurones sur la création elle-même et la réalisation, du mieux que je peux, de ce que je fais.

Ce qui est bien avec vous, c’est que vous en mettez partout. Il y a les planches bien sûr, 72 par mini-albums (donc 216 en tout), mais vous utilisez aussi les pages de gardes, l’intérieur du coffret. Tout le contenant est sujet à gags et à dessins. Vous aimez ça, non, de jouer avec le format de bande dessinée ? On le retrouve aussi dans quelques strips : comme celui où les phylactères du Chat sont customisés ou cet autre gag où les enfants du chat croient assister à un lever de soleil alors que ce n’est que le chat qui avance en parlant à l’aide d’une bulle.

J’ai toujours fait ça, jouer à la fois sur le fond et sur la forme. Il y a les idées qui marchent toutes seules, qui pourraient être écrites ou dessinées. Puis il y a ce jeu avec les codes. J’essaie de le faire chaque fois différemment. Là, j’utilise les phylactères comme une forme vraiment réelle alors que c’est une convention. C’est ce qu’on appelle la bulle en Bande Dessinée. Elle n’existe pas, c’est juste la bande-son de la BD. Et moi, justement, ici, je la fais exister de manière graphique comme si c’était quelque chose de présent physiquement dans la case. J’essaie de faire feu de tout bois, en fait.

J’ai l’impression que la bande dessinée, c’est aussi de plus en plus ce jeu avec la forme. Avec des dessins qui sortent des cases, des auteurs qui veulent apporter leur patte au format. Alors qu’avant, si on lit Franquin par exemple, la BD se passait dans les cases, pas à l’extérieur.

C’est vrai et il faut faire attention de ne pas tomber dans l’excès inverse et que le format prime sur le sujet développé. J’essaie de prêter attention aux deux, que le format soutiennent un propos, qu’il vienne un peu comme la cerise sur le gâteau… tout en n’étant pas le gâteau ! Le gâteau, c’est l’ensemble des gags, de ce qui est dit dans le livre.

Philippe Geluck - Le Chat fait des petits - Tintin

Le format des trois derniers albums que j’ai faits équivaut, à chaque fois, à un double-album classique. Je ne me facilite pas la vie, là où des collègues sortent un album, j’en fais deux à la fois et trois ans de suite. Donc, pfff, faudra que je fasse gaffe pour la suite, je ne peux pas continuer à multiplier ça indéfiniment.

Vous êtes à Namur ce soir pour présenter cette conférence-spectacle. On sait que c’est la patrie d’Henri Michaux dont vous avez interprété le Plume. Mais quel rapport avez-vous avec cette ville ?

Namur me parle énormément parce que mon père y est né, un. Ma femme y est née aussi, deux. Henri Michaux aussi, tiens, trois. Mais, ce sont les cousins, c’est la famille, je me sens chez moi. J’ai des racines qui sont ici. J’y ai toujours été formidablement accueilli que ce soit en librairies ou pour le Jeu du dictionnaires. Je me souviens d’une fantastique émission faite au théâtre de Namur et dont je garde un souvenir très ému. Parce que c’était une de mes dernières apparitions dans cette émission et qu’il y avait une ambiance incroyable. J’ai d’ailleurs repris plusieurs extraits de cette émission-là sur mes disques du Petit Roger. Je me souviens de cette soirée comme si c’était hier.

Puis, je crois avoir joué Un certain Plume d’Henri Michaux dans cette même salle de la Maison de la culture sur laquelle je m’installerai ce soir. J’ai des tas de liens. L’avenue Golenvaux et le centre de la RTBF, comment ne pas en parler, j’y suis venu un très grand nombre de fois. J’y ai fait ma toute première intervention-radio de ma vie en 72 ou 73 quand j’étais encore étudiant à l’INSAS. Donc, il y a beaucoup de premières fois à Namur. Je l’aime. Puis, une ville avec un fleuve c’est quand même irremplaçable.

Philippe Geluck - Sur scène - Namur - le chat fait des petits (116)
« To be or not to be? » À Namur, tout le monde voulait devenir un C(h)at devant un Philippe Geluck très en forme et pas tout seul. En effet, c’est avec sa mère (son crâne surtout) que l’humoriste est venu. Promesse à tenir!

Dans l’album consacré au Scrabble, vous mettez une date sur votre tombe, 2043. Ce qui laisse présager que vous vivrez jusqu’à 89 ans. Ça fait encore pas mal de rêves à accomplir ?

Effectivement, la dernière planche du livre sur le Scrabble représente ma femme qui vient encore faire une partie de Scrabble sur ma… tombe. Elle ne me lâchera donc jamais. J’ai donc mis une date de naissance et une date de décès. Vous avez fait le calcul. 89 ans, je me dis que c’est bien si je peux être en forme jusqu’à cet âge-là, c’est très bien. Si, à un moment, ça ne va plus, je veux qu’on me pique comme un vieux chat qu’on aimait mais qui ne prend plus de plaisir à vivre. Je me dis que l’âge moyen chez nous, c’est un bon 80 ans. Si c’est en forme, tant mieux. Si c’est pour être comme un légume, merci bien ! Je n’en ai pas envie.

Le temps qu’il me reste jusque là n’est plus si long. Les prochaines années vont être consacrées au Musée que je prépare à Bruxelles. Depuis les grandes expositions de 2003 à Autoworld ou à l’École des Beaux-Arts de Paris, j’ai envie de poser cela dans un lieu pérenne. Qui ne demanderait pas de passer deux ans de notre vie pour préparer un projet alors qu’il sera démonté quelques mois plus tard. J’en ai parlé à des politiciens belges, au fédéral. Un conseil, ne faites jamais ça! Un peu découragé, je me suis dit que c’était peut-être une mauvaise idée. Mais l’envie était si forte que je me suis retourné sur des partenaires privés. Je devais acheter un bâtiment et je n’ai pas des moyens illimités pour ce faire. Entendant parler de ça, un élu du Sud de la France m’a fait une proposition pour installer le Musée dans la petite commune de La Barben. Voyant cela, tous les politiciens bruxellois ont rappliqué et Rudi Vervoort m’a proposé le bâtiment 1930, à côté des Beaux-Arts. Si vous sortez de chez le Roi et la Reine, vous prenez à gauche et vous y êtes – si on peut faire une terrasse-bar sur le toit face au Palais Royal, on pourra demander un supplément pour les tables proposant une vue sur la salle de bain de Mathilde.

Le bâtiment m’est attribué, il sera restauré. Moi, de mon côté, je contacte des partenaires privés pour installer le Musée dans ces lieux. L’ouverture serait prévue en 2019. Le Musée sera celui du Chat mais aussi du dessin d’humour. Les cartons de mariage sur lesquels le Chat a vu le jour y seront, de même que mes premiers pas dans le dessin. Il y aura aussi deux fois par an une grande exposition avec des toiles monumentales, des statues et de l’interactivité. Une partie du musée sera réservé à l’animal-chat tel que représenté dans l’Art de l’Égypte Ancienne à nos jours. J’aimerais trouvé des originaux de bande dessinée de Hergé, Franquin, Peyo, tous ceux qui ont dessiné des chats, ne fût-ce que fortuitement. Et il y aura toute une autre partie du Musée dédié à la grande exposition d’un maître du genre invité: Sempé, Siné, Kroll, tous ces gens qui rendent cet art du dessin d’humour noble! Je croise les doigts pour que les pouvoirs publics tiendront leurs promesses et que le architectes et entrepreneurs œuvreront comme il le faut. J’espère que ça se concrétisera tant que j’en ai encore l’énergie. Moi, je suis prêt!

Et puis, je voudrais vraiment être vigilant pour sauver du temps, en garder, pour le consacrer aux miens, à ceux que j’aime. À mes enfants et à mes petits-enfants. J’en ai trois pour l’instant, entre 7 mois et deux et demi. C’est un des plus grands bonheurs de ma vie de voir arriver ces petits bouts. Je me plais à faire le con avec eux. C’est trop bien, je ne veux pas passer à côté de ça !

On vous le souhaite, merci beaucoup Philippe!

Toujours aussi généreux, Philippe Geluck a fait un beau cadeau au BD Bus, partenaire du spectacle.

Voici quelques photos du spectacle à Namur. Dernière date le 23/10 à l’Eden de Charleroi.

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