La couleur et la peinture réchauffent certaines rues moribondes de notre si belle capitale wallonne: cet exploit ne pouvait être réalisé que par quelques Namurois fous d’art

Un projet ambitieux réalisé de main de maître en deux mois à peine. Des toiles de 80×80, un thème imposé et 12 apôtres de la peinture. Le miracle a eu lieu, dans une galerie Pop up mais en réalité, elle est bien plus que ça…

Je vous avoue que, quand j’ai rencontré pour la première fois les gérants de la Galerie Foudart lors du Festival Pshitt de Namur, leur projet m’a tout de suite plu. Pour ne pas laisser leur bâtiment à l’abandon en attendant le commencement des travaux de rénovation, notre charmant couple on proposé aux artistes d’investir leur galerie éphémère. Depuis, les artistes se succèdent et apportent à chaque fois leur propre univers pictural. Et on peut dire que le rue dans laquelle se trouve la galerie, rue Rogier, a bien besoin de couleurs et de vie. Car elle a tendance à la désertification pour notre plus grand malheur.

Au gré de mes rencontres, j’ai eu l’occasion de rencontrer Vincent Detry (du magasin Grafica). Il m’explique alors son projet fou (oui, c’est un mot qui reviendra souvent) de créer un évènement en seulement deux mois. Il a voulu réunir plusieurs artistes autour d’une exposition et d’un thème commun,  Carrément Joyeux, Pour l’exprimer? Deux toiles de 80X80 par personnes. C’est la galerie Foudart qui accueillera ces joyeux drilles, tant pour leur ouverture sur l’art que pour leur engagement personnel. Cela me semble des plus logiques. Le partenariat lancé, il ne manquait plus qu’à trouver les artistes. Vincent m’explique alors qu’il a demandé à des artistes qu’il connaissait si ils voulaient y participer. Après  quelques refus, pas parce que le projet n’étaient pas bon mais seulement car certaines techniques utilisées par certains ne pouvaient pas être développées sur si peu de temps. Je ne sais pas vous mais, moi, je suis emballé par son initiative.

Et je peux vous dire que cette exposition dépasse de loin ce que j’attendais. Les toiles symétriques mais très variées se marient parfaitement avec la déco qui avait été réalisée pour une autre manifestation (Pshitt Festival). L’accueil des propriétaires et les commentaires sur l’exposition sont au top. On se sent chez des amis et non chez des critiques d’art acerbes. Il est vrai que le couple ne prélève aucune somme sur les transactions entre les peintres et les clients. Ils me décrivent l’ambiance bon enfant régnant pendant la préparation, je pense réellement que cela se ressent.

Les oeuvres, hormis le format et le thème commun, se démarquent toutes les unes des autres. Pour certaines le « Joyeux » est un peu caché ou ironique et pour d’autres on part sur du figuratif plein d’émotions. Il y en a pour tous les goûts. Je dois bien avouer que deux artistes m’ont beaucoup touché. Tout d’abord Guy Detry.

Son monolithe obscurantiste érodé par ce nez de clown. On le voit se transformer en volutes évanescentes de teintes délicates. Cette toile est empreinte d’une immense poésie.

Et ensuite Opak.

On sent la dextérité et la précision des lignes qui procurent un sentiment de maîtrise très rassurant. On se plait à contempler son design et son architecture complexe et cela m’a procuré beaucoup d’émotions positives (je suis curieux et on aura une discussion sur la technique qu’il a utilisé).

Je suis un peu étonné du manque de publicité ou d’engouement pour ce genre d’initiative malgré la proximité d’écoles d’art ou des médias locaux. Il est quand même dommage que certaines écoles préfère le Louvre ou un week-end à Florence plutôt que d’aller voir ce que font les artistes locaux et souvent encore vivant. Mais ce constat est le même pour les autres manifestations organisé par le Delta ou l’ASBL Gau Namur.

Voici la liste des artistes et la manière qu’ils se décrivent.

Je n’ai qu’une chose à vous dire. Rendez-vous à la rue Rogier, à la Galerie Foudart, et allez à la rencontre des ces illuminés. Laissez-vous transporter. Le monde est de plus en plus triste et sombre alors ne vous privez pas de la lumière de ces artistes accessibles, badins et sincères. Merci beaucoup pour cette superbe initiative.

À voir du 15 au 30 novembre 2019, les vendredis, samedis, dimanches de 15h00 à 19h00.

5 commentaires

  1. …un peu comme  » mettre des couleurs sur le gris des pavés « …
    C’est déjà une petite réponse à la médiocritude ambiante et aux murs qui se dressent partout et derrières lesquels leurs bâtisseurs finissent par s’encager eux-mêmes…et vouloir encager les autres…
    Continuez…Namur…ville ouverte à l’expression culturelle et artistique plurielle …

  2. Très belle initiative, hâte d’aller découvrir les oeuvres.
    Par contre je regrette qu’il n’y ai aucune artiste femme sur les 12 artistes !
    On est qd même en 2019, comment est-ce possible ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.