L’évangile héroïque selon Poussin Bleu par Sagace et Monsieur Le Chien : « Qu’il soit bleu, c’était un vrai risque créatif ; la logique marketing eut voulu que nous le fassions roux »

Poussin 1er, le gallinacé philosophe d’Éric-Emmanuel Schmitt a eu une courte vie. Pour lui succéder, nous appelons Poussin Bleu, déjà entré dans la légende, à la manière de Fluide Glacial (qui n’a pas pris de coup de Bamboo, nous en parerons aussi) et de Monsieur le Chien et Sagace. Un gros délire qui prend le meilleur de la parodie et de l’esprit vif et WTF pour les emmener en balade dans l’heroic fantasy. Nous avons rencontré les deux auteurs. Interview-fleuve autour de gentil vilain petit poussin.

Photo de couverture: La planète dessin

Bonjour Monsieur Le Chien, comment cette étrange et légendaire histoire de Poussin Bleu a-t-elle démarré ?

Monsieur Le Chien : À la demande de Yan Lindingre. Il souhaitait que je produise une histoire plus fédératrice, apte à toucher un public plus vaste. De fait, mes premiers albums chez Fluide traitaient d’un type en phase terminale et d’un apprenti serial-killer/violeur : toutes choses peu faciles pour un(e) libraire confronté à la maman qui cherche une BD drôle pour son petit Dylan. Mais en gardant la touche fluide néanmoins.

Une fois les personnages définis et le début de la saga lancée, Sagace – qui est ma compagne en dehors de ses activités scénaristiques- a regardé le poussin avec intérêt, elle aimait le personnage. Elle a commencé à me proposer des pitchs, une idée par ci, un concept par là ; j’ai vu que tout ça l’amusait alors je lui ai proposé de monter franchement à bord. De plus, dans la perspective d’un ouvrage plus fédérateur, elle amène une grosse culture pop (dont je ne dispose pas, je suis un être terne qui s’épanouit dans les livres sans images et s’ennuie devant les séries) à même de plaire à tout un tas de gens.

© Monsieur le Chien

De plus , elle a une capacité très intéressante pour moi : elle trouve très rapidement des pitchs, ce qui est ma kryptonite. Autant, je sais faire des histoires très facilement, autant l’idée initiale m’est toujours un challenge.

Sagace : C’est vrai que j’ai les idées générales plus vite que lui. Mais pour le déroulement, c’est lui.

C’est votre culture pop qui s’exprime alors ?

Sagace : Ce n’est même pas pop, c’est un peu de tout, du cinéma. Lui, ce n’est pas que rien l’intéresse… mais, moi, tout m’intéresse.

Monsieur Le Chien : Oui, bon, il faut des ouvriers à un moment (rire)

Sagace: C’est vrai que je suis très cinéphile. Mais en BD, on n’aurait rien à se dire, il y a deux BD que nous aimons en commun. (Il pouffe).

© Sagace/Monsieur le Chien

Pourtant, si le nom de Sagace apparaît sur la couverture du tome 2, ce n’est pas le cas du premier.

Monsieur Le Chien : Non, en effet. Elle m’a rejoint en cours de route et la demande à ce qu’elle figure au moins sur la couverture a donc été évoquée tardivement à Fluide. Je n’imaginais pas mais ça a été problématique. Fluide avait déjà eu des problèmes juridiques de cette sorte, à savoir qu’il aurait fallu éventuellement revenir sur des histoires déjà faites et payées pour la repayer. Il y avait celles que j’avais faites seul et ensuite celles où elle avait participé, c’était compliqué juridiquement puisqu’on ne peut se baser sur la seule bonne foi à un moment T. Bref, ils n’ont pas voulu. Tant pis, c’était un bonus qu’elle soit sur la couv’. Mais la situation était claire et balisée pour le tome 2. Ça lui a fait mal au cœur sur le moment, la BD plaisait tellement à sa fille, Sagace en était fière. Mais bon, ça n’était que partie remise, les aléas, quoi.

Vous parliez de la fille de Sagace, vous lui avez fait lire cette histoire ?

Monsieur Le Chien : Un test grandeur nature sur une enfant de 12 ans. Et force était de constater qu’elle rentrait bien dans l’histoire. Même si quelques astuces, évidemment, lui échappaient. Comme le don de la langue dont est pourvu Poussin Bleu et que nous laisserons au lecteur le soin de découvrir. Puis, une fois ou deux, cette première lectrice nous a donné des idées. Comme dans cette scène où des paysans clouent des chouettes à leurs portes. Elle nous a dit qu’il faudrait mettre un « bac à chouettes séchées ». Nous nous sommes exécutés. Bon, nous ne lui avons pas reversé de droits, nous aimons trop l’argent pour partager avec cette sale gosse.

L’oiseau bleu, c’est celui de Twitter, non ?

Monsieur Le Chien : Hé bien, non. Je ne suis absolument pas consommateur de Twitter. Je me suis mis sur Facebook un peu obligé par une lectrice fan de mon travail, c’est dire.

© Monsieur Le Chien

À la base, il y avait donc cette demande de Yan. Être fédérateur… mais comment l’être ? Je vous l’ai dit, j’ai du mal à pitcher. Du coup, je marinais. À l’époque, j’envoyais des textos à Sagace, très gentils, pas agressifs ni sexuels. Elle m’envoyait des smileys de dragon. Et moi de… poussin, ces deux animaux nous représentaient. Mon portable datait de 1912, du coup, ledit smiley apparaissait en poussin noir un peu benêt avec deux billes blanches pour les yeux. J’ai trouvé ça amusant et je me suis posé la question comment l’exploiter. J’ai encore mariné un peu et je suis arrivé au concept de Poussin-bleu !

Une fois accepté, j’ai donc emmené cette créature dans une guerre des dieux, dans le même univers que Féréüs le fléau, un de mes précédents albums. Ce poussin tout bleu, c’était un vrai risque créatif ; la logique marketing eut voulu que je le fasse roux. En effet, alors qu’il y a 3000 rouquins dans le monde, ils comptent pour moitié parmi les héros de BD : Spirou, Pélisse, Tintin,Lanfeust, etc. Mais l’Art est mon seul maître et j’ai résisté à la facilité pour le garder bleu, donc.

Comment l’avez-vous typé ?

Monsieur Le Chien : Je l’ai voulu très gentil, sincèrement gentil, toujours poli (il vouvoie tout le monde), un peu naïf – après tout, il a 15 jours au début de l’album- et courageux, presque un héros de la BD de jadis. C’est clairement mon personnage le plus sympathique et je craignais qu’il fût ennuyeux, après tout, les salopards sont tellement plus sympas à faire vivre en tant que personnages. Et puis en fait, ça s’est bien fait et j’avais un très grand plaisir à le garder aussi gentil au milieu de toutes les crapules et ordures qui l’entourent.

© Sagace/Monsieur le Chien

Après, pour l’aspect visuel, c’était un peu commandé par le smiley apparu en noir et blanc évoqué précédemment puisqu’il m’amusait. Je ne suis pas un grand dessinateur, j’ai fait le deuil d’être l’égal de types fabuleux comme Bernet ou Risso, ce qui m’importe, c’est d’être efficace. C’est ça mon métier, raconteur d’histoire. Je fais donc cinq-six dessins de warm-up, utilise Google Image pour les recherches, puis je me lance. Le poussin a une bonne bouille, je suis content. Mais il y en a d’autres, j’ai découvert à l’occasion de ce diptyque que j’avais un coup de crayon sympa sur les animaux. C’est vraiment une découverte-surprise, je vais réfléchir là-dessus. D’autres bestioles ont des bonnes têtes.

Comme ?

Monsieur Le Chien : Le chien de l’enfer, Skrilos… créé à la demande de Sagace. Elle m’a collé un archi-méchant, avec une de ces gueules… C’était pénible, chiaaaaant à dessiner. (Rires) Je ne suis pas Schuiten, moi. Mais mon second favori reste le crabe mégalomane.

© Sagace/Monsieur le Chien/Mistablatte chez Fluide Glacial

Poussin-Bleu, c’est un anthropomorphe, sans vraiment l’être.

Monsieur Le Chien : Et pourtant les récits animaliers, ça n’est pas ma came habituellement. « Blacksad » m’avait marqué évidemment, comme tout le monde. Enfin pour la maestria technique de Guarnido, le scénario m’endort plus qu’autre chose par contre. Ah si ! Il y avait « Rose Profond » aussi, de Pirus et Dionnet, une de mes meilleures lectures, parfaite synergie entre le dessineux et le scénariste.

Et l’heroïc fantasy ?

Monsieur Le Chien : Ça m’ennuie. J’en connais néanmoins tous les codes, cela dit, ce n’est pas très évolutif, disons-le. Parmi mes nombreux défauts, je suis/ j’étais rôliste. Genre Deadlands, Cyberpunk, Vampire… alors forcément, l’heroic-fantasy, j’ai un peu frayé avec.

Sagace : C’est vrai que ce n’est pas une culture d’heroic fantasy, il possède plus une culture de gamer. Pour moi, gamer veut dire no life.

Monsieur Le Chien : Restons tout de même sur rôliste. Gamer, c’est plus un joueur de jeux vidéo et Dieu sait si je m’évanouis d’ennui devant un jeu vidéo.

Les albums d’heroïc fantasy me sont souvent tombés des mains, c’est vrai. Mais il en faut et c’est très bien que ça existe, c’est une case produite comme une autre et je n’ai jamais trop compris le mépris que j’ai perçu dans le milieu pour les auteurs qui en font. Quand je pense à l’héroic fantasy, comme tout le monde, je pense à Soleil. Ses auteurs étaient plutôt mal considérés quand je suis arrivé en tant qu’auteur dans les festivals, ils se faisaient pas mal casser de sucre sur le dos. C’était crétin. J’avais un peu mal au coeur pour eux car je suis sensible, voyez-vous.

© Monsieur Le Chien

Puis, les auteurs issus de la période des blogs BD sont arrivés dans cette belle confrérie qu’est le milieu BD. Dont moi. Et les auteurs Soleil ont commencé à nous taper dessus car ils avaient trouvé encore plus bas qu’eux. Bon, j’avais peut-être été trop sensible pour eux. Ils étaient juste des salopards comme les autres, j’espère qu’ils mourront dans des souffrances atroces et leurs familles aussi.

Sagace : Pour revenir à l’album, parfois, je l’ai empêché de mettre des choses que personne ne comprendrait.

Justement, quelles sont les limites ? Moi, j’ai eu l’impression que vous vous permettiez tout.

Monsieur Le Chien et Sagace, en choeur : Pour nous, il n’y en a pas eu.

Monsieur Le Chien : Fluide a quand même signifié qu’avec les sept soeurs de la libre vie – ces espèces de quarante voleuses qui ne sont que sept – ou l’ogre, on avait peut-être atteint le quota de choses qui grattent et qu’il fallait revenir à du « pouet-pouet » plus standard.

© Sagace/Monsieur le Chien/Delf chez Fluide Glacial

Sagace : Après, il y a une balance. Si nous mettons un truc vraiment bien chaud, d’un côté, et qu’on veut encore en mettre un après, on reste vigilant. Comme avec Maïsha-Gros-Bras dans l’arène. Nous l’avons dégagée au premier round. C’était la première que Drouz devait tuer. Dans les gradins, il y avait les gosses avec des banderoles « Vas-y maman »! Normalement, elle devait être réduite en pulpe sur tous ses gamins. Repeints avec les boyaux de leur mère. On s’est dit que, finalement, on allait peut-être y aller un peu plus mollo. Mais on aurait pu.

Justement, au niveau de l’éditeur, vous avez vécu la passation de pouvoir, le rachat de Fluide. Vous avez senti un changement de tendance, de ton ?

Monsieur Le Chien: C’est assez rigolo parce que les auteurs de Fluide Glacial et leurs amis, du moins ceux que je voyais intervenir sur les réseaux sociaux étaient, d’une part, outrés parce qu’ils pensaient être les seuls détenteurs du bon mot, de l’Humour avec un grand H face à Bamboo qui « n’était que Les Profs, Les Pompiers, etc. », et d’autre part très inquiets: « mon dieu, il va y avoir des charrettes ». Je trouvais ça un peu ridicule. Typiquement, celui qui achète la marque Fluide va faire des changements à la marge, inévitablement, mais ne va pas en changer l’ADN, justement, en injectant au kilomètre des pages sur Les Profs ou Les Pompiers, ça serait complètement contre-productif. C’était une peur stupide. Donc du mépris pour Bamboo et même de l’agressivité franche. Certains n’ont vraiment pas fait dans la dentelle, versant même dans l’attaque ad hominem sans même savoir à quelle sauce ils seraient mangés.

Sagace : Certains ont été orduriers, même. Fluide et Bamboo, ce n’est pas la même chose, c’est évident. Et puis quoi ? Ça n’induisait pas nécessairement que Fluide devienne une vitrine des produits Bamboo ; ensuite, les BDs qu’ils trouvaient « de merde », elles se vendent très bien et tant mieux, et permettent justement de faire vivre des productions Fluide plus confidentielles. Bamboo va continuer à en faire vivre beaucoup mais ils n’y réfléchissent pas. Ils crachent dans la soupe alors que c’est ce qui les fait vivre. Bamboo leur sauvait les fesses. Ce n’était pas le même secteur de marché. Après, quand on ne peut pas avoir l’honnêteté de le reconnaître…

© Monsieur le Chien

Donc les charrettes ont bien eu lieu… avec eux ?

Monsieur Le Chien : Boh non, en plus. Pour ma part, je ne connaissais pas Olivier Sulpice mais ce fut une découverte très agréable. J’ai rencontré un type abordable, sympa et qui ne pétait pas plus haut que son cul et qui a réussi par son travail, ce que je respecte énormément. Exemple : à un moment, il se faisait hacher menu sur les réseaux sociaux, Maëster est alors intervenu, parce qu’il voyait bien que tout le monde lui bavait dessus, et il a dit aux gars de se calmer. Il a raconté qu’après son accident (NDLR. un AVC, en septembre 2015, dont il se remet toujours), et alors qu’il ne bossait pas chez Bamboo, Olivier Sulpice avait sorti le carnet de chèques pour lui offrir une station complète; ordinateur, tablette wacom…; 6000€, juste pour que Maëster puisse dessiner confortablement à nouveau vu qu’il est une légende BD. La démarche mérite d’être soulignée, non ? C’est pas mal la classe. Ça a calmé un peu la meute.

Et vu les trucs qu’ils ont sortis sur lui, que certains continuent à publier chez Fluide sans être de grands vendeurs, ça prouve qu’Olivier Sulpice est quand même plutôt cool.

Sagace : Bon, niveau méthode de travail, il a un peu serré la vis. Parce que les rendus avec trois mois de retard… Puis, la bande qui avait l’habitude de se refiler du boulot, de faire des bouclages à n’en plus finir, les bons hôtels, ça lui a fait drôle de s’apercevoir qu’elle avait un patron maintenant. Un minimum de rigueur, c’était normal.

Revenons dans le monde du Poussin Bleu. Justement, vous y animez une guerrière. Maïsha-Gros-Bras. Une vraie femme marquée par la vie. Pas la belle nana façon Dany. C’est une mère, d’une marmaille, qui part à l’aventure.

Monsieur Le Chien : C’est vraiment un personnage que j’aime beaucoup. Sagace la détestait depuis le début, par contre. Et j’ai envie de dire: c’est là qu’on voit le talent (rire) car tout de suite, l’éditeur m’a contacté et m’a demandé de ne pas la faire mourir, tant pis pour la haine de Sagace ! En fait, c’est l’héroïne choisie par le dieu de la sagesse. Je trouvais ça bien que ce soit une femme qui connaisse un peu tous les problèmes qu’on peut avoir dans la vie, en tant que parent etc.

© Sagace/Monsieur le Chien/Mistablatte chez Fluide Glacial

De manière plus générale, je ne suis pas féministe pour un sou, mais ça fait bien longtemps que je me préoccupe de ce genre de choses dans mon coin. Et quand on puise dans le pot heroic fantasy, on se retrouve souvent avec des nanas qui ont une armure pour la forme , qui laisse apparaître des roploplos généreux. J’aime bien faire apparaître une paire de meules, ce n’est pas le souci, mais pour une combattante, les armures sexy, c’est pas possible, quoi. Maïsha-Gros-Bras, c’est Madame-Tout-Le-Monde, et on n’est pas sur de la bonasse de 22 ans en string métal. En plus, c’est toujours rigolo de manier des personnages plutôt grognons, qui ont un seuil de tolérance extrêmement bas (forcément, avec ces longues journées).

Et pourquoi, vous ne l’aimiez pas ?

Sagace : Je la trouvais moche. Je trouvais sa stature bizarre.

Monsieur Le Chien : L’antipathie naturelle. C’est Madame-Tout-Le-Monde. Et tous les gens chez Fluide adoraient ce personnage. C’est rigolo.

Sagace : Je me suis vengée et lui ai mis Skrilos dans les pattes.

Mais, dans votre histoire, vous ne vous facilitez pas la tâche. Il y a tellement de personnages. Les dieux, les héros…

Monsieur Le Chien : En effet, pour le coup, ce fut une vraie difficulté. Les quêtes initiatiques, au sens large, en général, sont assez faciles à appréhender, niveau structure. Mais quand on arrive avec plusieurs personnages, qu’il faut faire avancer de concert, qu’il faut trouver les bonnes ellipses, je me suis dit que ce serait plus compliqué que prévu. Je pense m’en être pas mal sorti. Une journaliste a noté dans une chronique cet effort de scénario. Elle avait vu que sous couvert de bordel ambiant, c’était bien organisé. Ça m’a fait vraiment plaisir, c’était mon susucre. Le but n’est évidemment pas que ça se voie, mais ça fait plaisir. Nous nous sommes vraiment penchés là-dessus, Sagace et moi, pour que ça fonctionne avec, comme contrainte supplémentaire, le système par épisode du magazine Fluide Glacial. Il y avait quand même beaucoup de monde.

Storyboard © Monsieur le Chien

J’aime aussi ce côté foutage de gueule du tome 2. On imagine que ça va être la suite, que la quête ne va pas se résoudre si facilement. Et bien si, en deuxième planche, vous clôturez le premier suspense du tome 1. Poussin Bleu obtient son Graal, rien de plus facile. Enfin… pour accéder au deuxième niveau.

Monsieur Le Chien : Autant on vend un truc simple, autant on s’est dit qu’il serait bien de tirer le tapis sous les pieds du lecteur. D’autant plus facile qu’il y avait tellement d’autres personnages à faire vivre, que ce n’était pas gênant. Et ça nous permettait de développer le petit personnage qui, contrairement aux autres qui roulent pour leur gueule, il prend vraiment le temps d’aider les gens. Il est sincèrement gentil. Ce n’est pas juste un neuneu, naïf.

Des personnages, il pourrait encore y en avoir plus. Vous pourriez faire un crossover avec Féréüs, une autre de vos séries. Un univers étendu, de quoi faire peur à Marvel et aux autres.

Monsieur Le Chien : C’est vrai. J’ai demandé aux deux éditeurs s’ils étaient d’accord que les deux univers se chevauchent. Dans un premier temps, ce croisement est visible sur les noms de lieux. Mais, pourquoi ne pas intégrer Féréüs, à un moment. Mais je crois que je vais m’en priver : Féréus est extrêmement charismatique et j’ai peur qu’il étouffe un peu Poussin Bleu.

© Monsieur le Chien chez Makaka

Pour le tome 3 et son histoire, nous nous cherchons à partir de la carte qui a été réalisée dans le tome 2 de Féréus. Et intégrant donc l’histoire du premier tome de Féréus. Ce sera cohérent. Et ça va permettre de développer des personnages vraiment en lien.

Il est bien avancé ?

Monsieur Le Chien : Juste les grandes lignes. J’ai appris que le coffret… enfin, l’écrin sortait en juin. D’ailleurs j’ai appris la différence de terminologie. Un coffret c’est quand les albums sont regroupés, en dur, que ça fait un peu prestige. Et ça se paye. Un écrin, c’est plus dans le cadre d’une opération commerciale, à savoir deux albums au même prix avec une couverture bristol, alternative, qui relie les deux.

Puis, je participe à un ouvrage collectif sur la ville du Mans et son histoire, chez Petit à Petit. Je réalise sept pages dedans. Puis, quand nous partirons avec Sagace en vacances, je profiterai du fait qu’elle est en tong et en maillot pour lui dire toutes mes idées et avancer mes pions.

Sagace : Ah oui, t’en as ?

Monsieur Le Chien : Tu verras.

Puis, je lisais dans une interview, qu’avec l’arrivée de Bamboo, il y avait une volonté de faire des diptyques.

Monsieur Le Chien : Exact. C’est une des consignes. Moi, au tout début de Poussin Bleu, je voyais ça en trois albums, à la louche. ‘Eul patron m’a dit que ça ne les arrangeait pas. Il a cité Largo Winch comme exemple de mise en forme. En disant, d’une part, que cela permettait de développer un arc narratif, et, d’autre part, si on se prend une tôle, de quand même donner le deuxième aux lecteurs.

Recherche de blason © Monsieur Le Chien

Le troisième pourrait être un one-shot ?

Monsieur Le Chien : J’aimerais assez. Mais il faudra voir ce que nous établirons comme grandes lignes. Là, nous avons le pitch, les grandes séquences.

Qui est ?

Sagace : Ça s’appuierait sur les origines de Poussin-bleu et à nouveau sur les rapports de force entre dieux; on découvre dans le tome deux que le père du poussin-que l‘on ne voit pas- est un queutard fini et se tape toutes les poules qu’il peut. Qui est-il vraiment ? Quels sont ses réseaux ? Et en même temps que ces séquences familiales, le pouvoir des dieux rouges serait ébranlé par une immense force d’orkks au Sud…

© Sagace/Monsieur le Chien

Merci à tous les deux et bonne route dans cet univers foutraque à merveille !

Série : Poussin Bleu

Série : Poussin BleuSérie : Poussin Bleu

2 tomes parus

Scénario : Sagace et Monsieur le Chien

Dessin : Monsieur le Chien

Couleurs : Delf puis Mistablatte

Genre : Heroic Fantasy, Humour

Éditeur : Fluide Glacial

Nbre de pages : 48

Prix : 13,95€

Date de sortie : le 06/06/2018 et le 05/06/2019

Extraits :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.