Au BSF, malgré la pluie, Eiffel a convaincu avec panache, Christine & The Queens a ramené du monde et le Booba, Duc de Boulogne a fait son taf, non loin du Roi des Belges, face à des fans pas si nombreux

Ça y est, le Brussels Summer Festival, c’est parti, sous une météo maussade qui n’encourage pas vraiment à faire la fête. Pas de chance pour les organisateurs et pour le public qui, pour cette première journée, ne s’est pas montré très nombreux. À peine les deux tiers de la Place des Palais étaient garnis pour Chris(tine & The Queens) et il y avait aux alentours de 2.000 à 2.500 personnes à vue de nez au Mont des Arts pour Eiffel et Collectif 13, et bien moins pour Krakin’ Kellys et Les Fatals Picards.

Première journée pour le BSF et l’équipe de Branchés Culture est au taquet. Notre sélection de concerts est bien sûr subjective, il est donc possible que vous n’y trouviez pas vos favoris, mais ne nous en voulez pas, on ne peut pas être partout.

C’est au Mont des Arts que nous nous retrouvons après être passé devant la Place des Palais qui, sur le coup de 17h30, est plutôt clairsemée lorsque Arden s’y produit et lance le festival avec sa musique légère sur des airs « sweet pop » et percussifs accompagnés des textes personnels bercés par le voyage.

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Son Lux leur succédera avec ses compositions  faites d’improvisation sauvage qui font de la musique du groupe américain un mélange de pop électronique, de soul et de minimalisme. Pour amateurs éclairées. Axel et son objectif étaient sur place.

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Le temps est couvert mais sec et c’est dans des conditions convenables que nous assistons à la prestation des Krakin’ Kellys. Ces six Namurois réinterprètent le rock irlandais à la sauce américano-punk et le résultat ne peut que surprendre. À contre-pied des patrons du genre, les bostoniens de Dropkick Murphys, les Krakin’ Kellys partent de riffs punk-rock dont ils marient ensuite la vibrante énergie avec des mélodies inspirées de l’Ile d’Eire.. Malgré le trop peu de monde présent en ce début de soirée le groupe a convaincu par sa belle énergie et son côté festif fort communicatif.

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Place ensuite à Eiffel qui aurait mérité de faire la tête d’affiche au Mont des Arts. En 2019, le groupe de Romain Humeau sort un nouvel album, le sixième en dix-huit ans d’activité. Dix-huit ans au compteur déjà pour un groupe qui s’est toujours situé dans la marge. Car si ce nouveau disque, comme ses prédécesseurs, est marqué par l’envie d’en découdre, il est aussi peuplé de visions récurrentes et de personnages étranges. Bref, sur scène Eiffel décoiffe et envoie du lourd et le Mont des Arts se remplit au fil du set d’un public de plus en plus nombreux et conquis par le rock addictif et percutant du band français. Incontestablement, l’évènement rock de la journée !

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Car, il faut bien le constater, le rock au BSF est devenu désormais une denrée rare au profit d’une musique urbaine et électronique et d’une programmation typée que le public rock n’apprécie qu’assez peu. Résultat de ce changement brutal amorcé l’année dernière, le festival se coupe petit à petit d’un bon nombre de festivaliers qui s’en désintéressent aujourd’hui après l’avoir soutenu durant de longues années. J’en veux pour preuve une majorité de commentaires déçus lisibles sur les réseaux sociaux, et les déclarations mitigées des  festivaliers interrogés sur le vif sur le sujet durant ce premier jour. Et nier ce désintérêt flagrant d’un certain public serait faire preuve d’une réelle mauvaise foi.

Dommage donc de ne pas être parvenu à maintenir l’intérêt du public qui a fait le festival au profit d’un public nouveau et plus jeune que les organisateurs cherchent à rallier à leur cause, mais qui fonctionne avec de nouveaux codes, qui a manifestement moins de moyens, et ne se déplace en grosse majorité que pour voir ses artistes favoris. La vente des pass cinq jours n’est d’ailleurs pas sold out comme elle l’était quasi toujours à l’époque où le festival durait dix jours ! Elle continue toujours à être accessible au prix de 95 euros alors qu’il ne reste moins de cinq jours de festivités. Ok c’est toujours moins cher d’acheter un pass si vous voulez venir trois jours à 45 euros la journée, mais le manque d’intérêt de cette formule comparé aux éditions précédentes témoigne réellement d’un changement de  mentalité et de public. Espérons malgré tout que les organisateurs ne soient pas aveugles et sourds aux remarques lues dans la presse et sur les réseaux sociaux et rectifient quelque peu le tir pour les années à venir, car Bruxelles mérite de garder un festival rassembleur et attractif aux multi influences musicales  où se retrouveraient avec le même bonheur tous les publics et toutes les générations. Fin de la parenthèse.

C’est maintenant au tour du Collectif 13 de monter sur les planches au Mont des Arts. Cette tribu bigarrée qui se retrouve et se bouscule autour de valeurs communes (la liberté, la fête, le partage et la solidarité) a tout pour mettre une solide ambiance et a rassemblé un public familial venu pour s’amuser.  Bizarre, par contre, de les avoir programmés entre Eiffel et les Fatal Picards qui attirent eux un public différent.

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Pendant ce temps, c’est Tove Lo qui déploie sa pop dansante devant une Place des Palais remplie de moitié et sous une pluie battante. Notre photographe Axel a aimé, Pierrot n’a pas été enthousiasmé et pour ma part je laisse ce style de musique à ses amateurs.

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Retour au Mont des Arts pour assister au concert des Fatal Picards qui avec un set énergique ont défendu humour, rock et chanson française devant une foule à nouveau bien trop maigre, la pluie en ayant découragé plus d’un.

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La soirée s’est terminée par le concert de Christine & The Queens que notre photographe Axel a immortalisé pour vous sur une Place des Palais remplie cette fois aux deux tiers.

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Le lendemain, jeudi, c’est par une visite à la Place des Palais que je commence mon parcours. Il est 17h30 et sur scène on retrouve Lord & Hardy, duo composé de Maxime, alias Lord, et Grégoire, alias Hardy. Avec un Max, tout frêle, et un Grégoire qui en impose avec ses 120 kg, quoi de plus de normal que d’avoir choisi ce surnom pour nous proposer un hip hop un peu old school non dénué de charme. Sympa et à suivre !

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Quelques marches à descendre pour rejoindre le Mont des Arts où Pomme termine son set devant un public charmé par la jolie voix et les compositions tendres et fragiles de la jeune femme qui se produit sans doute pour une des dernière fois en solo, son prochain album sortira bientôt et elle le défendra avec un groupe. Un set plein de charme et séduisant qui démontre que même en festival quand on a du talent on peut faire passer de l’émotion en douceur et arriver à captiver une foule.

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À la jolie Pomme succède Grand Blanc qui ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Auteurs d’un album nommé Mémoires Vives sorti en 2016, les jeunes musiciens français ne brillent pas vraiment par leur charisme scénique et le temps nous a paru bien long pendant leur prestation accueillie sans grand enthousiasme par un public relativement calme.

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Un public qui allait pouvoir se rattraper ensuite question énergie avec Stuck In The Sound et son rock indépendant survolté qui a enfin drainé plus de monde au Mont des Arts sans que ce soit la grosse foule non plus. Un set sympa et ravageur, du rock nerveux qui secoue et qui fait un bien fou.

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Je n’ai pas vu Feu Chatterton!, donc je n’en parlerai pas, mais d’après notre photographe Axel, le groupe a été fidèle à sa réputation et le public dans son ensemble a apprécié le concert des français.

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On s’attendait à la grosse foule pour Booba dont la venue contestée par beaucoup était considérée par les organisateurs comme un des évènements clés du festival. Un concert  placé sous haute sécurité pour éviter certains débordements qui, heureusement, n’ont pas eu lieu, et qui finalement n’a rempli la Place des Palais qu’à un tiers de sa capacité. Il y avait les inconditionnels massés dans le premier tiers de la Place, puis un grand vide animé ponctuellement par-ci par-là par des spectateurs curieux venus voir la bête durant quelques titres avant de s’en retourner et de laisser le rappeur à ses fans. J’avoue que voir celui qu’on surnomme dans son milieu le Duc de Boulogne se produire à quelques dizaines de mètres du palais de celui qu’on nomme à juste titre le Roi des Belges constituait en soi une scène  amusante et surréaliste que je me garderai bien de commenter. Enfin si les fans du boxeur, euh non…, du rappeur français y ont pris du plaisir c’est finalement le principal.

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Voilà pour ces deux premiers jours du BSF 2019, la suite et la fin du festival à lire bientôt dans un prochain article. Restez branchés Culture !

Jean-Pierre Vanderlinden

Crédits Photos : Pierre Destrebecq, Axel Tihon ( Phta photo), Jean-Pierre Vanderlinden

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