Dour Festival 2019: Let’s go to love avec Roméo Elvis, Amélie Lens, Bonobo et Salut c’est cool qui ont programmé une quadruple soirée de folie

Si la Belgique est connue dans le monde entier pour ses frites, sa bière et son chocolat, entre mille autres choses, elle possède aussi le triste statut d’être l’un des pays les plus pluvieux du planisphère (enfin, c’est ce qu’on croit, même si ces derniers temps, il a fait chaud et sec). Néanmoins, chaque année, le plat pays réussit à se transformer en l’une des étapes incontournables de la période estivale grâce à la renommée de ses festivals. L’une des pierres angulaires de cette réputation est très certainement le festival hennuyer de la plaine aux éoliennes, le Dour Festival.

La photo de couverture est signée Olivier Bourgi

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© Caroline Coolen

Chaque été, l’équipe du Dour Festival se donne pour mission de créer un havre musical des plus éclectiques pour des milliers de festivaliers assoiffés de bonnes vibes. Si ce temple de la diversité sonore peut parfois ressembler à un jardin d’enfants, c’est que tout y est mis en place pour permettre au public de se sentir en vacances. Camping (traditionnel ou thématique), Cooking Islands, bar du petit bois (qui a laissé place à The Roof sur le nouveau site), bar à bières spéciales, Wake up camping (cours de fitness au son du Red Bull Defender), Zone Relax, Green Agora… Pour cette édition 2019, l’innovation confort se nomme Dour-Les-Bains; un camping les pieds dans le sable avec des douches gratuites et une zone jacuzzi.

Même si tout cela réjouira très certainement nombre de campeurs, la vraie nouveauté de cette 31e édition douroise restera sans aucun doute l’instauration de curateurs de scène pour la journée du mercredi. Chacun a élaboré son line-up pour proposer quatre soirées thématiques du feu de dieu.

© Logan Wyckjuys

En préambule du Dour Festival, qui débute ce mercredi soir, Branchés Culture est parti à la rencontre de Mathieu Fonsny (ex-dj de Surfing Leons), l’un des programmateurs de l’événement musical le plus éclectique de Belgique. Depuis 2007, ce passionné de bons sons met son expérience et ses connaissances aux services d’un festival dont il partage l’ADN.

Bonjour Mathieu, pour commencer cette entrevue, nous aimerions comprendre d’où vous est venu cette idée de curateurs de scène? Lefto et Boys Noize ont déjà chacun eu cet honneur de programmer une partie de soirée sur l’une des scènes douroises, est-ce que ce projet est né de ces expériences?

Ce concept de curateur fut créé suite à deux remarques générales. Premièrement, depuis l’instauration de la cinquième journée de festival, l’ajout du mercredi pour MONS 2015, ce jour de lancement de Dour a toujours été un moment d’expérimentation. Une année, nous décidions d’ouvrir les grandes scènes alors que, lors d’autres éditions, nous options pour l’ouverture des chapiteaux. En 2019, on voulait faire autre chose. C’est comme cela que cette idée de curateur nous est venue. La seconde remarque qui nous fit maintenir cette nouveauté fut le constat qu’il nous est devenu impossible de choisir aisément les artistes qu’il faut absolument programmer pour ce festival à l’ADN si particulier. Nous vivons dans une époque où l’on est systématiquement inondé de nouvelles informations. Il y a plus ou moins 40 000 nouveaux morceaux chaque jour sur Spotify. Il est donc impossible de tout entendre. Ce concept de curateur nous permet donc d’ouvrir plus amplement nos horizons musicaux pour avoir le meilleur programme possible.

Pourquoi avoir décidé de débuter cette 31e édition avec ces quatre curateurs que sont Bonobo, Salut c’est cool, Roméo Elvis et Amélie Lens?

Dour est multi-genre! Et les quatre curateurs sont l’image de ce qu’est Dour. Ils représentent quatre styles et quatre univers musicaux différents mais ils ont chacun une partie de l’ADN-même de ce qu’est le festival de Dour. Chacun d’eux est le symbole d’une des scènes de Dour. Amélie est l’âme techno de la Balzaal. Roméo possède ce caractère Hip-Hop qui enivre le public de la Boombox. Bonobo a cette manière de créer une atmosphère légère digne de celle qui peut régner dans la Petite Maison dans la Prairie.

Salut c’est cool est le côté décalé, voire déviant, typique aux groupes qui prenaient leurs quartiers à la caverne (qui s’est mu en Salle Polyvalente cet été). De plus, on suit ces artistes depuis longtemps. Ce ne sera pas leur premier passage à Dour et on espère que ce ne sera pas leur dernier. Ces quatre personnes représentent quatre horizons qui ont déjà marqué de leurs empreintes le Dour Festival.

Comment avez vous travaillé pour la mise en place des sélections de chacun de ces curateurs?

En réalité, ça a vraiment été une discussion ensemble. Ils nous ont soumis une liste d’artistes. De notre côté, on s’est servi des paramètres que l’on connaissait pour affiner la sélection. Nous connaissons les disponibilités des artistes. Nous savons s’ils sont déjà bookés sur un autre festival qui se déroule en même temps que Dour. Cela permet d’optimiser la manière de faire nos choix. Néanmoins, ce travail avec les curateurs s’est vraiment fait en symbiose. Il y eut une véritable synergie entre nous. Nous étions comme une bande d’amis autour d’une table entrain de discuter tout en buvant un verre. Rien ne fut imposé. Nous nous sommes laissé porter les uns par les idées et les envies des autres. Et vice versa.

© Dour Festival 2018

En parlant des curateurs, vous nous avez dit que la caverne se transformait en salle polyvalente, cet été. Pourquoi abandonnez vous cette antre du rock et du métal?

Avec le temps, nous nous sommes rendu compte que c’était impossible de programmer quatre jours de métal durant le festival. On a donc réservé le samedi pour les fans de ces mouvements musicaux. Il faut comprendre que Dour n’est pas un pur festival de Metal comme le sont le Hellfest et le Graspop. Il nous est parfois difficile de booker certains artistes car ils sont présents dans nos régions en juin pour les monuments de cette culture musicale puis ils sont déjà parti loin au moment du Dour Festival. Ce samedi d’avant-garde nous a semblé être la bonne solution. De plus, la salle polyvalente porte bien son nom car elle va permettre de faire des expériences au fil des jours de cette 31e édition. Pendant une journée, elle sera le temple du reggae. Un autre jour, elle se muera en antre du rock et du métal. Nous y expérimenterons une journée chanson française et elle nous permettra d’offrir une place des styles plus undergrounds.

En minimisant la place du metal et du reggae tout en accroissant l’importance du hip-hop et de l’électro dans la programmation douroise, n’avez vous point peur de dénaturer l’ADN propre au festival?

Il faut un peu voir Dour comme une cuisinière dont les taques seraient réservées pour chaque courant musical. Toute la diversité douroise est toujours sous la pression et la chaleur des flammes. À certains moments, il faut diminuer la chaleur sur certaines taques pour ne pas cramer et pour ne pas faire disparaître l’un ou l’autre de ces éléments propres à l’ADN de Dour. Il est clair que le rap et la techno sont plus présents actuellement dans la programmation mais le metal et le reggae auront toujours une place sur le site de la plaine des éoliennes. Dour est une expérience et un ensemble complexe mais indivisible. On y fait constamment des découvertes mais il est impensable de ne pas y retrouver ces grands moments de rassemblement devant la last arena où le public vient profiter d’un instant hors du temps en écoutant leurs icônes.

© Olivier Bourgi

À l’instar d’Esperanzah, l’an dernier, beaucoup de festivals ont pris le pli des mouvements égalitaristes pro féministes. On voit effectivement que les programmateurs donnent de plus en plus de place aux artistes du beau sexe dans leurs festivals. Cela ne date pas d’hier pour le festival de Dour mais n’y a-t-il point un effet de mode qui amplifie la féminisation de notre programmation?

Comme vous venez de le signaler, la place qui est faite aux femmes dans la programmation du Dour Festival n’est pas récente. Ça a toujours été quelque chose de naturel pour nous. Il n’y a jamais eu aucun calcul. Pourtant c’est vrai que si l’on regarde la programmation électro, il y a une quasi parité. En metal et en reggae, c’est plus compliqué car il y a tout simplement moins d’artistes féminines dans ces courants. Il est donc malheureusement presque impossible d’y trouver un équilibre. Par contre, en électro et en hip-hop, il y aura de nombreuses perles telles que Miss Angel, Ana Diaz, Dope Saint Jude, Rimon, Lolo Zouaï, Amélie Lens, Charlotte de Witte, Nina Kraviz ou Dr. Rubinstein.

Pour répondre clairement à la question, ce n’est pas un effet de mode pour nous. Ça fait des années que les femmes sont bien représentées dans notre programmation. Le talent primera toujours et c’est irréfutable que, ces dernières années, il y a une vague de grandes artistes dans l’électro et dans le hip-hop. On nous parle rarement de la parité qu’il existe dans notre programmation mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de talentueuses femmes au coeur de celle-ci. Il n’y a aucun quota pour nous mais quand on aime un ou une artiste on est très fier de pouvoir l’accueillir à Dour!

Merci à vous, Mathieu, pour le temps que vous avez consacré à cette interview. Il ne nous reste plus que vous souhaiter un bon Dour 2019.

Et pour terminer, voici donc la programmation que réservent ces quatre curateurs aux festivaliers pour lancer les hostilités. Présentation par l’équipe du festival.

Bonobo, Cador du label Ninja Tune. Dans le cadre de sa tournée “Outlier”, il a concocté le lineup de La Petite Maison dans la Prairie mercredi 10 juillet. Il mixera la nuit aux côtés du génie Mano Le Tough et de la talentueuse coréenne Yaeji. Autres confirmations de cette soirée : le duo masqué péruvien Dengue Dengue Dengue et le producteur et dj londonien Poté, petit protégé de Damon Albarn.

Le quatuor Salut c’est cool a préparé une soirée Medieval Madness à la Salle Polyvalente en invitant Ceephax Acid Crew VS. The C-Men et R-Zac. Pour échauffer le tout, ils ont décidé de vous présenter leurs coups de coeur du moment : Macmann, Moyen Age & Roland Cristal.

Du côté de la Red Bull Elektropedia Balzaal, Amélie Lens a décidé d’inviter son ami suédois Adam Beyer. Anetha et Farrago seront eux aussi de la partie.

Enfin, Roméo Elvis a programmé un festival Straussfest dans la Boombox avec Sheck WesMoha la SqualeVladimir Cauchemar & Todiefor (présentent Chocolat)Shy FX feat. Dynamite MC ainsi que ses trois Belges coups de coeur du moment : Ana Diaz, Venlo et Lord Gasmique.

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