Entre poésie, punk rock et prises de positions politiques éclairées, Patti Smith se pose en icône incontournable adulée par plusieurs générations

Depuis 1976 et ce formidable concert de Patti Smith à l’Auditoire Paul Emile Janson auquel j’ai pu assister, je peux dire que Patti Smith a musicalement bouleversé ma vie. Chaque visite de cette artiste hors norme, sur qui le temps n’a quasi aucun poids, constitue une promesse pour ses fans de pouvoir vivre d’intenses moments d’émotion et d’amour. Et ce premier concert dans notre capitale, fut un réel coup d’éclat !

Une fois de plus donc, Patricia Lee Smith a déposé ses valises dans notre petit pays qu’elle adore, pour y donner trois concerts consécutifs à l’Ancienne Belgique de Bruxelles dont le premier avait lieu ce 13 aout. Si vous n’êtes pas en possession de votre précieux sésame pour les deux autres shows à venir, ce n’est plus la peine d’essayer de commander des tickets via internet, c’est sold out depuis belle lurette.

Patti Smith © Jean-Pierre Vanderlinden

Comme à son habitude Patti fait son entrée en scène le plus simplement du monde avec « Wing » et enchaine avec « Ghost Dance ». Sa voix ne change pas malgré le temps qui passe, et on constate que celle que certains de ses détracteurs accusaient à l’époque d’avoir une maitrise vocale approximative est en réalité une grande chanteuse dont l’organe vocal si spécifique et reconnaissable porte des textes imparables et denses.

Patti est une artiste avant tout, une femme de coeur et d’engagements, poétesse et écrivaine, une photographe talentueuse, plasticienne et peintre à ses heures, qui aura marqué plusieurs générations par sa personnalité exceptionnelle et son charisme unique.

Patti Smith © Jean-Pierre Vanderlinden

Sans artifices et sans lightshow particulier, Patti se suffit à elle même pour mener une performance de quinze titres entourée cette fois de son fils Jackson Smith à la guitare, de Sebastian Rochford à la batterie et du fidèle Tony Shanahan aux claviers, aux backing vocals et à la basse. Dommage que Lenny Kaye ne soit pas présent sur cette tournée.

Elle décide alors de danser pieds nus (« Dancing Barefoot ») même chaussée de cuir, entonne ensuite « Summer Cannibals » avant de s’attaquer à une reprise phénoménale du « Beds Are Burning » des excellents Midnight Oil. Un grand moment de communion avec son public !

Régulièrement, pendant le concert, on sent cette ferveur immense qui émane de la foule et Patti prend naturellement quelques petits moments pour saluer ce public belge qu’elle aime tant et cette ville de Bruxelles à laquelle elle est attachée, et qui vit le 10 juillet 1873, Verlaine armé d’un revolver de poche tirer sur son amant Arthur Rimbaud.

Patti Smith © Jean-Pierre Vanderlinden

L’artiste enchaine par un poème « Prophecy’s Lullaby »(from the New Jerusalem). Avec ce poème, la dame énonce sa position sur les décisions de Donald Trump concernant Jerusalem et le conflit du Moyen Orient. Patti Smith est claire : Jerusalem est une place neutre et si l’endroit est réellement sacré, il n’appartient qu’à Dieu seul ! A méditer…

If it’s truly holy, it belongs to God alone” ( Patti Smith )

Viennent alors des chansons comme « Peaceable Kingdom » et « People Who Died », une reprise du Jim Carroll Band, puis ce « Ain’t it Strange » qui depuis des décennies me remue les tripes. Patti retourne ensuite à la poésie avec « Tarkovsky » (The Second Stop is Jupiter) avant d’enchainer trois titres phares avec « Because The Night », « Pissing in the River » et un mythique « Gloria » qui décidément m’émeut à chaque fois. Le public est conquis et rappelle la grande prêtresse du punk qui revient lui offrir une interprétation magique et habitée de « Can’t Help Falling In Love » d’Elvis Presley avant de conclure avec l’incontournable  » People Have The Power « .

Patti Smith © Jean-Pierre Vanderlinden

Toute la salle est debout et hurle sa reconnaissance à l’artiste qui une fois de plus a tout donné. À presque 72 ans, Patti Smith brille toujours comme un diamant rare et unique et sa force intérieure n’est nullement altérée. On ne parle plus là d’une chanteuse, mais bien d’une icône !

Jean-Pierre Vanderlinden

Le concert en images…

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