Les papas sont à la fête, les crayons de Nob et Delisle sont de sorties pour bricoler l’éloge du père parfait… ou pas tout à fait

Bonne fête, papa ! Voilà trois mots qu’on risque d’entendre ces prochains jours (le 10 juin en Belgique et le 17 juin chez nos voisins hexagonaux). De quoi partir à la recherche de cadeaux et se casser un peu la nénette. Un cadeau, ce n’est jamais anodin mais pas pour autant facile à dégoter. Jamais en reste, la BD vous file deux idées en compagnie de deux des plus grands représentants des papas dans le monde des p’tits miquets. Du plus (presque) parfait Dad au mauvais père. Après lecture, vous vous direz même peut-être qu’à défaut de les offrir, vous les garderiez bien. Mais ça, c’est votre problème.

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© Nob chez Dupuis

Manuel du Dad (presque) parfait : suivez l’exemple !

Nob s’offre une parenthèse dans les péripéties de son héros bien ordinaire… mais pas trop. Avec ce personnage fétiche et emblématique désormais du Journal de Spirou, voilà l’égérie parfaite pour un manuel du père (presque) parfait. Sauf que si vous connaissez un peu Dad, même quand la mécanique des conseils est bien huilée, ça peut foirer !

© Nob chez Dupuis

Résumé de l’éditeur : Pour Dad, ce comédien au chômage père de quatre filles aux caractères bien trempés, chaque jour renferme son lot d’aventures. Entre Pandora l’intello, Ondine la volcanique, Roxane l’espiègle et Bébérenice la petite dernière, Dad a trouvé le rôle de sa vie: s’occuper de sa famille sans rien perdre de sa propre jeunesse. De ses expériences quotidiennes, cet éternel ado a tiré de nombreux enseignements dont il nous fait désormais profiter: comment trouver le cadeau de Noël parfait, les remèdes ultra-efficaces contre les bobos de tout poil et les recettes miracles pour mettre tout le monde d’accord à table.

© Nob chez Dupuis

Voilà le genre d’album devant lequel on se poste un peu dubitatif dans le rayon. En général, c’est tout ou rien. Comme quand il est question d’agenda, de journal intime customisé ou que sais-je encore d’objets dérivés. Tout est bon pour remplir les caisses et en matière de réemploi, la BD n’est jamais dernière. Sauf qu’ici, on s’est planté, dans les grandes largeurs. Plutôt que de nous servir un best-of qui n’en a pas l’air (c’est ce qu’on craignait), Dad nous offre un vrai album, une sorte de hors-série, avec des gags originaux dans lesquels les préceptes de ce « Best papa of the year » qui n’a pas à chômer… du moins avec ces quatre filles ingénieusement réparties sur l’échelle allant du bébé criard à l’adolescence rebelle.

© Nob chez Dupuis

Et là où ses albums sont moins orientés et font feu de tout bois avec raison et talent, Nob creuse donc le sillon du tuto, si populaire sur les chaînes Youtube. Le voilà donc seul face au crayon et à la case dans des décors forcément changeants pour mieux expliquer ses idées. Enfin, seul ? Non, Bébérénice, Pandora, Ondine et Roxane n’ont pas l’intention de le laisser leur voler la vedette et amène leur pierre à un édifice un peu plus chancelant. Car tout compte fait, Dad n’est pas parfait et c’est mieux ainsi. Qui peut se vanter de l’être, d’ailleurs ? Les essais sont parfois réussis, parfois manqués, mais les imperfections nourrissent le propos… et le croustillant des situations. Car ceux qui venaient chercher une psychologie à deux balles peuvent s’en retourner, l’intérêt est avant tout le gag allié à quelques leçons de vie toutes relatives.

© Nob chez Dupuis

Au fil des planches au format carré, Dad avance ses pions, thématique par thématique, de ses dix commandements aux joies du repas en passant par Culture et loisirs en passant par les incontournables langage et communication. Tout un programme dans lequel Dad, ce François Pignon en puissance, se débat et s’égosille plutôt que d’imposer sa loi. Avec ce côté humble qui consiste en cette juxtaposition de sa vision des choses avec celle de ses gamines. Et forcément, ça ne coïncide pas. Bien sûr, ce sont des images et des réflexes qu’ont popularisés les réseaux sociaux et leurs images virales. Et, justement, Nob possède l’originalité de son trait et la personnalité de son propos. Si les situations ont toutes été vécues un jour ou l’autre par un parent (célibataire ou pas), le dessinateur apporte le petit plus qui rend la lecture chouette et souriante, vachement conseillée, qu’on soit papa ou même pas. En bonus, Nob a même composé une chanson, avec des airs de Renaud, La complainte du papa fatigué. Un hymne qui monte en puissance et qui sera peut-être bientôt tube de l’été. Allez, ne fût-ce que berceuse de l’été.

© Nob chez Dupuis

Série: Dad

Hors-série

Titre: Manuel du Dad (presque) parfait

Scénario et dessin: Nob

Couleurs : Nob aidé par Laurence

Genre: Humour, Gag, Famille

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 72

Prix: 10,95€

Date de sortie: le 01/06/2018

Extraits:

Mauvais père peut-être… mais aussi irrésistible et désopilant

© Delisle chez Delcourt

© Nob chez Dupuis

 

 

 

 

 

 

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Depuis un peu plus longtemps (mais pas tellement) que Nob, Guy Delisle a lui aussi pris l’habitude de conter ses gloires et ses déboires en tant que papa. Ses déboires, surtout. Implicitement d’abord car, dans ses reportages de part et d’autre du monde, sa famille le suivait. Ainsi, le tout jeune Louis voyait du pays dans les chroniques que signait et dessinait son père. Dès son plus jeune âge, Louis était un personnage de papier. Puis, c’est Alice qui a pointé le bout de son nez. Et Guy a dû être un père puissance 2. À la vie comme à la case puisque, depuis 2013, il nous conte, avec son sens aiguisé du réel et de ses contrariétés désopilantes, son guide du mauvais père. Une façon de se passer un shampooing (le nom de la collection de Delcourt qui abrite ces expériences) tout en disant ce qu’il ne faut absolument pas faire quand on est papa, un peu hurluberlu, un peu je-m’en-foutiste, un peu maladroit, surtout fou de ses gosses.

© Guy Delisle

Résumé de l’éditeur : Défier son fils aux jeux vidéo quand il travaille, oublier sa fille dans un magasin et lui faire croire le contraire, parler à ses enfants de sa vie merveilleuse d’étudiant… quand ils n’existaient pas… Guy Delisle, un mauvais père ? Non, un auteur de bande dessinée qui sait puiser l’imagination là où elle se trouve, avec un sens aigu de l’observation et une bonne dose d’autodérision.

Au format pocket pour mieux appuyer la grande nécessité de l’emporter partout (quelques pages lues dans le bus, avant le boulot, ça rend un peu plus léger, si si); Le guide du mauvais père quatrième du nom est dans la lignée de ses prédécesseurs : irrésistible. Et ça commence dans un numéro d’équilibriste sur la jaquette et se termine (mal, forcément) sur la couverture en elle-même. Puis, c’est sur les pages-titre que l’avatar de Delisle fait son sport, en selle et convoyant Alice en véritable moulin à paroles. Notre maillot jaune de la BD du réel rentabilise l’espace offert par ces 192 pages, à fond. Sans surcharger non plus (souvent deux ou trois dessins par planche) et en aérant, pour mieux diffuser le tout. La vie, surtout.

© Delisle chez Delcourt

Ainsi, les enfants grandissent et ont perdu de leur naïveté, ils rusent de plus en plus au grand dam du Québeco-Montpelliérain qui n’est plus le seul à tirer les ficelles mais qui y parvient encore un peu, parfois. Comme quand il demande à ses enfants, exceptionnellement, de se priver de viande sinon il n’en aura pas assez pour ses invités… au prix d’une conclusion dégueulasse à mourir de rire… et de faim dans le cas des enfants. Mais parfois, notre dessinateur tombe sur plus fort que lui, ses enfants mais aussi le directeur de l’école de Louis (oui, lui aussi commence à dessiner pendant les cours) à qui Guy doit apprendre à dire non, comme dans les Ch’tis… de quoi lui promettre une nuit forte de cafés. Puis, il y a forcément des monstres dans les armoires et une sublime conclusion sur le Tunnel of life et le temps qui passe inexorablement.

© Delisle chez Delcourt

Entre autres vertes et pas mûres mais toujours aussi craquantes, Guy Delisle impose une nouvelle fois un style minimaliste mais précis et équilibrant texte et image pour faire jaillir le rire. Quand chaque histoire est une pépite qui nous entraîne dans l’intense bonheur (et malheur, quelques fois) d’un papa qui, plus loin que d’être bon (il l’est assurément!) ou mauvais, fait de son mieux tout en aimant travestir son autorité pour l’emmener dans une fiction hilarante.

Série: Le guide du mauvais père

Tome : 4

Scénario et dessin: Guy Delisle (Page Fb)

Genre: Autofiction, Autobiographie, Humour, Gag

Éditeur: Delcourt

Collection : Shampooing

Nbre de pages: 192

Prix: 9,95€

Date de sortie: le 06/06/2018

Extraits:

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