Au coeur de la terre des morts, Grangé plonge dans le monde nocturne du sexe et livre la référence en matière de thriller, exceptionnel et jouissif

Quand Jean-Christophe Grangé sort un nouveau roman, c’est un événement. On attend, on décompte les jours, on s’impatiente, on précommande… Puis viennent les étapes de la communication afin de faire monter le suspense… Et enfin la délivrance : une lecture jouissive et un suspense intense… De mémoire de fan, La terre des morts est un opus exceptionnel !

La couverture, d’abord… De l’art au sens premier du terme. Où comment susciter le désir de lire avant même d’avoir découvert un seul mot. Les préliminaires d’une nuit d’amour torride se dessinent. Car on sait que le contenu sera à la hauteur, on sait avec Grangé que l’amant littéraire est de grande qualité. Alors cette couverture, ça fait monter l’envie….

Puis vient la bande-annonce. Car il est de bon ton, aujourd’hui, que les maisons d’éditions ayant un peu de budget promotionnent la sortie du dernier roman de leur auteur fétiche par une bande-annonce digne du cinéma. Je n’étais pas particulièrement adepte de ce procédé de communication… Mais quand j’ai découvert la BA de  la Terre des Morts, je me suis convertie. Une lumière léchée, des images choisies, un fond sonore qui intrigue, des ombres et des noirs qui laissent deviner, qui invitent à imaginer… Bref, de vrais préliminaires appuyés… De quoi être encore plus impatient d’enfin lire, d’enfin consommer la Terre des morts.

Puis vient le moment où le livre est entre nos mains. La couverture, toujours elle, particulièrement étudiée, douce au toucher. On reprend les codes des précédents ouvrages en changeant les couleurs : des dégradés du bleu au pourpre, du relief, une photographie invitant au désir, l’envie d’ouvrir et de commencer tout de suite.

Les premiers mots, les premières pages se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu. Oui, ce sont des pages de torture et les sévices décrits sont ignobles et oui, ce n’est pas une lecture qui travaille notre paix intérieure (quoique…cela permet d’évacuer quelques parts sombres de nous-mêmes)… Mais qui n’a jamais lu Miserere (du même auteur) ne connaît pas l’ignominie de tortures écrites noir sur blanc. L’intrigue se construit, les personnages se dessinent. Un flic borderline, avec pas mal de failles, comme Grangé sait si bien les décrire. Une équipe d’enquêteurs hors-pair qui piétine, un tueur en série sadique, intelligent… des meurtres élevés au rang d’art.

« Quand le commandant Corso est chargé d’enquêter sur une série de meurtres de strip-teaseuses, il pense avoir affaire à une traque criminelle classique. Il a tort : c’est d’un duel qu’il s’agit. Un combat à mort avec son principal suspect, Philippe Sobieski, peintre, débauché, assassin. Mais ce duel est bien plus encore : une plongée dans les méandres du porno, du bondage et de la perversité sous toutes ses formes. Un vertige noir dans lequel Corso se perdra lui-même, apprenant à ses dépend qu’un assassin peut en cacher un autre et que la réalité d’un flic peut totalement basculer, surtout quand il s’agit de jouissance par le mal .»

Grangé nous invite, nous entraîne dans l’univers particulier du sexe de nuit. Les cabarets nous font glisser vers les strip-teaseuses, puis vers le porno, le porno hard et le bondage… On découvre un monde (ou pas, s’il s’avère que vous le fréquentez) qui rend encore plus intéressante cette intrigue. C’était l’objectif de l’auteur, il voulait placer son flic dans ce monde-là, le confronter avec ces réalités qui ne sont pas notre quotidien.

Et il réussit, ce cher Grangé. Il nous emmène dans cette noirceur-là. Et, étrange, on trouve du plaisir à l’y accompagner. Car il a les mots, il a le sens de l’intrigue. Il ne retient pas ses noirceurs et rend les nôtres acceptables. Le seul dilemme de taille auquel nous sommes confrontés : doit-on lire tout, tout de suite (et épuiser son amant littéraire en une nuit) ou prend-on le temps de faire durer la lecture, d’y revenir par instants, de la laisser reposer quelques heures avant de s’y consacrer à nouveau pleinement.

Cela peut peut-être paraître exagéré pour ceux qui n’ont pas encore ouvert la Terre des morts, mais le pouvoir addictif de Grangé est à son paroxysme. Une extase littéraire, un pur moment de plaisir pour la lectrice assidue que je suis. Quand on a rêvé le prochain livre de l’un de ses auteurs favoris, qu’on l’a attendu avec patience, puis avec frénésie… Et que le roman dépasse les espérances…. On jubile, on kiff, on profite un max, on se régaaaaale !

Encore un mot, j’ai choisi de faire durer le plaisir. D’habitude, les livres de Grangé, je les dévore. Quelques heures d’affilée, la nuit complète et on n’en parle plus. Ses précédents romans sont comme la manière dont je les lis : haletants, rapides, intenses et les fins sont abruptes.

Mais ici… le plaisir ici est décuplé. Est-ce une évolution? Est-ce une « maturité » (je déteste ce mot)? Est-ce une maîtrise particulièrement efficace de sa plume ? Toujours est-il que Grangé nous offre une histoire bien finie. Il y a évidemment toujours autant de rebondissements, toujours autant d’inattendu. Et pourtant, on cherche et on connait cet auteur brillant. On sait qu’il sera à la hauteur de son talent créatif, de notre imaginaire. Mais il se surpasse. Il nous offre une histoire plus profonde que l’horreur qu’il nous a déjà présentée. Il nous offre une fin particulièrement soignée, amenée, développée en épaisseur et cela fait du bien. Et il nous offre un héros qui choisit de se tourner vers la lumière… Et ça, Monsieur Grangé, c’est de l’inattendu.

Merci pour ce magnifique moment littéraire. Merci pour cette qualité du récit, d’intrigue. Exceptionnel.

Auteur : Jean-Christophe Grangé

Titre : La Terre des morts

Editions : Albin Michel

Date de sortie : 2 mai 2018

Nombre de page : 553

Numéro ISBN : 978 – 2 – 226 – 39209 – 1

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