Dans la lumière et les nuances de la Lune, ses enfants viennent à notre rencontre guidés par Chamblain et Nalin

Formidable outil pour prendre le temps de la rencontre en mots, en dessin et en couleurs, la bande dessinée nous offre souvent des moments délicieux, simplement humain, que le hasard peut être habile à provoquer dans le réel mais à côté desquels on passe si facilement, à tort. Chance est que Joris Chamblain et Anne-Lise Nalin ne l’ont pas raté, ce sujet fantastique qui fait se confronter les enfants du soleil et ceux de la Lune, par l’intermédiaire d’un journal puis d’une confrontation.

Résumé de l’éditeur : Morgane a seize ans. Elle vient d’emménager dans une nouvelle maison, avec ses parents et son petit frère. Tandis qu’elle déballe ses cartons, elle retrouve un journal intime caché derrière un radiateur. C’est celui de Maxime, un jeune homme de dix-sept ans, qui y raconte son étrange maladie qui l’empêche de vivre à la lumière du jour. C’est un enfant de la lune… Elle va le lire et vibrer à ses mots et n’aura alors plus qu’une seule idée en tête: retrouver la trace de Maxime pour lui rendre son journal oublié. Ses pas la conduiront bien plus loin qu’elle n’aurait pu l’imaginer…

© Chamblain/Nalin chez Kennes

C’est le genre de découverte qu’on voudrait tous faire. Dans un vieux grenier, dans une nouvelle maison, dans une chambre d’hôtel. Puisque les humains sont juste de passage (« sur cette Terre énervée », complétait Pagny) et qu’ils en laissent des traces plus ou moins volontairement, pourquoi ne trouverions-nous pas des petits trésors là où ils se sont établis ou égarés ?

© Chamblain/Nalin chez Kennes

Morgane n’a pas dû chercher très longtemps avant de tomber sur ce drôle d’objet fait main et sur la couverture duquel le Soleil n’a plus rendez-vous avec la Lune et est parti fâché pour le plus grand sourire de l’astre de la nuit mais sans tarder à mettre sa vengeance à exécution. De quoi susciter surprise et intérêt pour la jeune fille qui ouvre ce journal comme elle ouvrirait le coeur de Maxime Lebuisson, l’énigmatique (au début) auteur de ce testament de jeunesse. Un oiseau de nuit forcé qui va attirer Morgane sur les toits et à l’aube d’un nouveau jour qui apportera conscience et connaissance d’un monde jusque-là insoupçonné.

© Chamblain/Nalin chez Kennes

Enfant de la Lune, c’est ainsi que sont surnommés les jeunes victimes du Xeroderma pigmentosum, maladie rare et héréditaire d’origine génétique. Des malades handicapés par une peau de vampire, si sensible aux rayons UV que les réactions cutanées suivant une exposition sans protection sont dantesques. De quoi réduire ces jeunes à l’ombre ou à une combinaison bien hermétique pour se prémunir de tout risque de cancer inéluctable si le moindre rayon de soleil vient vous caresser de son gant clouté.

© Chamblain/Nalin chez Kennes

Et en cet été, le temps n’est pourtant pas à rester enfermer même si le déménagement de la famille de Morgane n’est pas de tout repos et se joue majoritairement en intérieur. Ce journal découvert qui ouvre la porte sur le destin d’un inconnu, réjouissant puis inquiétant quand celui-ci, victime de raillerie de par tout l’attirail qu’il doit porter pour vivre sa vie d’écolier normalement, va mettre Morgane et ses proches sur la piste de Maxime. Mais aussi de tout ce petit monde mal aimé par la chance mais n’ayant pas refusé les plaisirs de l’enfance et de ses jeux même s’ils doivent être arrangés avec les heures sans soleil. Et Morgane, si râleuse et pas toujours de bonne composition quand on lui demande un service, de se trouver une mission auprès de ces êtres aux besoins si humains.

© Chamblain/Nalin chez Kennes

Pris les pieds dans la fiction, Journal d’un enfant de Lune se veut aussi documentaire et sensibilisateur, doté de toute l’humanité dont Joris Chamblain est capable. Et la lueur d’espoir et de reconnaissance attisée tout au long de ses 54 planches est galvanisé par le trait et les couleurs de l’encore toute jeune Anne-Lise Nalin, tellement prometteuse et perspicace pour créer des images ni trop simple, ni trop complexe, qui parleront autant aux parents qu’aux enfants. Avec, de jour comme de nuit, des ambiances sublimes et un feu d’artifice qui réunit les nocturnes et les diurnes autour d’un sens commun, celui de la vie, de l’amour malgré tous les bâtons que ce coquin et inégal de sort peut mettre dans les roues de ceux qui, pourtant, ne lui ont rien demandé. À chérir !

© Chamblain/Nalin

PS : Notons qu’une partie des bénéfices de vente de l’album sera reversée à l’association « Enfants de la lune » , seule association en France qui aide les enfants atteints de xeroderma pigmentosum ainsi que leurs familles, et qui finance en partie la recherche sur cette maladie.

Titre : Journal d’un enfant de Lune

Récit complet

Scénario  : Joris Chamblain

Dessin et couleurs : Anne-Lise Nalin (Page Fb)

Genre: Famille, Jeunesse, Drame, Sensibilisation

Éditeur: Kennes

Collection : Ensemble

Nbre de pages: 57

Prix: 15,95€

Date de sortie: le 11/10/2017

Extraits : 

Un commentaire

  1. Merci beaucoup pour cet avis qui me touche beaucoup !
    Je me permets de rajouter une petite information, à savoir qu’une partie des bénéfices de vente de l’album sera reversée à l’association « Enfants de la lune » , seule association en France qui aide les enfants atteints de xeroderma pigmentosum ainsi que leurs familles, et qui finance en partie la recherche sur cette maladie.

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