Dur comme le fer des épées qui se fracassent l’une contre l’autre, Mildiou prouve que Lapinot ne mourra jamais !

Comment ça, Lapinot est mort, il y a treize ans dans son douzième album ? Comment ça (bis), il ressuscite en 2017 dans le monde d’aujourd’hui, « Un monde un peu meilleur » ? M’est avis que les héros de BD ne meurent jamais. Ou plutôt qu’ils ont bien plus de vies que celles sur lesquelles un chat peut compter. Parce qu’ils sont repris, remodelés, reformatés à l’air du temps, avec du bon et du mauvais. Surtout parce que quand un livre compte, on peut le ressortir à intervalles plus ou moins réguliers et s’y immerger sans jamais sans lasser. Mildiou est l’un de ceux-là. Et comme L’Association a bien préparé le terrain pour le retour de l’une de ses figures de proue, Mildiou est reparu, intemporel pour nous faire dire que Lapinot est immortel et qu’il finirait bien par sortir un jour de son terrier. Aussi profond et mortifère soit-il.

© Trondheim chez L’Association

Résumé de l’éditeur : Mildiou est un usurpateur de la pire espèce, un parasite bien nommé qui, par la force, l’oppression et la malhonnêteté, s’est arrogé le titre du roi. Fort heureusement la révolte du peuple a eu raison de lui et le roi légitime est de retour. Mildiou doit admettre sa défaite mais il ne peut s’y résoudre sans se désigner un dernier adversaire qui sera sa victime expiatoire. Au hasard de la foule, il choisit le plus faible, le plus inoffensif, le plus naïf : un lapin qui n’a rien demandé, le malheureux Lapinot. Le voilà alors embarqué dans une folle course-poursuite !

© Trondheim chez L’Association

Quelle affaire, ce Mildiou. Parce qu’ils portent en ses gènes et ses traits l’ADN de ce qui fera le spectaculaire de l’art de Lewis Trondheim. Parce qu’il fait comprendre qu’il faudra compter sur Lapinot dans la Grande Histoire du Neuvième Art. Parce qu’il marque un peu plus l’histoire d’amour amorcée avec Lapinot et les carottes de Patagonie. Parce qu’il fait comprendre que Lapinot est moins un personnage de BD qu’un réel acteur capable de tout jouer dans des époques et des lieux complètement différents. C’est pas de l’actor studio, ça, Monsieur ! C’est du talent à l’état pur.

© Trondheim chez L’Association

Et on le comprend un peu plus à la lecture de ses 134 planches complètement affolantes. Lapinot en dernier rempart, bien malgré lui, de la folie meurtrière et souveraine (même si vacillante) de Mildiou, va se retrouver pris dans un jeu du chat et… du lapin sans temps mort. Car Mildiou, c’est un Mad Max Fury Road en puissance (et avant l’heure) au pays des châteaux forts (mais pas assez que pour ne pas trembler sous la guerre que se livrent les deux adversaires) et des gueux. Un aller sans retour qui va précipiter notre héros dans une fuite en avant périlleuse et inattendue. D’autant plus périlleux que le scénario tient sur le coin d’une nappe et que tout semble être improvisé.

© Trondheim chez L’Association

Improvisé, oui, mais avec quelle maîtrise de l’espace et du temps. Et dans le carcan si vu et revu que peut-être un château, Lewis fait exploser le décor à chocs d’épées et à coups de bons mots. Mildiou, c’est toujours aussi fou même presque 25 ans plus tard. Au point d’en oublier que ce n’est que du noir et blanc, tout est tellement flamboyant.

Série : Les formidables aventures de Lapinot

Réédition

Titre : Mildiou

Scénario et dessin : Lewis Trondheim

Noir et blanc

Genre : Anthropomorphisme, Aventure, De cape et d’épée

Éditeur : L’association

Nbre de pages : 134

Prix : 13€

Date de sortie : le 13/04/2017

Extraits : 

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Et tant qu’à finir en beauté, voilà quelques planches du cru 2017 de Lapinot, avec « Un monde un peu meilleur » :

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