Après quinze années de pause, les rockeurs des antipodes étaient à l’Olympia : aucune inquiétude à avoir, Midnight Oil brûle encore !

Midnight Oil brûle encore ! Après quinze années de pause durant lesquelles le groupe australien n’a fait ni album ni tournée, les rockeurs des antipodes sont de retour sur scène pour une tournée mondiale et la sortie de trois coffrets dans les bacs, «  The Full Tank » , «  Overflow Tank » et «  The Complete Vinyles Box Set » qui reprennent l’intégrale de leur oeuvre en cd et vinyles et des raretés . À 64 ans, Peter Garrett tient toujours une forme olympique et ses acolytes sont toujours prêts à en découdre comme au premier jour.

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

Fondé en 1971, Midnight Oil a connu son heure de gloire de 1984 à 1992 où il fut réellement un des plus grands groupes du monde, alignant les succès un peu partout sur la planète. Le groupe continua ensuite son activité jusqu’en 2002, année où Peter Garrett, son chanteur et leader, décida de se lancer dans la politique. Il devint alors député, puis ministre de l’Environnement et plus tard de l’Éducation et de la Jeunesse, ce qui constitue finalement une évolution de carrière assez logique pour lui, son groupe ayant toujours été «  engagé » notamment pour ses combats pour la sauvegarde de la planète.

Après une série de concerts dans les festivals, le band est de retour à l’Olympia de Paris pour une deuxième date à laquelle j’ai décidé d’assister vu qu’aucune date n’était prévue en Belgique. Ce qui constitue en soi une hérésie. Comment peut on faire l’impasse sur le retour d’un groupe majeur qui a vendu des dizaines de millions d’albums , dont les textes sont intelligents et les performances scéniques à la hauteur de leurs ambitions ? C’est à ni rien comprendre, mais soit,  » si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira a toi ! «   Je réserve donc un Thalys et un hôtel, et direction la ville lumière !

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

Il est 19h30 lorsque je m’installe tranquillement plein centre au balcon de l’Olympia. Sur scène trône la matériel du groupe occulté par de grandes bâches noires. À 20h précises, The G, duo corse formé de Luiggi et Fiurenzu fait son apparition sur les planches. « C’est comme cela que l’on appelle la tonalité de sol, en anglais », explique Fiurenzu .

Ouais, peut être, mais cet espèce d’ersatz de Royal Blood ou des White Stripes badigeonné au gros son n’a rien fait de mieux que de nous casser les oreilles avec un set décousu et peu inspiré bourré de clichés. Ok, ces deux jeunes mecs s’y croient un max et en font des tonnes (beaucoup trop d’ailleurs ! ), mais dans l’ensemble, ce n’est pas très en place, limite mauvais par moment, et je me suis ennuyé de bout en bout.

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

Heureusement, le reste de la soirée allait être magique. Place à l’un des meilleurs groupes live de la planète : Midnight Oil !

Dès l’apparition du band sur scène sous une immense ovation, on comprend à quelle sauce on va être mangés. La basse ronflante est terrifiante, la frappe de batterie imposante, les riffs de guitare ravageurs et Mister Peter Garrett bondissant en diable en impose du haut de sa grande carcasse avec sa voix et son interprétation exceptionnelle. Le son est gigantesque, le lightshow somptueux et le répertoire sans faille. Quand on va vivre un grand concert on le sent venir tout de suite, car on se sent vaciller et frémir à chaque titre.

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

«  Outside World » , «  Only the Strong » et «  Golden Age » donnent le ton, «  Put Down that Weapon » , «  Shakers & Movers » , «  Truganini » et «  Mountains of Burma » enfoncent le clou et «  Somebody Trying to tell Me Something » , «  My Country » , «  Us Forces » , Tin Legs and Tin Mines « et «  Kosciusko » terminent de nous mettre à genoux.

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

Au fil du set qui passe aussi par un petit intermède acoustique, on se sent happé par le magnétisme de ce rock groovy, énergique et brûlant. Et la déferlante continue avec « Feeding Frenzy » , «  In the Valley », »Power and The Passion », The Dead Heart » et « LE  » hit attendu par tous «  Beds Are Burning » acclamé dès ses premiers accords. « Beds Are Burning » est une chanson politique, réclamant la restitution de leurs terres natales aux aborigènes Pintupi (Australie), volées 200 ans plus tôt par les colons britanniques.

« Comment pouvons-nous dormir pendant que nos lits brûlent » (« How do we sleep while our beds are burning ? »

La salle est debout et le groupe enchaine avec «  Blue Sky Mine «  et «  Best of Both Worlds » avant de se retirer en coulisse. Le public en redemande et il va en avoir pour son argent car Midnight Oil va lui accorder deux rappels, un premier avec «  Now or Never Land » , «  Concrete » et «  Dreamworld » puis un ultime avec l’incomparable « Forgotten Years »  joué devant un Olympia comblé et déchainé.

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

En quittant la salle et en voyant le nom du groupe en lettres rouges illuminées sur la façade de l’Olympia, je me dis que je viens de voir sur scène un des meilleurs groupes live au monde. Rien de moins. «  Burning the midnight oil «  signifie «  veiller tard dans la nuit », et excité comme je le suis, c’est la seule envie qui me vient à l’esprit après un tel moment de vie. Le groupe possède parait-il du matériel inédit en vue d’un nouvel album, gageons que l’histoire continuera là où elle s’est arrêté.

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

Cette tournée intitulée « The Great Circle « a également une autre signification. Les marins et les aviateurs utilisent « The Great Circle » pour naviguer à travers les océans, et le chemin le plus court entre deux points n’est pas toujours une ligne droite. C’est l’illustration parfaite de ce que le groupe a toujours été et de sa carrière qui ne fut pas linéaire.

Midnight Oil © Jean-Pierre Vanderlinden

Et en attendant la suite, jetez vous sur l’oeuvre de Midnight Oil, réécoutez ce band incroyable ou découvrez le, et il y a gros à parier qu’à leur prochain passage vous soyez vous aussi présents dans la salle.

Ne passez pas à coté de ces géants, car Midnight Oil est bien plus qu’un groupe de rock’n’roll !

Texte et photos : JP Vanderlinden aka JPROCK THE DARK FEATHER.

LINE UP Midnight Oil : Peter Garrett, Rob Hirst, Jim Moginie, Martin Rotsey, Bones Hillman, Peter Gifford

Le concert en images…

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