Jeudi dernier, il fallait être présent à l’Os à Moelle.
Dans la cave mythique de l’avenue Emile Max, le plus vieux cabaret bruxellois, ouvert en 1960 par une bande d’illuminés dont Jo Dekmine ( où ont traîné Brel, Barbara, Toots, Arno etc..) et géré aujourd’hui de main de maître par Samuel Bernard, les Londoniens de Dub Pistols ont tout simplement retourné la salle.
Mais qui sont les Dub Pistols?
Pour ceux qui auraient raté 30 ans d’histoire, Dub Pistols, c’est une institution. Formé en 1996 à Londres par Barry Ashworth, figure culte du clubbing britannique, rejoint par Seanie Tee en 2015 et des musiciens talentueux, le collectif s’est fait un nom en explosant les frontières.
Leur recette? Un cocktail détonant de dub, de big beat, de reggae, de ska, de hip-hop et de drum & bass. On les connaît pour des hymnes comme Six Million Ways To Live, Mucky Weekend, Cyclone, Problem is, Ska Train ou Bankrobber, pour leurs collaborations avec Terry Hall de The Specials, ou Ashley Slater, et pour une énergie live qui les a fait tourner dans divers festivals comme Glastonbury sans jamais perdre leur âme sound-system.
Jeudi, c’est exactement ce qu’on a eu. Un set ultra énergique, sans une seconde de répit qui pioche dans leur dernier album Enter the Sound réalisé en collaboration avec le fidèle Aston Harvey et The Freestylers et dans les classiques de leur discographie bien fournie. Dès les premières basses, la cave voûtée de l’Os à Moelle s’est transformée en chaudron.
Barry Ashworth, en maître de cérémonie survolté, casquette vissée sur la tête, harangue la foule comme s’il jouait à la Brixton Academy. Derrière, le band est d’une précision redoutable. Section rythmique basse-batterie lourde et groovy à souhait, guitares ska incisives, et deux chanteurs qui se répondent, qui sautent et qui donnent tout.
Et une ambiance formidable. Le public schaerbeekois a chanté, dansé, levé les bras pendant 90 minutes. On sentait la joie pure, celle des concerts où la barrière entre scène et salle n’existe plus.
Et ce qui marque, au-delà de la musique, c’est la sympathie. Les Dub Pistols sont talentueux, c’est évident, mais ils sont surtout très sympas. Disponibles, souriants, venus boire un verre au bar après le show, discutant avec tout le monde. Pas de star-attitude londonienne, juste des gars qui aiment jouer.
L’Os à Moelle, avec son charme indéfinissable de cabaret rive gauche et son acoustique brute, fut l’écrin parfait pour ça. Intime, chaleureux, idéal pour un groupe qui vit du contact du public.
On est ressorti avec les oreilles qui sifflent, le t-shirt trempé et un grand sourire. Mission accomplie.
S’ils repassent par Bruxelles, ne les ratez pas !
Jean-Pierre Vanderlinden











