Bruxelles, Botanique (Rotonde), samedi 3 octobre 2026 – FrancoFaune
On l’attendait. On savait qu’elle viendrait marquer Bruxelles, mais on ne s’attendait pas à ça.
Lou-Adriane Cassidy, reine incontestée de la chanson québécoise, débarquait au Botanique pour présenter son spectacle Triste Animal dans le cadre de FrancoFaune. La date était cochée depuis des mois avec Paris au Café de la Danse le 1er octobre, puis Bruxelles le 3 octobre. La Rotonde du Botanique était bien remplie et dès les premières notes, on a compris pourquoi.

Ce qui frappe d’abord, c’est la voix exceptionnelle et le mot est faible. Une voix qui sait tout faire, chuchoter au creux de l’oreille puis s’ouvrir en grand, sans jamais forcer, avec un vibrato naturel qui donne le vertige. Cassidy ne chante pas ses chansons, ses textes touchent, elle les habite, et elle foudroie.

L’artiste on la connaissait par les mots de la presse québécoise : « Eclatante interprète en équilibre, Lou-Adriane Cassidy souffle le délicat et le brûlant ». Sur scène samedi soir, c’était exactement ça. L’équilibre parfait entre fragilité et puissance.

Son répertoire, on en est imprégné, mais en live, il prend une autre dimension.
Des compos touchantes, à fleur de peau, qui parlent d’amour, de deuil, de corps, de rage douce. Chaque texte est ciselé, chaque silence est habité. Le public retient son souffle sur Adieu , frémit ou explose sur des titres comme Ça va ça va, Valse frustrée, Réponds, J’ai l’habitude, Journal d’un loup garou, Prière quotidienne, Dis-moi dis-moi dis-moi ou Les Hirondelles.

Et puis il y a ces harmonies de dingue ! C’est là que ses cinq musiciens et musiciennes entrent en jeu. Une formation resserrée, d’une justesse folle avec guitare, basse, batterie, claviers et chœurs qui enveloppent sa voix sans jamais l’étouffer.
On sent un vrai collectif, à l’écoute totale, qui laisse respirer les chansons et les fait grandir.

Lou-Adriane Cassidy est aussi une performeuse incroyable.
Pas dans le sens tape-à-l’œil, mais dans le sens total. Elle danse peu, bouge juste, mais chaque geste compte. Elle s’adresse au public entre deux chansons avec une sincérité désarmante, rit, se livre, est drôle et vraie.
On a l’impression d’être dans son salon, sauf que son salon a l’acoustique excellente de la Rotonde.
Pendant 90 minutes, le public va être conquis et littéralement suspendu à ses lèvres. Des jeunes, des moins jeunes, des fans de la première heure et des curieux, tout le monde repartira avec la même certitude : on vient de voir l’un des plus grands talents de sa génération.

Lou-Adriane n’est plus une promesse, c’est une évidence, et son passage au Botanique ce samedi soir restera comme l’un des grands moments de ce FrancoFaune 2026.
Si vous l’avez manquée, ne refaites pas la même erreur la prochaine fois.
Jean-Pierre Vanderlinden


