Yeeeeehawwww, voilà Petit Poilu au Far-West, au pays des petits cow-boys aux caractères bien trempés, sous leurs chapeaux. Tête de bois et tête de Mule règnent ici sans partage. Vous prendrez ce qu’ils vous donnent et si ça ne vous plaît pas, tant pis, compris? Petit Poilu ne l’entend évidemment pas de cette oreille, tout en restant pacifiste.

Résumé du tome 33, Deux butés sinon rien, de Petit Poilu par Dupuis : Nouveau voyage pour Petit Poilu qui se retrouve cette fois catapulté dans un désert rouge, poussiéreux et sec comme un caillou ! C’est l’univers du cheval Colorado et de deux bébés cow-boys, aussi véritablement têtus qu’ils sont faux jumeaux ! Prénommés Tête de bois et Tête de mule, les deux comparses vont se montrer sympathiques et accueillants, désireux de jouer avec Petit Poilu « à leur sauce ». Mais comment jouer avec les deux têtes les plus butées de tout le Far West ? Petit Poilu devra faire preuve de ténacité, de ruse et d’intelligence pour dompter ces deux petits cow-boys si têtus… Mais avec un peu de souplesse, un soupçon de tendresse et un brin de délicatesse, la vie devrait faire le reste ! Un Petit Poilu qui plaira à tous les têtus, les butés, les bornés, les obstinés… et à tous ceux qui vivent avec !

Sur quoi la porte de Petit Poilu va-t-elle s’ouvrir aujourd’hui? Quel univers, quels personnages? Depuis 33 tomes (mais aussi 117 épisodes animés), Petit Poilu nous surprend, sans être à bout de problèmes ni de ressources et de petits messages positifs, éducatifs, dont le petit lecteur/observateur (pas de dialogues ici) pourra se servir.

Et s’il y a une situation qui génère bien des tensions, des incompréhensions et des pleurs, c’est évidemment le partage. Quand un enfant veut un jouet que l’autre désire, alors qu’il jouait à autre chose la seconde avant. Quand on s’estime maître chez soi et qu’on veut donc décider avec quoi les invités peuvent ou non jouer. Mort ou vif. Pas facile! Mais on peut compter sur Petit Poilu, Céline Fraipont et Pierre Baily pour débloquer la situation, donner des pistes de solution.

Et quoi de mieux qu’un western, avec son désert, ses serpents, ses chevaux en plastique et ses petits garnements en culottes (en couches même) courtes qui jouent les shérifs? Les auteurs réussissent à nouveau à nous surprendre, toujours avec le même canevas: le réveil de Petit Poilu, une faille sur son chemin qui l’emmène dans un autre univers, la découverte du monde dans lequel il atterrit, de nouvelles amitiés, des moments de complicité puis les choses se gâtent, entre colère et tristesse, avant la réconciliation et l’échange des cadeaux. Puis le retour à la maison de Petit Poilu.

Cette fois, c’est par le mimétisme que Petit Poilu décide de réagir pour faire comprendre à Tête de bois et Tête de mule que ne pas prêter, ce n’est pas vraiment chouette, ça fait de la peine et ça suscite la convoitise. Ça ne rend personne heureux. En inversant les rôles, tout en restant ‘jouettes’ (expression bien belge), les auteurs s’en donnent à coeur-joie avec les codes du western, les cadrages, les oeillades façon duels sempiternels, dans des couleurs crépusculaires. Hauts les mains, réfléchissons un peu. Trop fun et inspirant.

Avant, dans le 34e tome, de repartir à la neige (à gogo)!

À lire chez Dupuis.
