
Un p’tit voyage dans le temps, ça vous dit? Dinosaures et hommes crados de Cro-Magnon sont toujours des sujets plébiscités par les éditions jeunesse. Quand c’est bien fait, on ne s’en lasse pas. La preuve avec Classe de dinosaure de John Hare et Je serai un homme des cavernes d’Angelo Mozzillo et Miguel Tanco, tous deux à L’École des Loisirs.

Pour devenir un homme des cavernes, il faut s’entraîner dur!

Résumé de Je serai un homme des cavernes par L’École des Loisirs : Devenir président, banquier ou commandant ? Non merci, quel ennui ! Alors qu’il existe depuis la nuit des temps un emploi qui permet d’être tout cracra, de manger avec ses doigts, de grogner, et de pêcher ses crottes de nez : homme des cavernes. Mais même avec la vocation, c’est une dure profession… Pour bien la pratiquer, mieux vaut commencer tout de suite à s’entraîner !
« J’en ai marre, j’en ai marre de lire des trucs moches dans les journauxJ’en ai marre, très, très marre qu’on m’dise c’qui est laid ou ce qui est beauJ’veux partir redevenir l’homme préhistoAvec rien sur sa peau jouer du tam, tam, tam, tam, tam »
(Michel Polnareff)

A-t-il écouté du Polnareff? Toujours est-il que le petit héros, qui envoie vite valser ses habits d’écolier sérieur, écrit par Angelo Mozzillo et mis en vie et en couleurs par Miguel Tanco, ne veut pas du monde qu’on lui prépare. Il est si petit, pourquoi devrait-il déjà choisir le costard qu’il devra mettre plus tard. Lui, il aime sa vie d’ardeur et d’eau fraîche, de cascade, de genoux écorchés, de guiboles lacérées par les ronces, piquantes de poils non rasés. Que c’est bon d’être sale, d’avoir la bouche collante de tous les fruits que nous prodigue la nature.

« Que veux-tu faire quand tu seras grand? » Aussitôt qu’on lui a posé la question fatidique, notre petit d’Homme, a pris la poudre d’escampette. Oh, pas très loin, au fond du jardin, puis dans la forêt qui le jouxte. Facile à imaginer une jungle, des lianes, un retour au monde sauvage, aux plaines remplies d’animaux disparus, effrayants? Non, il va les dompter. Il est dans la force de l’âge insouciant. Mais homme et femme préhistorique, n’est-ce pas un dur métier, au fond? Voilà donc pourquoi la maison est sens dessus dessous, terrain d’expérimentation de toutes les bêtises. Un mur, c’est un mur, qu’il soit porteur ou de caverne, alors comment résister à faire ses armes, tout en couleurs, dessus?

Voilà un album bien inspiré et déjanté dans lequel texte et peintures sont bien séparés pour laisser toute la frénésie de ce petit garçon prendre le pouvoir sur nos zygomatiques.

À (se faire) lire dès 2 ans, à L’École des Loisirs.
Classe de dinosaure et histoire de casse-croûte

Résumé de Classe de dinosaure par L’École des Loisirs (Pastel) : Une sortie scolaire bien spéciale attend les élèves : un voyage dans le temps, direction l’époque des dinosaures ! À bord du vaisseau-dinosaure, ils explorent un monde peuplé de géants. C’est alors qu’un ptérodactyle vole la boîte à pique-nique d’un enfant, qui chute en la récupérant… et se retrouve nez à nez avec des dinosaures très gourmands.

Après Classe de Lune, Classe sous-marine et Classe de volcan, l’Américain John Hare nous entraîne en Classe de dinosaure. Pour tout dire, c’est avec ce quatrième épisode, indépendant, que je découvre cette série manifestement pleine de rebondissements. Le lecteur accompagne en fait des élèves futuristes, des petits hommes et femmes en combinaisons blanches avec masques sur les yeux. Pour partir en excursions, pas question de cars ou de covoiturage, c’est vintage, mais d’un vaisseau spatial, polyvalent et transformables à l’envi (avec pattes, queue et têtes antennes) qui ne ressemble à aucun autre. Entre le passé, le présent et le futur, le pilote place le curseur tout à gauche et « Bzzzzz », c’est parti.

Dans le vaste paysage, l’appareil se perche sur ses jambes mécaniques et offre une terrasse bien protégée aux petits écoliers. Quel panorama sur un monde à l’état sauvage, comme ses habitants, terribles lézards. Mymoorapelta, Coelurus, Diplodocus, Camptosaurus, Stegosaurus, Brachiosaurus, Kepodactylus et Ceratosaurus sont au casting. Ce sont les seuls mots de cette histoire, tout le reste est muet: le dessin est suffisament narratif, éloquent, géant. Mais, attention, les mignons petits reptiles peuvent laisser place à d’autres plus menaçants.

Pourtant, pour un casse-croûte volé par une espèce volante non-identifiée, un enfant dupe la vigilance de ses enseignants et part à l’aventure sur ce territoire où il semble si petit, si fragile alors qu’il se laisse aller à l’insouciance. Aïe aïe aïe, il aurait mieux fait d’écouter les consignes de sécurité. Mais, c’est sûr, ses copains de classe (qui ne l’ont pas entendu crier au secours, dans un premier temps) vont lui envier ce pique-nique en bord de lac, partagé avec quelques animaux… inoffensifs. Mais attention, il y a des cératosaures dans la région et eux n’ont que faire de partager un morceau de pizza ou un paquet de biscuits. Et ça, ça craint!

Ce petit bonhomme de chemin au milieu du Jurassique tient toutes ses promesses et ses pirouettes, se terminant comme il a commencé. Le dessin très rond et travaillant le relief, le rapport de grandeur, est très dynamique et expressif, aux parents de mettre l’intonation et les mots pour faire vivre ce voyage fort en émotions. Un bonheur.

À lire chez L’École des Loisirs et dans la collection Pastel.
