Ce 12 juin Cabaret Voltaire avait donné rendez-vous à ses fans à l’AB.
Étant déjà en charge de couvrir un autre événement ce soir là et n’ayant pas encore le don d’ubiquité j’ai confié à Thierry Janssen, comédien-auteur et amateur de bonne musique le soin de me remplacer et de vous partager ses impressions sur cette soirée qui affichait sold out en configuration Ballroom.
Voici son billet.
En Première partie : Augustė Vickunaitė, une artiste sonore lituanienne basée à Berlin et Vilnius.
Possédant une formation en physique, elle utilise des magnétophones à bobines pour jouer, enregistrer et créer des installations sonores, articulant diverses couches d’enregistrements comprenant des matériaux trouvés, des voix, des instruments de musique, des objets…
Derrière sa table, Augustė Vickunaitė « bricole » son univers lancinant ponctué de bruits métalliques, d’interférences et de saturations au moyen de bandes magnétiques que tantôt elle scratche, tantôt elle tire à elle provoquant des sons dérangeants et remuants.
Un set de 30 minutes exigeant, mais pour peu qu’on adhère, une expérience originale et envoûtante qui aurait sans aucun doute plu au David Lynch, époque Eraserhead.
Vient ensuite le groupe culte originaire de Sheffield : Cabaret Voltaire, venu célébrer son cinquantième anniversaire. L’influence du groupe anglais sur la musique électronique, expérimentale, techno, industrielle et post punk est considérable.
Petite déception annoncée dans la journée : en raison de circonstances imprévues, Chris Watson ne sera malheureusement pas présent. C’est donc Stephen Mallinder accompagné de trois musiciens qui entre en scène.
Mais la déception sera de courte de durée car Mallinder, en grande forme, dans son sweat à capuche, va interpréter un set parfait retraçant toutes les époques de Cabaret Voltaire, mêlant ses expérimentations punk-industrielles des débuts aux hymnes electro-funk : « 24/24« , « Spies in the Wires« , « Crackdown« , « Landslide« , « Just fascination« , « Easy Life« …
Les projections tentaculaires de Dan Conway, avec ses couleurs et ses images saccadées nous replongeant dans l’ambiance des 80’s/90’s, renforcent la dimension avant-gardiste du spectacle.
À plusieurs moments, Stephen Mallinder laisse transparaître sa joie devant la chaleur du public conquis. La communion est parfaite.
Le final composé d’un « Nag Nag Nag « puissant et viscéral et de « Sensoria « clôture un concert exaltant, furieux et émouvant.
Et on sort de l’AB avec le sentiment d’avoir assisté à un concert qui restera dans les mémoires : le dernier baroud d’honneur d’un groupe mythique pionnier (même en l’absence du regretté Richard Kirk et de Chris Watson), ayant traversé les époques et façonné l’histoire de la musique contemporaine.
Texte et Photos Thierry Janssen






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