
Avec Étincelle, un album jeunesse en plasticine, Les Marmottons accueillent un petit ours, un peu perdu à l’heure où il voit ses congénères développer des aptitudes dont il ne semble pas avoir été doté. N’aurait-il aucun talent? Bon à rien? Tout juste bon à être un moulin à paroles qui n’en finit plus de poser des questions?
Résumé d’Étincelle par Les Éditions Marmottons : Étincelle ne sait pas grimper aux arbres et grogne bizarrement. Alors quel est son talent ? Et si la réponse se cachait dans ses mille questions ?

« Pourquoi, c’est quoi, comment? Petit ourson cherche son talent, partout, tout le temps. Que sait-il faire exactement? » Sur la musique de Geoffroy Grandjean, comme à chaque album portant la patte de la Marmotte, les petits lecteurs-chanteurs peuvent encourager les héros à trouver leur voix, leur voie. Cette fois, Aurianne de Pierpont, tête pensante de ces éditions, a donc choisi un héros ourson… pas comme les autres. Il n’aime pas le miel, est incapable d’escalader un arbre, n’a pas spécialement envie de gronder. Alors, il va voir son Papours qui éclaire ses questions et inquiétudes en lui racontant l’histoire d’Étincelle, un petit ours tout comme lui, curieux mais maladroit dans tout, qui avait lui aussi un papours auquel il posait mille questions.

« A-t-on tous un talent? » La question est surtout: « doit-on obligatoirement avoir le même talent, répandu, que les autres? » Bien sûr que non! On n’est pas obligé de faire comme tout le monde et de s’y mesurer. Mais la question est sensée et même primordiale, pour ne pas s’enfermer dans quelque chose qu’on n’aime, qu’on n’est pas. Ce serait du gâchis. À quoi ressemblerait le monde si chacun de ses habitants avait l’opportunité, un jour, de développer le talent qu’il a au fond de lui? Certains n’en auront pas la possibilité, pour tout un tas de raison.

Mais pas Étincelle ni le petit ourson auquel son histoire sert de morale douce et encourageante. Si tu poses des questions, que les autres ne posent pas qui plus est, tu es sur la bonne voie (parole d’Étincelle, mais aussi du journaliste qui écrit les présentes lignes). Persévère, n’aie pas peur. Même si elles dérangent un peu.

Pour porter ce petit conte dans le conte, rempli d’amour et de soutien, Auriane de Pierpont a pu compter sur la polyvalence de Coralie Saudo. En effet, Étincelle est un album comme on n’en voit pas beaucoup. Avec Nao, ma fille, nous en avons déjà emprunté quelques-uns à la bibliothèque. Les techniques de Coralie sont en effet mixtes, mélangeant différentes matières et surtout de la pâte à modeler. Un travail de longue haleine. Après avoir fait des croquis de chaque scène du livre, l’artiste a fait des modelages en argile des 23 ours (dans des positions diverses et variées) apparaissant dans cette histoire. Elle les a peints avant d’inventer le décor (la forêt, une rivière, une montagne…) tout autour: des fleurs réelles, des découpages, des morceaux de carton, des pierres… Tout a ensuite été photographié pour donner lieu aux saynètes que l’on voit dans cet album en phases arrêtées, efficace, plein d’instants de vie et de texture. Au service d’un propos important et bienveillant. Quel talent. Et l’Étincelle devint un vrai feu de joie.

À (se faire) lire dès 3 ans aux Éditions Marmottons.


