
Et si nous avions tout faux dans notre relation aux chiens? Les dernières décennies passées n’auraient-elles fait qu’accentuer le malaise et l’incompréhension de celui qu’on dit être notre meilleur ami? Alors que l’inverse n’est peut-être pas vrai. Coupe-t-on les oreilles ou la queue de son meilleur ami? Le met-on sur les dents à force de limiter ses repas, quitte à créer son obsession? Enfreint-on sa communication? Cause, aboie toujours, tu m’intéresse! Avec Dogmanship, Nitsan Lir et Olivier Assouline, venus du monde de l’équitation, ont créé, en France, une méthode qui dépasse les frontières, soutenue par Frédéric Lopez et arrive désormais dans une BD, réalisée par l’épatante Sandrine Revel (avec les couleurs vivantes de Myriam Lavialle), qui remet tout en question et remet de l’ordre dans nos idées reçues et celles à envoyer au grand public. Rencontre.
À lire aussi | Hey Jude de Sandrine Revel, une bd qui a du chien et de la tendresse à revendre !
Bonjour à tous les deux, racontez-nous un peu, d’où venez-vous?
Olivier : Nous travaillons ensemble depuis de très nombreuses années, maintenant, depuis plus de 20 ans. Ce livre est une sorte d’aboutissement par rapport à notre travail avec les chiens. Nous avons pu exprimer dans ce bébé à la fois la philosophie, l’éthique, les valeurs, puis la méthodologie assez unique, puisqu’à la base, Nitsan est avant tout entraîneur de chevaux et moniteur d’équitation. Mixer les deux approches était très innovant.
Nous sommes bassé dans la Sarthe, à la limite de la Normandie, dans la région des Alpes mancelles.

Dans cet album, votre propos est inédit, quitte à nous bousculer un peu en tant que propriétaire, non, en tant qu’humain de chien, comme vous tenez à le nommer.
Olivier : Nous avons des clients étranger. Nous nous rendons compte que notre méthode fonctionne quel que soit le pays où l’on se trouve. Vous savez, c’est comme avec les chevaux, le langage est universel. Vous pouvez monter un cheval que ce soit en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud, vous communiquerez de la même façon avec le cheval. Il en est de même pour les chiens.
Nitsan : Alors, c’est vrai que ce que nous avons apporté n’a rien à voir avec ce qui est enseigné en Europe, ni même aux États-Unis. Mais c’est efficace. Le chien, c’est un chien avant tout.

On entend souvent des personnes qui parlent de leur chien en disant qu’il ne leur manque que la parole. Mais, en fait, on se rend compte dans cet album que même s’ils avaient la parole, on ne les écouterait peut-être pas.
Nitsan : Exactement. Les chiens, ils parlent tout le temps. Entre eux, avec nous, avec eux-mêmes. Ils s’expriment naturellement différemment de nous. Nous l’avons oublié mais ils ont un langage corporel et vocal très développé. Il faut juste apprendre à les décoder, les lire. Et ce n’est pas très compliqué. Les chevaux, les humains et les chiens sont trois espèces qui ont évolué ensemble. Dans cette évolution, ils ont développé la même communication. Alors, chaque espèce s’exprime un petit peu différemment à cause des gabarits, de la morphologie, de cervaux différents. Mais, à la base, nous avons la même communication. Par exemple, un cheval qui n’est pas content va tourner le dos et montrer ses fesses. Un chien qui n’est pas content tourne la tête et le dos. Et le gamin qui n’est pas content va bouger aussi. Nous avons parfois les poils hérissés? Les chiens aussi. Quand on a peur, on fait des grands yeux. Les chevaux aussi.

Beaucoup de choses se passent au niveau de la communication corporelle, des signes, de manière assez similaire à l’être humain. Il faut juste apprendre à faire attention et lire les chiens. Mais, oui, ils parlent tout le temps.
Que s’est-il (mal) passé dans l’évolution du couple humain-chien pour qu’aujourd’hui nous nous comprennions si mal?
Nitsan : C’est assez logique. Nous avons oublié beaucoup de choses avec l’évolution technologique. Il y a a quelques dizaines d’années, nos grands-parents avaient différentes perceptions sur la vie et sur les animaux aussi. Avec la technologie, on a perdu beaucoup de choses. Nous avons changé notre mode de vie, et celui des chiens, leur statut. En oubliant que l’ADN des chiens, elle, n’avait pas changé. Avec l’instinct, leur perception, des gabarits et des mâchoires.
Pourtant, aujourd’hui, c’est anthropomorphique, on voit son chien comme un bébé, comme un enfant. C’est vrai, c’est un membre de la famille, mais ce n »est pas un bébé ni un enfant. C’est un chien avec les besoins d’un chien.

D’où ce livre. Si on ne prend pas soin des besoins des chiens, on ouvre la porte à beaucoup de problèmes comportementaux et même neurologiques. Une des grands erreurs que nous ayons faite, c’est de ne pas voir les chiens mais de nous vous nous-mêmes, avec notre mode de vie, nos besoins, nos rêves. Nous avons oublié le chien.
Il y a aussi la faiblesse de l’être humain qui est cette obsession pour le pouvoir, le contrôle.
Nitsan : Suivant les époques, ça a changé. Lors de périodes plus religieuses, on avait une autre perception du chien dictée par la religion. Ensuite, il y a eu la révolution industrielle et on a voulu en faire des machines. Après ça, nous sommes passés à l’obéissance. Il fallait absolument avoir des chiens dociles et complètement soumis. Nous y avons réagi, ensuite, pour en arriver à l’éducation positive avec les friandises. Les efforts ont toujours été faits vers l’être humain.
Olivier : Ce que nous avons voulu faire avec cette bande dessinée, c’est justement changer l’orientation du projecteur et arrêter de regarder les choses par rapport à nous, par rapport à notre filtre anthropomorphique. C’est l’occasion de révéler vraiment ce qu’est un chien, de passer de l’autre côté du miroir. Si nous y arrivons, les choses apparaissent complètement différemment.

On parle souvent de chiens dominants, mais c’est l’humain qui est dominant.
Nitsan : Oui, ça n’existait pas dans la nature, qu’un chien soit dominant sur une autre espèce. Par contre, il y a des relations. Nous avons tous grandi avec le sentiment de puissance, la volonté de résultats, de contrôle mais aussi des clichés et cet anthropomorphisme. De quoi abîmer la relation et le comportement des chiens. Il n’y a pas d’éventuels dominants entre les chiens et les humains. C’est plutôt nous qui le cherchons.

Vous avez dû lever les yeux au ciel, Nitsan, quand vous avez fait vos études pour avoir ce diplôme d’État français vous permetant d’exercer. J’imagine que la méthode qu’on vous enseignait n’était pas forcément celle que vous vouliez enseigner, que vous vouliez apporter à tous ces humains de chiens.
Nitsan : Oui, c’est vrai. Mais j’ai appris pas mal de choses. J’ai fait des études, pas mal de stages partout pour apprendre, pour avoir plus d’outils, mais aussi pour apprendre ce que je ne devais pas faire. C’est important aussi. Une des choses que j’ai apprise avec toutes les années de travail avec des chevaux, c’est qu’il n’y a pas de fiche recette. Ce qui marche avec un ne fonctionne pas toujours tout à fait avec les autres. Ce que je retiens de plus important de mes études, c’est la collecte de la plupart de mes outils. Après, en face de chaque chien, chaque contexte, chaque histoire, j’utilise différentes combinaisons d’outils. Le plus important, ce n’est pas la méthode, ni la théorie, c’est le résultat, si c’est efficace ou non.

On le voit avec Sandrine Revel, la dessinatrice qui, pendant tout cet album, se retrouve aussi elle-même une élève, vous n’êtes pas là pour caresser l’humain dans le sens du poil!
Nitsan : C’était un peu l’idée. Sandrine a joué le rôle du client lambda qui collectait toutes les idées reçues, toutes les erreurs possibles et inimaginables. C’était également important d’avoir cette situation pour créer cette histoire de rencontre initiatique. C’était le moyen de faire adhérer le lecteur à toutes ces informations qu’on allait lui transmettre. Sans avoir une voix personnaliste ou de jugement ou de culpabilité. Il fallait absolument que nous soyons empathiques. Quelle que soit la nature de l’idée reçue que Sandrine pouvait véhiculer ou des choses qu’elle faisait elle-même. La plupart des gens font beaucoup d’erreurs par amour. À cause des clichés, des astuces ou des informations qu’ils ont captées.

Olivier : Dans cette BD, Sandrine a fait un merveilleux travail pour ne pas capter que l’information, mais aussi l’environnement, les situations, même les mimiques, la communication. Une des choses les plus importantes de cette BD, c’est d’avoir parlé avec Sandrine exactement comme je parle avec mes clients. Aussi, dans cet album, c’est réellement ma maison qui est représentée. Les cas dont nous nous servons sont réels. Nous avons juste changé les noms des clients, des chiens, pour ne pas être trop spécifique.
Au fond, si je comprends bien, Sandrine est arrivée dans ce processus avant d’adopter Cyane, son Boston Terrier?
Nitsan : Elle en avait eu un premier, Jude (NDLR. qui avait servi à un autre album, Hey Jude). En même temps qu’elle commençait à être en contact avec nous, Sandrine a décidé, de manière indépendante du livre, de prendre un autre chien, un chiot Boston Terrier. Ce hasard a transformé le livre. Ça devenait plus pour elle que dessiner un album. Elle a passé tout le processus comme un vrai client, avec sa chienne, avec toutes les difficultés que cela représente d’avoir un chiot.

On parle beaucoup de l’importance de la communication des chiens. Au fil du temps, l’humain s’est mis à couper les queues, couper les oreilles, à faire la sélection génétique. De la mutilation sociale, au fond?
Nitsa : Tout à fait, on a créé des anomalies graves, pour des raisons de beauté, impressionner, etc. On a coupé les oreilles de Dobberman ou autres molosses pour envoyer le message que ces chiens sont dressés, vont attaquer. Mais le chien en lui-même ne sait pas quel message il envoie, il n’a pas cette intention. Les autres chiens qui lui feront face, par contre, vont capter son apparence comme une menace.
Quant à la queue, c’est 50% de communication. Ne fût-ce que la queue entre les jambes. Leur couper la queue, c’est comme couper la langue. Les chiens éprouvent alors de la difficulté à transmettre, à communiquer. Il y a d’autres anomalies que nous avons aussi créées, les nez écrasés, les nombreux plis qui cachent les mimiques… Selon nos critères bizarres, nous avons coupé des canaux de communications, transformant les chiens en une sorte d’objet, avec toujours cette tentative de le dénaturer.


Le message de tout le livre encourage justement au respect de la nature du chien.
Olivier : C’est sur ce point que nous essayons d’éveiller les consciences. C’était l’un des objectifs de cette bande dessinée. Présenter ce qu’est un chien, encourager le respect de sa nature, et surtout, faire connaître et respecter le fait qu’il appartient à une espèce différente de l’espèce humaine, avec des besoins spécifiques à sa propre espèce. C’est pour ça que nous ne parlons pas de propriétaire de chiens (mais d’humain de chien). Effectivement, à ce moment-là, c’est un objet, même si dans la législation française, on en parle encore comme d’un objet.

Nitsan : C’est un être vivant, sensible, social, intelligent, qui n’est pas là pour assouvir nos moindres désirs de statues, ou de décorations animalières, en coupant les oreilles, en coupant les queues, etc.
Dans ce livre-ci, nous ne parlons pas d’éducation mais de comprendre ce que ça veut dire être un chien, ses besoins, les idées qui ont abîmé la cohabitation ou empêchent le chien de s’intégrer dans notre espace. Ce livre a une mission sociétale, pour changer la perception des humains mais aussi parler à tous les niveaux, des mamies avec un caniche aux enfants. Surtout les enfants, qui sont les nouveaux humains des chiens. Si l’enfant veut grandir avec une bonne fondation et du respect pour les chiens, ça va changer la société.

Je reste dans cette idée de mutilation sociale, que penser de la muselière ?
Nitsan : La muselière c’est un outil, c’est comme la laisse, la longe, le collier, c’est comme toutes les autres choses. Ce qu’il faut interroger: ce n’est pas ce qu’on fait, c’est notre façon de faire des choses.Comment va-t-on utiliser la muselière? S’il y a un chien réactif, agressif, qui mord, qui utilise sa mâchoire, on peut vraiment avoir un accident grave et des dégâts… Bien sûr, on va utiliser la muselière, mais pas comme solution. La muselière, c’est juste un outil pour passer cette phase jusqu’à ce que le chien arrête d’utiliser la mâchoire pour mordre. Petit à petit, sans que cela soit une punition, on met la muselière, on guide, on enlève la muselière, on lui donne la chance de ne pas utiliser la mâchoire. Mais si le chien essaie de mordre, on remet la muselière. Après quelques minutes, on enlève, on donne une autre chance, on guide, etc. La muselière est juste un outil temporaire pour passer une étape et pour garder la sécurité. Les éducateurs qui utilisent la muselière comme une solution, ce n’est pas bien. Après, il y a des règles, des réglementations, au niveau des chiens catégorisés qui doivent, obligatoirement, dans les lieux publics, être tenus en laisse, avoir une muselière.
Mais si les molosses, les Amstaff, les Cane Corso, les Rottweilers, etc. sont catégorisés dangereux, ce n’est pas à cause de leur race, c’est juste à cause de leur morphologie, avec mâchoire super-puissante. S’ils mordent, les dégâts sont plus importants. Mais je connais des caniches qui peuvent être plus réactifs que les Rottweilers.

Alors cette aventure, vous auriez pu en faire un roman, qu’est-ce qui vous a conduit vers la bande dessinée ?
Olivier : Mais, au départ, c’était vraiment un texte. Sauf que notre éditrice, Catherine Meyer, est un jour venue avec cette idée. C’était une évidence. Pourquoi n’y avait-on même pas pensé avant ? Dans notre texte, nous sentions bien qu’il y avait une masse importante d’informations à transmettre. La bande dessinée nous permettait de transmettre tout ça, mais de façon beaucoup plus légère, avec de l’humour, de la fluidité. Montrer quelque chose associé à un lexique, nous avons trouvé ça vraiment fascinant
Cela rencontrait aussi notre envie de nous adresser à une audience transgénérationnelle. La BD était le meilleur moyen de pouvoir dire tout ce que nous avions à

dire sans que les gens se découragent de lire 150, 200 pages.
Jusqu’ici, nous avons a eu beaucoup de retours de personnes qui ont retrouvé dans cette BD leurs difficultés, problèmes, erc. Ils ont pu connecter cet album à leur vie, et avoir envie d’apprendre et de changer leur perception. C’est grâce au dessin de Sandrine.
Dans la bande dessinée, il y a une profusion de héros-chiens qui montrent le mauvais exemple. Comme Bill qui est un gros rapporteur (selon le titre d’un album). Mais c’est une idée totalement fausse, dites-vous: un chien, ça ne joue pas.
Nitsan : Les animaux ne jouent pas. Quand nous adoptons un chiot, un chien, nous allons chercher des peluches, des balles. Mais, dans la nature, ce concept n’existe pas! Si l’on a l’impression que des chiens jouent ensemble, ce sont en fait encore des relations, de la communication, de l’autocontrôle. Les chiens n’ont pas de doigts, pas de bras, ils utilisent leur mâchoire « multitask », pour beaucoup de choses. Pour prendre des choses lourdes, légères, délicates. Ils s’exercent donc avec les adultes ou les chiots, les congénères. Si c’est trop fort, les autres vont chouiner ou grogner pour dire stop, « tu arrêtes, c’est trop fort ». Mais ils vont le laisser refaire, moins fort. Et quand courent les uns après les autres, c’est pour développer leur instinct de prédation, passer de l’arrêt à la vitesse pour attraper les lapins, les chevreuils, ou quoi que ce soit. C’est de l’apprentissage social.

Pareil pour les humains, en fait. Aujourd’hui, les filles et les garçons ont le même jouet, la même façon de jouer. Mais avant, les garçons avaient des tracteurs, des soldats, des choses qui peuvent correspondre à leur mode de vie à l’avenir, à leur métier futur. Et les filles, les poupées, avec les petites cuisines, pour donner à manger, pour aider maman, et après, elle-même, avoir des enfants. C’est de l’apprentissage social. La vie moderne a tout mixé, alors on a changé notre mode de vie.
Quid du canicross? N’est-ce pas utile d’aller courir avec son chien ?
Nitsan : D’abord, on peut voir la morphologies des chiens. Les pauvres, ils n’ont pas des cuisses de chevaux. Même les chevaux, qui ont beaucoup de muscles, ils ne courent que lorsqu’il y a un danger. Ils se comportent comme des proies qui doivent s’enfuir et courir.
Dans la nature, même les lions, les tigres, ne courent pas pour le fun. Pareil pour les clichés des chiens de traineau, avec les malamuts, les huskies. Ils ne tirent pas nos chariots parce que c’est dans leur nature, mais parce que dans l’histoire, on a utilisé les chiens pour nous déplacer, transporter des charges. Ça ne veut bien entendu pas dire que c’est leur nature et qu’ils sont assez généreux pour nous aider. Aujourd’hui, ce n’est pas la peine de courir avec les chiens, au contraire, c’est un animal olfactif. Nous, nous sommes plutôt visuels et verbals, tandis que le chien, pour capter l’information, a besoin de renifler. Si on court, il rate toutes les explorations, tous les odeurs, toutes les informations autour de lui. Ce n’est plus un chien alors, c’est une cocotte-minute.

Vous abordez aussi l’alimentation en disant que l’idéal serait que le chien ait de l’alimentation à volonté, en permanence à sa disposition. Beaucoup de gens donnent à leur chien une gamelle le matin, une gamelle le soir. Comment passe-t-on d’un extrême à l’autre?
Nitsan : D’abord, il faut comprendre que les besoins vitaux du chient sont: manger, boire, dormir, respirer… Ces besoins doivent pouvoir être comblés 24 heures sur 24. Si on touche aux besoins vitaux, on commence à les conditionner, on ouvre la porte à beaucoup de problèmes comportementaux. Si nous donnons deux fois par jour à manger, nous créons des manques. C’est un marketing, créer des manques. Le chien va manger plus, plus rapidement, plus en quantité pour faire des réserves. Il va devenir obsessionnel avec la nourriture. Par contre, s’il a un libre-service, comme sa gamelle d’eau en fait – pourquoi laisserions-nous l’une et pas l’autre? – il ne va plus se stresser à l’idée de manquer de nourriture, il prendra la quantité dont il a besoin. Nous travaillons comme ça avec tous nos chiens, nous remarquons que certains mangent moins qu’avant, juste la quantité dont ils ont besoin pour leurs activités ou les températures, pas pour faire des réserves.

Pour passer de l’un à l’autre, il y a un protocole très simple. Il faut en général donner au chien la ration dont il a d’habitude. On attend vingt minutes et jusqu’à ce que le cerveau, le corps reçoive le message qu’il n’a plus faim, qu’il a eu son dosage habituel, on peut ajouter une ration plus riche, avec de la viande, des légumes, des choses qui n’existent pas dans les croquettes. L’important, c’est la qualité, la variété. Après quoi, on attend encore 20 minutes et on peut passer au saladier rempli. 99% de temps, le chien ne va pas toucher à cette gamille. Si on la garde remplie tout le temps, le chien va peut-être grignoter 10 fois par jour, mais il va arrêter de faire des réserves, Après, il faut voir avec chaque chien son besoin spécifique.
Aujourd’hui, vous occupez-vous toujours de chevaux?
Nitsan : Je garde les chevaux pour le plaisir, au quotidien.
Le succès, c’est cette image des crèches que vous organisez, où les chiens sont laissés sans leur humain plusieurs heures en liberté, à se côtoyer?
Nitsan : C’est un outil, pour nous. Pour permettre au chien d’être chien, pour travailler sur la socialisation. Ils ont fait déjà un grand effort pour s’adapter, s’intégrer dans notre mode de vie moderne avec la télévision, la voiture, le canapé. Mais on oublie que ce sont des chiens, qu’ils ont besoin de congénères, d’apprendre des codes canins, de trouver leur place dans les groupes de chiens. Alors, nous avons créé cette crèche pour laisser les chiens développer des relations entre eux, partager des balades, explorer ensemble, développer la communication et leur langage. Bref, juste être chien. Tout en travaillant sur le détachement des humains, entre respect et travail d’équipe. Il y a beaucoup de choses dans cette crèche, ce n’est pas une garderie, c’est vraiment un outil.

Combien de chiens se retrouvent alors comme ça en liberté dans cette prairie, en crèche ?
Olivier : Entre 20 et 30 chiens, à peu près. Des fois, 40, ça dépend du temps, des périodes de vacances, de la disponibilité des humains pour pouvoir amener leurs chiens. Il y a des grands, des petits, des mâles, des femelles toutes les races, des croisés, des vieux ou des chiots.

Un deuxième album est-il dans les tuyaux ?
Nitsan : Oui, nous pensions faire des albums sur l’éducation, comment choisir un chien, les chiots.
Merci à tous les deux.
À lire aux Èditions Les Arènes. Infos sur la méthode sur www.dogmanship.fr
Preview:











