La bombe et l’école : vivre avec la menace quand on n’est pas plus haut que trois pommes, c’est absurde!

© Payam Ebrahimi/Hadi Baghdadi chez Les 400 Coups

Il y a quelques jours, les enfants sont rentrés à l’école, partout dans l’émotion. Mais une émotion qui n’est pas la même partout. Dans nos pays occidentaux, sauf menace d’un déséquilibré qui défrayera la chronique des faits divers et jettera l’effroi, l’école est un abri: pour apprendre, pour évoluer, savoir écrire, calculer et réfléchir dans une société et face à ses dirigeants (qu’ils soient politiques ou commerciaux) qui cherchent parfois (de plus en plus) à brouiller les pistes. Mais imaginez qu’une bombe atterrisse dans votre classe…

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© Payam Ebrahimi/Hadi Baghdadi chez Les 400 Coups

Résumé de La bombe et l’école par Les 400 Coups : Par une journée ordinaire, quelque part au Moyen-Orient, de jeunes élèves sont surpris en plein cours d’histoire lorsqu’une bombe atterrit au milieu de leur classe. Mais elle n’explose pas. Elle ne leur était assurément pas destinée… Alors que fait-elle là ? Impossible de la déplacer au risque de la voir éclater. Résignés, les élèves et leur professeur apprennent à vivre avec leur nouvelle camarade de classe, somme toute incongrue, afin de ne pas la brusquer et ainsi éviter le pire.

La Bombe et l’École. La naïveté en moins, voilà un titre qui ne déplairait pas à Jean de la Fontaine 2.0. C’est avec cette impression que nous débarquons dans cette ville orientale,avec des buildings, de la vie sur plusieurs étages, du toit au rez. Et dans le ciel, des missiles.

© Payam Ebrahimi/Hadi Baghdadi chez Les 400 Coups

Tout d’un coup, un cri, des mains qui masquent les yeux et quand on les rouvre, l’étendue des dégâts. La classe de Monsieur Shinsuke l’a échappé belle. Une bombe est bien plantée là, entre deux bancs d’écoliers, mais elle n’a pas explosé. Et les enfants émus ne sont que des dégâts collatéraux. La bombe, issue de leur propre pays, ne leur était pas destinée, elle devait normalement faire mouche 923 km plus loin.

« Cela n’arrivera plus », promet le général… mais c’est déjà une fois de trop pour les camarades de classe. Mais aussi l’adversaire visé, et inévitablement des civils, ces écoliers de l’autre côté de la frontière qui n’ont rien demandé.

© Payam Ebrahimi/Hadi Baghdadi chez Les 400 Coups

Plongeant dans l’absurde et utilisant l’Imagination des enfants, deux moyens qui aident parfois à survivre aux combats, à ne pas succomber à la tristesse du monde dans lequel on vit, les Iraniens Payam Ebrahimi (au texte) et Hadi Baghdadi (aux illustrations), traduits par Marie-Andrée Dufresnes, recréent un monde autour de cette intruse qui au fil des jours deviendra porte-manteaux, prolongera le tableau noir du professeur ou les copions des élèves tricheurs. Un élément du décor comme un autre, parce que dans certains coins du monde, il faut bien vivre avec les bombes… en attendant qu’elles explosent.

© Payam Ebrahimi/Hadi Baghdadi chez Les 400 Coups

Je pense vraiment que dès le plus jeune âge, des livres peuvent changer la vie, la conception qu’on en a et la saveur de la chance qu’on a. Cette fable moderne en fait partie, ouvrant les yeux avec des jeux d’enfants sur la laideur du monde dont on entend des bribes à la radio ou à la télévision et dont les politiciens font parfois des contes pour enfants. Ici, c’est l’inverse, avec des métaphores mais pas d’édulcorant, le conte pour enfants épouse la réalité, universelle, sans pour la cause verser dans le bain de sang et l’épouvante. Sacré exercice d’équilibristes.

© Payam Ebrahimi/Hadi Baghdadi chez Les 400 Coups

Dès 7 ans, à lire aux Éditions Les 400 Coups.

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