L’élixir de Dieu : KKK, fausse et vraies soeurs, gangsters, corruption et prohibition, un monde de dingue dans les cases de Gihef et Galland

Affiche pour le festival de Salies du Salat © Christelle Galland

Après un premier tome peut-être un peu poussif, la deuxième et dernière partie de L’élixir de Dieu fait des étincelles. Gihef et Christelle Galland ont trouvé la bonne recette, avec du caractère et des ingrédients toujours plus hallucinants. Buvez-en tous et qu’il n’en reste rien.

© Gihef/Galland

Résumé du tome 2 de L’élixir de Dieu par Grand Angle : En pleine prohibition, le couvent Saint-Patrick est en passe d’être exproprié par la banque. La découverte d’un vieil alambic servant autrefois à la fabrication du rhum change la donne. Le trafic d’alcool est-il vraiment un péché quand il s’agit de sauver de la banqueroute la maison de Dieu ? Pour mère Agatha, sœur Holly et leurs comparses, la réponse ne fait aucun doute… Mais face à un chef de la pègre prêt à tout pour maintenir son business et au Ku Klux Klan qui rôde, les bonnes sœurs au passé pas toujours très catholique vont avoir besoin de bien plus qu’une protection divine.

© Gihef/Galland chez Grand Angle

Deus Ex Alembicus, voilà le titre de ce deuxième acte qui s’ouvre sur un drôle de curé, croix autour du cou, borsalino sur la tête, flingue dans une main, pousse-café dans l’autre. Parfait miroir, viril cette fois, de la première couverture. C’est plus le Parrain que l’Abbé Pierre (encore que, pas sûr que j’ai choisi le bon exemple). Au couvent Saint-Patrick, les choses vont de mal en pis mais ça se bouscule au portillon. Les brebis égarées qui ont retrouvé le droit chemin? Non, elles resteront égarées et s’entêtent dans cette voie. Les vapeurs de l’alcool attirent la lie de la société, bien armée de mauvaises intentions. Au nom du père, du fils et du fric.

© Gihef/Galland chez Grand Angle

Forcément, les petites affaires des soeurs, piégées dans l’engrenage des truands et par le double-jeu de Soeur Holly. Dans cette fin d’histoire, tout s’accorde dans la déglingue. Le talent de Gihef pour jouer avec les genres, du drame noir à la comédie irrésistible, fait mouche et trouve un parfait écho dans le dessin et les couleurs de Christelle Galland, au diapason. Atchoum, attention au chat qui traîne dans les parages et ne fait pas le bonheur des allergiques. Ici, tout le monde veut être calife à la place du calife, se prend pour Dieu.

© Gihef/Galland chez Grand Angle

Au fil des pages, les auteurs prennent le temps pour les gags, avec de grandes vignettes parfois mais font preuve d’une fluidité exemplaire. Il s’en passe des choses, tout s’accélère et les protagonistes, bons ou mauvais ou entre les deux, trouvent leur place pour faire rebondir l’intrigue, cette descente aux enfers, face à des truands, la police, les agents spéciaux, le Ku Klux Klan, les promoteurs immobiliers… Tout se mélange et s’assemble dans un cocktail d’exception. Un excellent divertissement et une leçon de gestion de l’intrigue.

© Gihef/Galland chez Grand Angle

À lire chez Grand Angle.

© Gihef/Galland chez Grand Angle
© Gihef/Galland chez Grand Angle
© Gihef/Galland chez Grand Angle
© Gihef/Galland chez Grand Angle
© Gihef/Galland chez Grand Angle
© Gihef/Galland chez Grand Angle

Un commentaire

  1. excellente bd , le dessin affiché est l affiche du festival de bd de salies du salat qui aura lieu les 7et 8 decembre 2024 ou Christelle GALLAND en est l invitée d honneur

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