Laurence Bibot est une artiste belge reconnue pour son humour incisif et son talent scénique . Son spectacle « Je Playback », qu’elle présentait mercredi dernier au Whalll est une véritable ode à la performance et à la créativité, qui mêle des moments de stand-up et des projections de courts films humoristiques de son crû.
Dans « Je Playback », elle explore une sélection de courtes archives de la Sonuma qui lui fournit la matière première, et dont elle rejoue le côté visuel en utilisant le concept du playback sur la bande son originale, le tout avec jolie touche de légèreté et de dérision. Perruques, grimage, accessoires, panoplies, un plaisir du déguisement récurant chez l’artiste qui franchit là une étape supplémentaire. Une belle manière de se moquer des clichés et des stéréotypes propres à plusieurs époques différentes de notre passé.

Laurence Bibot s’en amuse dans des capsules parodiant les archétypes féminins : shampouineuse, directrice d’école, nymphette, ménagère de plus de 50 ans, femme dépressive ou exaltée, mais aussi des personnages connus, Barbara, Marguerite Duras, Soeur Sourire ou encore Amélie Nothomb dans une parodie irrésistible !

Avec ce one-woman-show qu’on pourrait renommer « la femme aux mille visages », Laurence Bibot réussit à créer une atmosphère conviviale et chaleureuse, même si ce spectacle n’est pas non plus le plus irrésistiblement drôle de sa carrière. Ici on sourit plus qu’on ne rit, certains playback étant très réussis, d’autres moins convaincants, mais dans son ensemble le show est fort agréable et original. Les amateurs de la période des Snuls seront aux anges, car on y retrouve quelques tics humoristiques désopilants que n’aurait pas renié le groupe d’humoristes belges actif essentiellement de 1989 à 1993, et dont Laurence a fait partie, personne n’ayant oublié la célèbre Miss Bricola.

En somme, « Je Playback » est un spectacle qui propose une expérience étonnante à ne pas manquer pour tous les amateurs du folklore atypique de notre pays, et qui catalyse les souvenirs d’une époque et d’un territoire qu’on ne peut qu’aimer.
Jean-Pierre Vanderlinden

