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Troublants de réalisme, des Guerriers de l’Hiver tellement attachants qu’on peine à les laisser retrouver la paix: un Norek à ne pas rater

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Les Guerriers de l’Hiver d’Olivier Norek vous emportent au cœur d’une guerre méconnue, avec rudesse, avec humanité, avec toute la vaillance d’un peuple pacifiste que rien ne destinait à résister. On y découvre le Sisu, « l’âme de la Finlande, l’état d’esprit d’un peuple qui vit dans une nature sauvage… le sens des mots courage, obstination, détermination, résistance… » C’est toute cette force que souffle le vent glacé à -50°C entre les pages de ce roman absolument captivant. Alors que je suis très éloignée de la passion qui anime les amateurs de romans de guerre, ce livre m’a passionnée. Parce qu’on apprend à connaître Simo Häyhä, bientôt surnommé la Mort Blanche par ses adversaires Russes, la légende bien réelle de ce roman. Mais aussi ses amis du petit village de Rautjärvi, Toïvo, Onni, et tout ceux qui vont croiser leur route. Ce sont des gamins des champs, des jeunes hommes tout juste sortis de l’adolescence qui vont découvrir le coût de la liberté, de la fierté d’un peuple. Un roman qui raisonne aussi tristement dans l’actualité. Car si cette Guerre d’Hiver s’est déroulée du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940, on ne peut s’empêcher d’y voir un écho avec un autre peuple qui combat aujourd’hui le même adversaire russe pour conserver ses frontières intactes.

Résumé de l’éditeur : « Je suis certain que nous avons réveillé leur satané Sisu.

– Je ne parle pas leur langue camarade.

– Et je ne pourrais te traduire ce mot, car il n’a d’équivalent nulle part ailleurs; le Sisu est l’âme de la Finlande. Il te dit le courage, la force intérieure, la ténacité, la résistance la détermination… Une vie austère, dans un environnement hostile, a forgé leur mental d’un acier qui nous résiste aujourd’hui. »

Imaginez un pays minuscule.

Imaginez – en un autre, gigantesque.

Imaginez maintenant qu’ils s’affrontent.

Au coeur du plus mordant de ses hivers, au coeur de la guerre la plus meurtrière de son histoire, un peuple se dresse contre l’ennemi, et parmi ses soldats naît une légende. La légende de Simo, la Mort Blanche.

Olivier Norek est l’auteur des romans policiers Code 93, Territoires, Surtensions, Surface, Dans les brumes de Capelans, qui ont reçu de nombreux prix littéraires et ont été traduits dans le monde entier.

Son passé de logisticien humanitaire (Guyane, ex-Yougoslavie, …) et sa volonté d’engagement le conduisent aussi à explorer des sujets de société majeurs tels que la crise migratoire et écologique à travers les romans Entre deux mondes et Impact.

Avec les Guerriers de l’Hiver, il nous raconte l’épopée héroïque de ces soldats oubliés de l’Histoire, dont le sacrifice résonne avec notre actualité.

Du même auteur :

Plongée dans une guerre des TERRITOIRES imaginée par Olivier Norek

IMPACT d’Olivier Norek : le plaidoyer écologiste qui se cache sous une couverture policière.

La banlieue, le capitaine Coste et le CODE 93 pour enquête : le premier Norek dans mon viseur.

Olivier Norek nous offre une plongée en profondeur sous la SURFACE des événements.

Une réalité dérangeante et une histoire bouleversante entre Calais et Youké : Entre deux Mondes d’olivier Norek

Ce roman est un roman de guerre, c’est incontestable. Mais il nous raconte avant tout l’histoire d’hommes. L’histoire d’un pays qui décide de se battre jusqu’à sa dernière cartouche pour préserver ses terres et sa liberté. Des hommes qui vont vivre un peu plus de 100 jours d’horreur totale dans un froid des plus glacials que seuls les hivers nordiques peuvent créer.

C’est l’histoire de Simo Häyah, jeune fermier dans un village perdu de la Finlande. Fils cadet d’une famille de quatre enfants. Qui a pleuré en se râpant les genoux après une chute, qui s’est fait houspiller par ses trois grandes sœurs, qui a appris à chasser avec son père dans la forêt située derrière leur maison. Et il en a même fait une petite fierté dans les concours locaux d’adresse au tir. Il remporte à chaque édition la coupe !

Et puis un jour de 1939, ses amis du village et lui sont réquisitionnés pour des exercices militaires à la frontière entre la Finlande et la grande Russie. Tous les hommes en âge et valides de Finlande le sont également. Et ce qui ne devait être qu’un exercice d’entraînement va rapidement se transformer en enfer. Mais comment déserter quand on combat aux côtés de ses amis et comment ne pas tout donner lorsqu’on protège la vie de ses voisins de toujours ?

C’est de cette humanité, de ces liens entre les combattants, entre des hommes partis loin que parle Les Guerriers de l’Hiver. De ceux que rien n’avait préparé à l’Horreur : le lieutenant Aarne Juutilainen. Alcoolique, bagarreur, obligé de passer par la Légion Etrangère pour être réhabilité par l’armée de son propre pays ! Il est fait pour la guerre. Il ne vit que pour la guerre. Cherchant le moindre prétexte pour se confronter aux ennemis. Commandant de la 34e compagnie, il est le supérieur de Simo et ses amis. Et c’est avec eux qu’il va se battre jusqu’au bout de ce que l’âme d’un homme peut donner.

Ce roman est passionnant, ce roman est captivant. Parce qu’au delà des abominations de la guerre, ce sont des hommes qui luttent contre le froid, la faim, l’épuisement. Ce sont des hommes qui se soutiennent. Qui combattent pour une terre, leur terre. Pour leurs femmes, leurs enfants, leurs parents. Ce sont des hommes qui pleurent en relisant le courrier de leurs proches, qui partagent leur gamelle parce qu’il n’y a pas toujours assez à manger. Et ces hommes là sont inspirants dans une actualité qu’on ne peut garder très longtemps éloignée de ce récit.

Parce qu’il faut lire ce qui est écrit en fin d’ouvrage :

Ceci est un roman.

Cependant, les dialogues proviennent souvent d’archives ou ont été transmis par des passionnés, des militaires et des historiens.

Aucun fait d’armes n’a été inventé, ni aucune anecdote.

Aucun acte de bravoure n’a été exagéré.

Si ces événements ont bientôt un siècle, ils nous renvoient à l’Histoire actuelle et nous mettent en garde.

La guerre survient souvent par surprise, et il faut toujours un premier mort sur notre sol pour y croire vraiment.

Impossible de terminer cette chronique sans une photo de Simo Häyah, celui que vous découvrirez entre les lignes de ce magnifique roman d’Olivier Norek. Ce jeune paysan, chasseur que les événements ont rendu héroïque.

Et l’histoire d’un héros, c’est toujours très inspirant. Pour moi et pour vous qui lirez ces pages. Parce que cela rend meilleur, parce que cela donne envie de résister, de se dépasser. Parce que cela rempli les yeux et leur cœur d’émotions qu’on aime ressentir. Parce que rien ne peut arrêter quelqu’un qui lutte pour sa liberté et celle de ceux qu’il aime.

C’est avec les yeux humides qu’on lit les derniers instants des Guerriers de l’Hiver. Et avec le cœur lourd qu’on quitte Simo, Toivo, Yrjo, Onni, Leena et tous les autres… Merci Monsieur Norek d’avoir porté cette histoire méconnue de la grande Histoire et de nous avoir permis, l’espace de quelques heures, de connaître un peu Simo et d’avoir eu l’impression d’avoir l’immense honneur d’approcher de près la légende de la Mort Blanche.

Auteur : Olivier Norek

Titre : Les Guerriers de l’Hiver

Editions : Michel Lafon

Sorti le 29 août 2024

446 pages

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