Kamasutra, de chair et de sang : un peplum, un western dans une Inde médiévale de tous les dangers, de toutes les amours et haines

© Menon/Zuccheri chez Daniel Maghen

Héhé, bande de petits coquins! Cet album généreux, (112 pages, dont un carnet graphique, grand format) intitulé Kamasutra – De chair et de sang – et réalisé par Sudeep Menon et Laura Zuccheri, n’est pas forcément ce à quoi vous vous attendez. L’on a l’habitude de trouver chez les libraires ou dans les magasins de réemploi, les BDs classées X tout en bas ou tout en haut dans les rayons, hors de portée des petites mains et des yeux auxquels ces parties de jambes en l’air, ces fesses, ces poitrines, ces vulves et ces chibres, mis en scène sous tous les angles, ne sont pas destinées. Avec Kamasutra, s’il y a de la place à de l’érotisme soft (comme on peut en voir dans Murena, par exemple) plus qu’à de la pornographie, c’est avant tout une page d’Histoire fictive et guerrière que nous content les auteurs. Avec de sacrés arguments.

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Résumé de Kamasutra – De chair et de sang par les Éditions Maghen« La sexualité est un art. Ce n’est pas seulement l’union de deux corps, mais aussi celle de deux âmes. » « Qui es-tu, vieil homme ? » « Je m’appelle Vatsyayana, et je suis le créateur du Kamasutra. » Aussi explicite soit le titre, ce récit conte avant tout une histoire de vengeance… Celle d’un jeune homme nommé Basvaraj, envers la femme la plus respectée de toutes, une femme belle, mais aussi cruelle et crainte des rois : Bhairavi, surnommée la Reine écarlate. Le seul défaut de cette guerrière qui défit les dieux ? Son appétit charnel… et qui de mieux placé pour aider Basvaraj dans son objectif que l’inventeur du livre des livres… Le Kamasutra !

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Au commencement, fut un cri! De plaisir? Peut-être de rage, de douleur, de mort! Sudeep Menon et Laura Zuccheri vont nous raconter les origines du Kamasutra. La licence est permise car on sait peu de choses sur la manière dont ce livre a été écrit. Alors, les auteurs nous entraînent dans un rendez-vous en terre inconnue, dans une Inde médiévale où rois et hors-la-loi se disputent territoires et chair humaine. Tous les coups sont permis, et des milliers d’esclaves doivent sans cesse nourrir la machine pour faire fonctionner chacun de ces petits royaumes perdus. Gare à celui qui ne fait pas, ne fait plus l’affaire. Y compris dans la couche de la reine écarlate, insatiable bête de sexe. Malheur à celui qui s’épuise avant elle.

© Menon/Zuccheri chez Daniel Maghen

Mais dans sa geôle, Basvaraj a une chance de tenir le coup. Il est tombé sur un guide dont la barbe blanche est aussi longue que sa sagesse dans le domaine de la séduction, de la parade amoureuse et sexuelle. Très vite, le jeune homme anonyme se fait un prénom, devient l’amant imparable de la reine mais aussi son champion, son guerrier. Mais peut-on aimer celle qu’on s’est juré de haïr? En proie au doute, Basvaraj devient le précieux allié de sa maîtresse alors que la guerre avec le Roi d’Anga, autant orienté sur la Chose que Bhairavi mais aussi seigneur de guerre. Quand celui-ci engage un monstre parmi les hommes pour anéantir l’armée de sa rivale, Basvaraj trouve son yang, son ennemi intime.

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Surprise donc, dans ce récit légendaire (sans magie) et puissant, il y a moins d’ébats que de débats militaires impressionnants et virevoltants. Sur le premier scénario destiné au marché européen du scénariste bombayen Sudeep Menon, Laura Zuccheri est à son affaire, cultivant des airs de peplum et de western, avec des êtres terrifiants, pour mettre l’art de l’amour face à celui de la guerre, scotchant et destructeur.

© Menon/Zuccheri chez Daniel Maghen

À lire aux Éditions Daniel Maghen.

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