Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 42e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Cette année, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles fête son 42e anniversaire et se déroule du 9 au 21 avril à Brussels Expo au Heysel. Vous y découvrirez une kyrielle de films long métrages, des courts métrages à foison, des happenings, des concerts live, des invités prestigieux, sa nuit mythique, son incontournable Bal des Vampires, et plein d’autre joyeusetés terrifiantes.
Aujourd’hui 9 avril, place au Gala d’Ouverture du 42éme BIFFF !

Après la projection du teaser 2024 du festival, suivi des traditionnels speechs de Jonathan Lenaerts, désormais rôdé à l’exercice de maître de cérémonie et de son alter ego néerlandophone, place à Stéphane , le présentateur attitré du BIFFF qui nous annonce pour la première fois cette année le film du soir :
CIVIL WAR d’Alex Garland
Dans un futur proche, où le président ricain s’octroie un troisième mandat tout en reliftant son gouvernement en dictature sectaire, la Floride, le Texas et la Californie ont décidé de faire sécession. N’étant pas d’un naturel très diplomate, le fameux “chef du monde libre” n’a pas trop goûté à cette riposte démocratique et a tout simplement plongé son pays dans une guerre civile sans précédent. Dans ce chaos indescriptible, où toutes les milices extrémistes sortent du bois, une équipe de journalistes traverse le pays pour essayer de comprendre comment on est passé de Disneyland à une copie gore du Vietnam à domicile. Jusqu’au moment fatidique où le Président décide unilatéralement d’accepter tous les dommages collatéraux possibles, pourvu qu’on lui obéisse…
Le moins qu’on puisse dire c’est que le film de Garland n’y va pas avec le dos de la cuillère, et nous transporte sans ménagement en
compzgnie d’une équipe de journalistes reporters de guerre sur la ligne de front d’une guerre civile impitoyable entre les forces du président en place et les forces insurgées.
Lee (Kirsten Dunst) entend être la première photoreporter à parler au président qui se trouve assiégé à Washington DC et qui n’a plus accordé aucune entrevue ou interview depuis le début du conflit. Un conflit dont il ne sortira pas vainqueur. Accompagnée de Joel, un peu baroudeur, du vétéran Sammy et d’une jeune photographe en herbe sans expérience, Jessie, pour qui elle représente le modèle de photographe de guerre absolu elle se rapproche petit à petit du secteur de la Maison Blanche prise d’assaut par les opposants du président.
Alex Garland signe là un film puissant, qui n’évite pas quelques longueurs, mais qui retrace avec un réalisme glaçant la folie guerrière dans un contexte ou chaque humain armé et dénué de toute responsabilité des meurtres qu’il peut commettre est en soi une menace d’une grande dangerosité.
Le film reflète une Amérique fracturée, coupée en deux, qui bien entendu évoque de manière amplifiée une situation actuelle aux USA de plus en plus inquiétante. Au prix d’une réalisation immersive et anxiogène Garland nous oppresse et nous fait vivre via ses personnages quelques scènes particulièrement éprouvantes au suspense insoutenable.
Les personnages du film savent que malgré qu’ils arborent leurs dossards presse ils ne sont pas à l’abri d’une balle perdue, en voulant immortaliser une scène choc et prendre le cliché de leur vie. « Si je me fais tuer, prendras-tu la photo ? », demande Jessie. « Tu connais la réponse », répond Lee. D’ailleurs, les personnalités des différents protagonistes et celle de Lee en particulier, sont complexes et bourrées de contradictions humaines. Elle écoute son instinct mais fait preuve aussi de rigueur, de froideur, d’empathie
Même si son scénario peut tenir sur un ticket de tram, et qu’on subodore un final que vous vivrez à l’écran en voyant le film, Civil War est un film choc qui nous met en garde contre nous même et nous décrit l’horreur d’une guerre fratricide.
L’horreur de la guerre tout simplement.
Note : 14,5 /20
Original Title : CIVIL WAR
Director : Alex Garland
Screenplay : Alex Garland
Cast : Kirsten Dunst, Wagner Moura, Cailee Spaeny, Sonoya Mizuno & Nick Offerman
DOP : Rob Hardy
Producer : Andrew Macdonald, Allon Reich & Gregory Goodman
Production : A24
Distribution : Just Entertainment
World Sales : A24
Year : 2024
Country : USA
Audio : English
Subtitles : FR / NL
Running time : 109′
Pour aujourd’hui La Gazette c’est fini, mais ne ratez pas les prochaines Gazettes du BIFFF, on vous tient au courant de toute l’actualité du festival sur Branchés Culture !
Jean-Pierre Vanderlinden

