De temps à autre il est intéressant d’aller pointer le bout de son nez dans de toutes petites salles ou des cafés-théâtres, comme Le Jardin de ma soeur situé à un jet de pierre de la place Ste Catherine. C’est là dans le cadre feutré de ce théâtre de poche d’une trentaine de places que Les Dames en noir on déposé leurs valises pour deux soirs, vendredi et samedi dernier.
Les Dames en noir sont nées de la rencontre d’Anna Renouprez et Eve Willems au printemps 2021. Une comédienne, chanteuse lyrique venant de l’opéra qui rencontre une accordéoniste officiant dans la troupe du Cirque du Soleil ça donne un duo détonnant : Les Dames en noir.

Les deux artistes décident de se consacrer à mettre leur talent au service de la chanson française réaliste, et l’aventure commence. Mais en 2022, rappelée par Le Cirque du Soleil pour une nouvelle tournée, l’accordéoniste Eve Willems s’est vue obligée de laisser sa place à une remplaçante de choix Cathy Pauly.

Ce soir le spectacle met à l’honneur deux grandes dames de la chanson française, Piaf et Barbara. Deux dames en noir qui ont perpétué comme Juliette Greco la tradition de la robe noire sur scène lancée par la grande et trop méconnue Damia sur une idée de Max Dearly. Damia chantait sans micro, robe noire, rideau noir, dans un esthétisme scénique qui s’inscrivait dans l’expressionnisme et une certaine forme de rénovation dramatique.
C’est dans cet esprit que Les Dames en noir proposent un récital de chansons célèbres, mais aussi d’autres moins connues.

Ainsi la première partie nous fera entendre de jolies versions de Mon Enfance, Si La photo est bonne, Parce que je t’aime, Les amis de Monsieur de Barbara, Sérénade du pavé, A l’enseigne de la fille sans coeur, La Foule, l’Accordéoniste de Piaf, petit moment de gloire pour Cathy Pauly, et Mon amant de St Jean de Lucienne Delyle.
La voix d’Anna Renouprez fait le travail sur ces classiques intemporel, et a vite fait de captiver un public attentif et respectueux installé autour des tables de ce café concert bien sympathique.
Personnellement je la préfère sur le répertoire de Barbara auquel elle imprime une patte artistique toute personnelle, plutôt que sur celui de Piaf, superbement interprété également, mais assez proche de l’original.

Après un bref entracte, le duo nous entraîne dans une nouveau voyage parmi les chansons des deux grandes dames avec La Solitude, Le Mal de vivre, Du bout des lèvres, Attendez que ma joie revienne de Barbara, Padam padam, Mon manège à moi, La Vie en rose, Milord d’Edith Piaf, avec deux titres supplémentaires J’ai ta main dans ma main de Charles Trénet et Les Nuits d’une demoiselle, chanson grivoise de Colette Renard.

Ce dernier titre annonce le prochain spectacle des Dames en noir qui s’appellera Gouzi gouzi, tout un programme !
Nous avons donc vécu ce samedi là une belle soirée, qui nous a donné l’impression par moment d’être installé au son de l’accordéon dans la chaleur d’un cabaret au pied de la Butte Montmartre, comme Le Lapin Agile.
Mais détrompez vous , nous étions bien à Bruxelles au Jardin de ma soeur chez Arthème.
Jean-Pierre Vanderlinden
